Élections 2027 : Atanga Nji veut se servir des musulmans pour éviter une humiliation au RDPC

AtangaNji 750x430a Une partie de cet électorat entend désormais voter utile

Fri, 18 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

L’on s’achemine vers un nouveau report des élections législatives et municipales prévues en février 2027 au Cameroun. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, pourrait invoquer la coïncidence avec le début du Ramadan, attendu le 8 février 2027. Le RDPC de Paul Biya redoute les conséquences d’un scrutin groupé, notamment dans le contexte des tensions postélectorales de 2025 et d’un possible vote de sanction dans le Grand-Nord.

Législatives et municipales : Atanga Nji veut invoquer l’argument du Ramadan pour reporter les élections

La panique est désormais perceptible dans le camp du RDPC, qui sait qu’il ne doit plus compter sur les plis fermés venus de Yaoundé pour imposer les candidats. Chacun doit désormais s’assurer d’un fort ancrage local pour bénéficier du soutien de la base.

C’est ce qu’ont compris certaines élites de la région de l’Ouest, qui tentent des opérations de séduction auprès des populations à travers des initiatives concrètes.

Au sein de l’exécutif du RDPC, l’équation n’est pas encore trouvée. Voici cette analyse du journal stratégique d’investigation basé en France, Africa Intelligence :

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L’exécutif étudie le scénario d’un décalage du scrutin, devenu une épreuve électorale périlleuse pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais de Paul Biya. Une contrainte religieuse devrait être invoquée pour justifier l’opération.

Derrière la sérénité affichée, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) retient son souffle. Depuis plusieurs semaines, la perspective d’un report des élections législatives, prévues en février 2027, agite Yaoundé. Celles-ci doivent être couplées aux municipales afin d’en limiter les risques d’un basculement. Pour justifier leur décalage, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, s’apprêterait à invoquer la concomitance du scrutin avec le début du Ramadan, prévu pour la première semaine de février.

L’argument religieux masque toutefois une préoccupation plus politique. Dans l’état actuel du rapport de force, le Comité central du parti de Paul Biya doute de sa capacité à sortir indemne de ces élections groupées. Le RDPC, qui détient aujourd’hui une majorité écrasante, ainsi que plusieurs municipalités, craint le vote sanction.

Les actuels mandats des députés et des conseillers municipaux devaient en théorie toucher à leur terme en 2025, mais ont déjà été prolongés à deux reprises ces derniers mois. Le projet de loi de finances, qui doit être examiné par le Parlement lors de la dernière session de l’année, prévue du 10 novembre au 10 décembre, ne consacre pour l’heure aucune ligne budgétaire à l’organisation du double scrutin, dont le coût est pourtant estimé à près de 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros).

Cette prudence s’explique surtout par les séquelles de la crise postélectorale d’octobre 2025. Après la proclamation de la victoire de Paul Biya avec 53,66 % des voix, son principal adversaire, Issa Tchiroma Bakary, qui revendiquait son propre succès, avait refusé de reconnaître les résultats. La contestation avait alors gagné plusieurs villes, donnant lieu à des affrontements avec les forces de sécurité et causant la mort de plusieurs personnes.

Le Grand-Nord avait été l’un des principaux foyers de la contestation. Garoua et Maroua avaient été durement touchées par les violences et la répression. Or, cette partie du pays constitue historiquement l’un des plus importants réservoirs de voix du RDPC.

À l’approche des législatives et des municipales, l’entourage du secrétaire général du Comité central, Jean Nkuete, sait qu’une partie de cet électorat entend désormais voter utile et pourrait se tourner vers des formations d’opposition telles que le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) d’Issa Tchiroma Bakary, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP) de Bello Bouba Maigari ou encore le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Ce dernier traverse toutefois une période d’incertitude depuis la démission, le 8 septembre, de son président Maurice Kamto, dont le successeur doit encore être désigné.


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Source: www.camerounweb.com