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CAN 2021: les travaux du stade d'Olembe arrêtés, le constructeur injoignable

Wed, 31 Mar 2021 Source: Le jour

Des incertitudes planent sur la livraison de ce chantier avant la Can Cameroun 2021, à neuf mois du coup d’envoi de cette compétition.

Si le cahier de charges de la Caf (Confédération africaine de football) pour l’organisation de la Can 2021 comprend le Complexe sportif d’Olembe dans toutes ses composantes, c’est-à-dire toutes les infrastructures autres que celles du football, il serait fort à parier que l’on fonce vers un autre retrait de cette compétition au Cameroun. Le site d’Olembe ayant été retenu pour abriter le match d’ouverture de la Can et la cérémonie de clôture de cette compétition, qui a connu des reports pour que finalement la période de janvier et février 2022 soit retenue.

A neuf mois du coup d’envoi de la Can 2021, seules les infrastructures dédiées au football sont visibles. Selon des données statistiques puisées à bonne source, le taux de réalisation du stade principal de 60.000 places est de 87% ; celui des terrains annexes A et B, d’entraînements d’une capacité de 1000 places chacun et couverts à 78%. L’hôtel 4 étoiles de 70 chambres incorporé au stade, présente un taux de réalisation de 51% ; le Centre Commercial 63% ; les travaux des voies et réseaux divers (VRD) avec le paysage externe étant réalisés à 12%. Il s’agit ici des infrastructures déjà visibles sur le site d’Olembe, qui ont déjà, selon nos informations, consommé près de 110 milliards FCfa avec le prestataire Gruppo Piccini et pour rester dans l’enveloppe de départ, le montant du nouveau marché avec l’entreprise canadienne Magil Construction a été arrêté à 55 milliards FCfa.

Magil promettait de financer le travail à 100% avant d’être payé

Quant au gymnase couvert d’une capacité de 2000 places assises, offrant une possibilité d’accueillir simultanément deux compétitions telles le handball, le volleyball, le basketball ; à un espace pour musée ; à une piscine olympique de huit couloirs et de 1000 places assises couvertes avec différents bassins ; à deux terrains de basketball non couverts ; à quatre courts de tennis, dont deux en béton et deux en terre battue, silence radio. Pas de traces. Pourtant, lorsque Magil prend possession du chantier le 03 décembre 2019, toutes les assurances sont données au Gouvernement sur la capacité de cette entreprise canadienne à apporter des financements pour livrer l’infrastructure dans des délais bien déterminés. Magil annonçait la livraison du stade principal en novembre 2020 ; les stades annexes en août 2020 ; l’hôtel et le Centre commercial en février 2021 ; les voiries et espaces verts en janvier 2021 ; le gymnase en novembre 2021 ; la piscine olympique en février 2022. « Nous démarrons immédiatement.

Les moyens sont un financement international apporté par le Groupe Magil. Et donc, ce financement est 100% approuvé par l’international. Nous n’attendons pas des fonds publics pour démarrer. Nous attendions la remise officielle des clés par le ministre, pour pouvoir démarrer officiellement. Dès maintenant nous allons commencer à travailler », rassurait Franck Mathiere, le vice-président opérations internationale de l’entreprise Magil, le 03 décembre 2019, lors de la prise en possession du chantier. Le constat sur le terrain est évident. On est loin d’avoir atteint tous ces objectifs, même si l’on peut noter une avancée dans les travaux du stade principal et les terrains annexes ayant d’ailleurs été mis en service à l’occasion du dernier Chan organisé par le Cameroun.

Le chantage de Magil

Selon nos informations, Magil déjà investi près de 10 millions de dollars pour faire avancer les travaux jusqu’au niveau où ils se trouvent. Sauf que cette entreprise a commencé à exiger le payement des sommes correspondantes à l’engagement du maître d’ouvrage, qui est l’Etat du Cameroun. Or, le Cameroun a obtenu de certaines banques européennes un prêt de 55 milliards FCfa destinés à l’achèvement des travaux de ce Complexe sportif d’Olembe. Sauf que Magil a exigé cette avance de 6 milliards FCfa, à domicilier dans une banque canadienne, au point d’arrêter les travaux depuis trois mois. Entretemps, les sous-traitants, environ 40, tout comme les fournisseurs camerounais ont des ardoises non payées par Magil. Soustraitants et fournisseurs ont pourtant terminé leurs prestations.

Mais, sont sans nouvelles de la suite de l’exécution des différents contrats, qui devrait faire l’objet d’autres conventions. Marc Debandt, le chef de projet initial, qui avait démissionné de Piccini avant d’être recruté par Magil, a-ton appris, a été limogé. Nos tentatives pour le joindre sont restées sans suite. On n’a pas de nouvelles de Franck Mathiere aussi, absent du Cameroun dit-on, depuis novembre 2020. D’où cette paralysie du travail dans le chantier, parce que rien n’a été payé aux divers prestataires. Même en payant cette avance exigée par Magil, la transaction prendrait trois mois, pour que l’argent soit disponible au Cameroun pour régler l’ardoise des sous-traitants et des fournisseurs. Si, au mois d’avril 2020, on pouvait dénombrer près de 1000 ouvriers sur le chantier, on peut apercevoir une centaine aujourd’hui pour trois sous-traitants, encore en exercice sur le chantier.

Vers le même scenario que le stade Ahmadou Ahidjo en 1972 ?

Tout porte à croire qu’avec beaucoup de pression de l’Etat sur Magil, et au regard de la situation sur le terrain, que seules les infrastructures contenues dans le cahier de charges de la Caf pourront être prêts pour la Can Cameroun 2021. Les travaux en vue de la livraison des autres infrastructures sportives devant être renvoyés sine die. L’on serait en train de foncer vers la situation de 1972 avec le stade Ahmadou Ahidjo, qui avait été construit pour la Can organisée par le Cameroun.

C’était un complexe dans la configuration de celui d’Olembe. Mais, promesse avait été faite de finaliser les autres infrastructures sportives prévues sur un espace de 100 hectares à Mfandena. A ce jour, le stade Ahmadou Ahidjo et les quelques infrastructures annexes occupent à peine 09 hectares. Les autres espaces ayant été pris d’assaut par des particuliers pour construire des maisons d’habitations. A cette allure, l’on n’est pas loin de vivre le même scénario avec le Complexe sportif d’Olembe.

Source: Le jour

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