Elles n’ont toujours pas perçu leurs primes de qualification pour les quarts et les demi-finales
Alors que les Lionnes Indomptables se préparent à affronter le Maroc en demi-finale de la CAN féminine, leurs primes de qualification pour les quarts et les demi-finales n’auraient toujours pas été versées, malgré le déblocage du budget de participation dès février 2026. Selon nos confrères de Kamerfoot, qui ont révélé l’information, le retard, ajouté au paiement tardif des primes de participation, suscite incompréhension, frustration et suspicion au sein de la sélection.
Alors que le Cameroun affronte le Maroc ce mercredi à Rabat en demi-finale de la CAN féminine, les Lionnes Indomptables et les membres de leur encadrement n’ont toujours pas perçu leurs primes de qualification pour les quarts de finale et les demi-finales.
Comment expliquer ce retard alors que, selon plusieurs documents administratifs largement diffusés sur les réseaux sociaux, le budget destiné à la participation du Cameroun à cette compétition a été débloqué dès février 2026 ? La CAN était initialement programmée en mars avant de connaître un glissement de calendrier.
Les différents courriers relatifs à la demande de déblocage et à la mise à disposition de ce budget circulent désormais sur la toile, publiés notamment par des lanceurs d’alerte. À quelques heures d’une rencontre décisive pour le football féminin camerounais, plusieurs questions se posent avec acuité.
Pourquoi les primes de qualification des Lionnes Indomptables n’ont-elles toujours pas été versées ? Où se situe précisément le blocage administratif ? Pourquoi le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, ne communique-t-il pas clairement sur la situation de ces fonds destinés à une sélection qui fait actuellement honneur au Cameroun ?
Incompréhension et désespoir dans la tanière
Dans la tanière des Lionnes Indomptables, personne ne comprend ce qui se passe. À quelques heures de la demi-finale contre le Maroc, pays organisateur de la compétition, aucune communication officielle n’a été faite pour expliquer la situation ou rassurer les joueuses et leur encadrement.
Cette absence d’explications alimente l’inquiétude, la frustration et les interrogations. Plusieurs joueuses désespèrent même de recevoir un jour l’argent qui leur est dû. Elles ont pourtant rempli leur mission sur le terrain, franchissant successivement les différentes étapes de la compétition jusqu’au dernier carré.
Au lieu de préparer dans la sérénité l’un des matchs les plus importants de leur carrière internationale, les Lionnes sont contraintes de s’interroger sur le sort de leurs primes. Cette situation installe un climat particulièrement pesant au moment où toute leur attention devrait être portée sur la récupération, la concentration et la préparation de cette demi-finale historique.
Comment demander aux joueuses de rester totalement concentrées sur leur mission lorsqu’elles ne savent même pas si les engagements pris à leur égard seront respectés ? Comment comprendre qu’à quelques heures d’un rendez-vous aussi important, aucune autorité ne prenne la peine de leur expliquer les raisons de ce retard ou de leur communiquer une date précise de paiement ?
Dans la tanière, l’incompréhension cède progressivement la place au découragement et à la suspicion. Face au silence des autorités et à l’absence d’une justification administrative convaincante, plusieurs personnes dans l’entourage de la sélection croient dur comme fer qu’il s’agit simplement d’une tentative de détournement, de rétention ou d’affectation à d’autres fins d’une partie des fonds destinés aux Lionnes.
Ce soupçon est directement alimenté par le contraste entre le déblocage du budget depuis plusieurs mois et l’absence persistante de paiement. Si l’argent a été mis à disposition depuis février 2026, pourquoi les bénéficiaires ne l’ont-ils toujours pas reçu ? Où se trouve cet argent ? Qui le détient actuellement ? Quelle utilisation en a été faite depuis son déblocage ?
C’est précisément au MINSEP qu’il revient de dissiper cette suspicion en publiant des explications claires, accompagnées des éléments permettant de retracer le circuit et l’utilisation de l’argent. Le silence ne fait qu’accentuer le malaise et renforcer la conviction de ceux qui redoutent une opération visant à soustraire une partie de ces fonds à leurs véritables bénéficiaires.
Des primes de participation également versées tardivement
Autre curiosité : selon les informations portées à notre connaissance, les primes de participation ont été versées aux joueurs une semaine après le début de la CAN, à la veille du deuxième match du Cameroun. Pourtant, ces primes sont habituellement versées aux ayants droit avant le début de la compétition.
Ce retard est difficilement compréhensible au regard des performances remarquables des joueuses dirigées par Valentine Nguele. Il intervient surtout à un moment où les Lionnes ont besoin de sérénité, de reconnaissance et du soutien total des pouvoirs publics.
Après l’élimination du Cameroun de la Coupe du monde masculine 2026, dont la gestion a suscité de nombreuses critiques, le MINSEP prendra-t-il le risque de perturber le moral des Lionnes Indomptables, désormais à deux victoires d’un premier sacre continental ?
Il appartient au ministère des Sports de préciser la date à laquelle les fonds ont été reçus, le montant qui a été mis à disposition, l’utilisation qui en a été faite et les raisons pour lesquelles les primes de qualification ne sont toujours pas versées.
L’argent est disponible depuis plusieurs mois, comme le montrent les documents en circulation. Son utilisation doit donc être expliquée en toute transparence. Toute affectation d’une partie de ces fonds à d’autres dépenses doit également être justifiée. Dans le cas contraire, les soupçons de mauvaise gestion ou de détournement ne pourront que s’amplifier.
À quelques heures d’une demi-finale historique, les Lionnes Indomptables ne devraient pas avoir à réclamer ce qui leur revient. Elles ont rempli leur part du contrat sur le terrain. Il revient maintenant aux autorités compétentes de respecter leurs engagements et de leur permettre d’aborder cette rencontre capitale dans les meilleures conditions.
Kamerfoot Officiel