Trois ans de détention, un corps encore sous séquestre à la morgue de l'hôpital central de Yaoundé, une procédure qui s'étire comme si elle se nourrissait de sa propre lenteur : c'est le bilan accablant de l'affaire Martinez Zogo, qui maintient Jean-Pierre Amougou Belinga derrière les barreaux. Mais pour Vincent-Sosthène Fouda, socio-politologue, une vérité s'impose : « Jean-Pierre Amougou Belinga n'a rien à faire en prison. Il n'a rien à voir avec l'enlèvement, la séquestration, la torture et l'assassinat de Mbani Zogo Arsène Salomon. » Les témoins qui défilent à la barre, les experts convoqués par l'accusation, les pièces versées au dossier dessinent une vérité simple, tandis que ceux qui ont dépecé le journaliste sont en liberté. Fouda convoque les philosophes des Lumières – Montesquieu, Voltaire, Condorcet – pour rappeler que « la justice est la première dette de la souveraineté ». Il appelle les citoyens au courage de dire que la justice doit libérer ce qu'elle ne peut plus retenir. « Maintenir Amougou Belinga en prison malgré l'affaiblissement des charges, c'est ajouter une tension à un pays qui n'en a plus la capacité. C'est fragiliser davantage une nation qui cherche encore son équilibre. »
la justice demeure la première dette de la souveraineté.
Nom: Amougou Belinga
Prénom Jean-Pierre
Domicile: maison d'arrêt de Kodengui
Profession: promoteur du groupe L'anecdote.
Voilà 3 ans que ça dure, voilà 3 ans que la justice camerounaise aux mains de celles et ceux dont l'unique ambition semble le pouvoir à tous les prix même si cela ne coûte rien, sauf la rivière de sang qui coule derrière eux, maintiennent ce monsieur en prison. Trois années de détention, un corps encore sous séquestre à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, une procédure qui s’étire comme si elle se nourrissait de sa propre lenteur : voilà ce que l’on aurait pu croire être l’affaire Martinez Zogo. Mais l’histoire, parfois, refuse de se laisser enfermer dans la version qu’on voudrait lui imposer. Car les témoins qui défilent à la barre du tribunal militaire, les experts convoqués par l’accusation et le ministère public, les pièces versées au dossier, tout cela dessine une vérité simple : Jean‑Pierre Amougou Belinga n’a rien à faire en prison.
Il n’a rien à voir avec l’enlèvement, la séquestration, la torture et l’assassinat de Mbani Zogo Arsène Salomon.
Ceux qui ont dépecé ce fils du micro, ceux qui ont partagé les quartiers de sa chair comme on se partage un butin, sont en liberté.
Et c’est précisément pour cela que nous réclamons sa libération.
I. L’esprit des Lumières face à l’arbitraire
Les philosophes des Lumières — Montesquieu, Voltaire, Diderot, Condorcet — ont enseigné que la justice n’est pas un instrument du pouvoir, mais son contrepoids.
Montesquieu écrivait au debut de son oeuvre que « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser » ; Voltaire rappelait que « la justice est la première dette de la souveraineté » ; Condorcet affirmait que « la liberté ne peut être assurée que là où la loi protège l’innocent ».Or, que voyons‑nous aujourd’hui au Cameroun ?
Une détention qui persiste malgré l’effritement du dossier.
Un homme maintenu en prison alors que les faits, les témoignages, les expertises semblent l’en éloigner chaque jour davantage.
Une procédure qui, à force de durer, finit par ressembler à ce que les révolutionnaires français dénonçaient : l’arbitraire.
II. Cameroun : un peuple en quête de sa propre Révolution morale
Les pères de la Révolution française — Mirabeau, Robespierre, Saint‑Just, Sieyès — ont compris que les peuples ne se libèrent pas seulement par des actes politiques, mais par des sursauts moraux.
Mirabeau proclamait que « la liberté est le plus grand bien que les hommes puissent se donner ».
Saint‑Just avertissait que « la force des choses nous entraîne, mais la justice seule nous arrête ». Le Cameroun, aujourd’hui, a besoin de cette justice qui arrête la dérive.
Il a besoin de ce sursaut moral qui refuse que la détention devienne un outil de gestion politique.
Il a besoin de cette clarté révolutionnaire qui distingue le coupable du commode, l’innocent du sacrifié. Car la République ne se construit pas sur des boucs émissaires.
Elle se construit sur la vérité.
III. Le devoir des citoyens : refuser l’injustice pour préserver la nation
Voltaire disait que « le courage est la première des qualités humaines, car elle garantit toutes les autres ».
Aujourd’hui, le courage consiste à dire que la justice doit libérer ce qu’elle ne peut plus retenir. Non par faveur. Non par pression. Mais par fidélité à elle‑même. Le Cameroun a trop longtemps laissé prospérer les zones d’ombre : les assassinats non élucidés, les procédures interminables, les silences qui deviennent des décisions. La liste des morts — journalistes, prêtres, intellectuels, anonymes les femmes, les enfants, — est longue comme un fleuve qui ne cesse de charrier des douleurs. Dans ce paysage, maintenir Jean‑Pierre Amougou Belinga en prison malgré l’affaiblissement des charges, c’est ajouter une tension à un pays qui n’en a plus la capacité.
C’est laisser croire que la justice peut être instrumentalisée.
C’est fragiliser davantage une nation qui cherche encore son équilibre.
IV. Pour une République camerounaise fidèle à l’esprit des Lumières
Les Lumières ont bâti l’idée que la justice est la lumière de la République.
Sans elle, tout s’obscurcit.
Avec elle, tout devient possible. Libérer Jean‑Pierre Amougou Belinga serait un acte de courage institutionnel.
Un acte de vérité.
Un acte de paix.
Un acte fondateur pour une République qui veut se tenir debout.Car comme l’écrivait Sieyès : « Une nation n’est véritablement libre que lorsqu’elle se gouverne par la raison. » Il est temps que le Cameroun se gouverne par la raison. Il est temps que la justice redevienne justice. Il est temps que la lumière des Lumières éclaire nos ténèbres.
Vincent‑Sosthène FOUDA