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Sport

Boxe: le cri de détresse de Martin Ndongo Ebanga

Martin Ebanga.jpeg Martin Ndongo Ebanga

Tue, 8 Jun 2021 Source: Le jour

C’est le contenu de la correspondance du médaillé olympique 1984, au nom de l’Association nationale des anciens boxeurs du Cameroun, à l’attention du ministre des Sports ce 7 juin 2021.

La boxe camerounaise traverse une période de turbulence depuis quelques temps. Les résultats sur les rings de quelques boxeurs semblent être l’arbre qui cache la forêt. Trois boxeurs camerounais sont qualifiés pour les Jeux olympiques de Tokyo 2021. Mais, leur préparation est l’objet de scandale et de faits divers, comme le dernier Tournoi de Russie auquel ils devaient prendre part et que le voyage s’est arrêté à Dubaï où ils ont passé du temps avant de retourner au Cameroun. Martin Ndongo Ebanga, médaillé olympique de Los Angeles en 1984, Chevalier de l’ordre de la valeur, médaillé du mérite sportif, et président de l’Association nationale des anciens boxeurs du Cameroun (ANABC), a été aperçu hier, 7 juin 2021 au ministère des Sports, accompagné de quelques anciens boxeurs dont Joseph Mulema, ancien capitaine de l’équipe nationale, Boby Tchinda…

Martin Ndongo Ebanga a déclaré être venu déposer à l’attention du ministre des Sports, une correspondance dont l’objet est : « Protestation des anciens boxeurs face à l’impréparation des boxeurs camerounais pour les Jeux olympiques ». C’est au nom des boxeurs de la diaspora et locaux que Martin Ndongo Ebanga, à travers l’ANABC, proteste contre ce qu’ils appellent un scandale de trop, qui éclabousse la boxe et hypothèque gravement la préparation des boxeurs camerounais dans la préparation des prochains Jeux Olympiques. « Il nous est revenu que la team Cameroon de boxe, qui était censée prendre part à un tournoi de préparation en Russie, n’y a finalement pas participé. Le voyage s’étant résumé à une escapade touristique à Dubaï où les boxeurs ont été cantonnés à de la villégiature. Une telle forfaiture nous laisse songeurs et surtout dubitatifs quant aux véritables motivations de l’exécutif fédéral, en cette période normalement critique de la préparation. Nous sommes pourtant convaincus qu’une bonne préparation pourrait permettre aux boxeurs camerounais de bien figurer, voire glaner des médailles, au vu de l’historicité et du potentiel énorme des boxeurs camerounais », écrivent les anciens boxeurs sous la plume de Martin Ndongo Ebanga.

Les anciens boxeurs en profitent pour indiquer au ministre des Sports le Pr narcisse Mouelle Kombi que l’exécutif de la fédération camerounaise de boxe n’est pas à son premier coup. « Une mésaventure quasi-similaire, orchestrée par les mêmes acteurs internes (exécutif fédéral actuel) et externe (leur complice à Dubaï), avait en son temps, plombé la préparation de la team Cameroun en partance pour les Jeux olympiques de Rio en 2016. Partie pour un Tournoi de préparation à Cuba, l’équipe s’était retrouvée bloquée encore à Dubaï, avec, au finish, une piètre participation et ce, en dépit de son énorme potentiel », dénoncent-ils. Les anciens boxeurs ont égrainé un chapelet de griefs contre l’exécutif fédéral actuel et ont signifié leur consternation de voir la boxe mourir calmement, pourtant regorgeant du potentiel, un des pourvoyeurs de médailles pour le Cameroun à l’échelle mondiale. « Il y a un groupe de personnes qui n’aiment pas la boxe. J’ai plein de choses que je peux dire sur eux. Il faut qu’il quitte et que la boxe revienne aux boxeurs. Ils n’ont rien à faire avec la boxe. Ce sont des imposteurs. Qu’est-ce que les Emirats Arabes ont à voir avec la boxe ? Ce n’est pas une nation de boxe. Quand on va faire une préparation, ce n’est pas là-bas qu’il faut aller. En 2012, il y a un groupe de boxeurs qui y était. Mais, je ne suis pas allé. M. Mendouga (président de la Fécaboxe, ndlr) sait bien pourquoi je ne suis pas allé là-bas. Il sait que je dis les vérités et ce que je pense. Donc, on a envie de refonder la boxe. On veut penser boxe ; on veut vivre boxe. C’est à cause de ces gens-là que je me suis un peu retiré de la boxe. Je suis en train de revenir tout doucement, parce que les camarades demandent que nous reprenions notre affaire pour aider nos jeunes frères. Ce que nous avons vécu, nous n’aimerions pas que nos jeunes frères le vivent », a dénoncé Joseph Mulema. Il est encore temps de se ressaisir par rapport à cette préparation de nos boxeurs pour Tokyo 2021.

Réactions

« La boxe ne doit pas mourir avant moi » : Martin Ndongo Ebanga, ancien boxeur et médaillé aux Jeux olympiques

Je souffre. La boxe fait partie de ma vie. C’est grâce à la boxe que je porte le nom que j’ai aujourd’hui. A notre époque, les Camerounais aimaient la boxe et ont démontré leur amour pour moi. Mais, depuis un moment, je me demande bien si je suis encore un Camerounais pouvant jouir des avantages du pays. La boxe ne vit plus au Cameroun, parce qu’il y a des gens qui prennent de l’argent pour aller faire des bêtises et s’en foutent de la boxe. Ce n’ai pas moi qui vous citerais les noms de ces derniers. Je suis vraiment dépassé. Nous sommes venus présenter cette situation à monsieur le ministre des Sports, à travers une correspondance que nous avons déposée à son attention. Le ministre des Sports est un sage et je suis persuadé qu’il va trouver la solution pour le cas des anciens boxeurs et la situation de la boxe au Cameroun.

Nous, anciens boxeurs, nous sollicitons qu’il nous aide à avoir une salle, qui permettrait aux anciens boxeurs de former les jeunes. Ils sont nombreux qui aiment la boxe, qui veulent pratiquer cette discipline. Le soutien du ministre fera que la boxe reprenne vie. C’est cet argent que les gens prennent et dilapident partout là, qui a permis que je puisse aller de pays en pays pour me former et me préparer avant d’aller aux Jeux olympiques où j’ai donné un résultat. Je n’ai même pas encore eu une seule chance pour qu’on m’accorde un petit endroit pour entraîner et transmettre aux jeunes ce que j’ai appris.

Il faut bien que la boxe reprenne vie. La boxe ne doit pas mourir avant moi. Mais, comment je vais vivre sans la boxe ? C’est ma vie et celle d’autres personnes. Si la boxe meurt avant moi, je ne sais pas si c’est moi qui vais la suivre. Mais, je préfère me battre pour qu’elle vive pendant que je suis vivant. Pas que je suis très important. Non ! Mon amour pour la boxe est partagé par pas mal de jeunes Camerounais. Ils sont nombreux ces jeunes qui viennent vers moi. Dans ma tête ne fourmille que la boxe.

Source: Le jour

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