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Sport

Eto’o dans l’étau de la double nationalité, malgré la déclaration de sa candidature

Samuel Eto'o Lions A' Samuel Eto'o

Wed, 8 Sep 2021 Source: Horizons Nouveaux Magazine - N° 150

Prévue pour le mois de décembre de cette année, l’élection du Président de l’instance faîtière du football camerounais fait couler de l’encre et de la salive. Entre contestations du processus électoral et contestations relatives à la légitimité des membres du bureau exécutif, des plaintes fusent de partout.

Mais la dernière actualité qui fait jaser les Camerounais dans leur ensemble, c’est la récente déclaration d’irrecevabilité de la candidature de Samuel Eto’o Fils sous le prétexte qu’il détient une double nationalité. Une déclaration qui ne fait pas l’unanimité ni dans les milieux sportifs, ni au sein de la majorité de la société0. Eto’o Fils ferait-il peur à l’actuelle direction du football camerounais ?

Eto’o fils, le joker qui fait peur

Depuis deux décennies, son nom est cité à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) qui vit une véritable traversée du désert depuis l’incarcération de Iya Mohamed. On avait vu en la personnalité du Professeur Joseph Owona, lors de la première normalisation imposée par la Fédération Internationale de Football Associations (FIFA), l’homme providentiel pouvant remettre la fédération sur les rails mais le terme de sa normalisation avait été un échec total et fatal du fait du non-respect des textes réglementaires. Maître Happi, un autre juriste nommé par la FiFA n’avait pas pu résoudre l’épineux problème du respect des textes. Les différents protagonistes savent ce qui fait problème mais seulement chacun veut tirer les marrons du feu selon sa convenance. C’est Maître Happi qui dirige le processus électoral qui permet à Seidou Mbombo Njoya d’accéder au perchoir de la Fécafoot.

Comme Maître Happi, on leur dit proches de Samuel Eto’o Fils. Seulement Tombi à Roko, le président issu de la normalisation de Joseph Owona tout comme Seidou Mbombo Njoya ont dans leur chaussure un légaliste et connaisseur des textes réglementaires de la Fécafoot, un certain Abdouraman Baba Hamadou qui, chaque fois que les textes sont violés, saisit le Tribunal Arbitral (TAS) pour que le processus électoral dans sa totalité soit annulé. Jusqu’à date tous les recours introduits par le susnommé ont été reçus au TAS et beaucoup ont obtenu des sentences en faveur de l’intéressé. C’est d’ailleurs une de ses requêtes qui a mis à mal l’équipe dirigée par Seidou Mbombo Njoya.

La demande de Samuel Eto’o Fils était très attendue ce d’autant qu’un comité s’était déjà constitué, invitant l’ancien goléador à déposer sa candidature. Ce dernier a pris tout son temps avant de le faire la semaine dernière. Et bang ! La réponse de la commission électorale de la Fécafoot a été sans équivoque : aucune candidature de qui que ce soit ayant une double nationalité ne saurait être admise eu égard à la loi camerounaise qui interdit aux binationaux d’accéder à certains postes de responsabilité. Une grande première dans le domaine du sport au Cameroun.

Eto’o fils, victime de son succès dans les stades

Alors qu’il était encore sociétaire du FC Barcelone, le mythique club du championnat espagnol, la seule évocation du nom de Samuel Eto’o Fils faisait peur dans le pays et hors de nos frontières. Le vainqueur de la médaille d’or olympique à Sydney en Australie et le double champion d’Afrique des Nations (CAN) également recordman des buteurs de la CAN qui avait déposé ses valises en Turquie et en Russie est un buteur hors-pair dans le stade. Au Cameroun, il s’est également essayé avec plus ou moins de bonheur dans le monde des affaires. Et parce que le joueur a gagné beaucoup d’argent pendant sa carrière sportive, il fait peur à plus d’un. Surtout qu’il est de notoriété que beaucoup d’argent circule dans les milieux du football. Dans ces conditions, beaucoup de personnes ne souhaitent pas avoir Eto’o fils comme adversaire. Seulement, ce qui devrait le plus faire peur ce n’est pas l’argent ont il serait détenteur. C’est beaucoup plus sa réputation de mécène et de bienfaiteur. Au Cameroun, Eto’o Fils est réputé pour ses largesses envers ses concitoyens. Un tel a retrouvé sa santé grâce à Eto’o Fils.

Un autre a ouvert une entreprise grâce à un appui financier de Samuel Eto’o Fils. Ce dernier avait mûri un projet de création d’une école de football qui, malheureusement n’a pu être menée à terme. A l’Hôpital Laquintinie de Douala, l’un des principaux hôpitaux de la ville, Eto’o a offert un pavillon flambant neuf de pédiatrie. ET la liste n’est pas exhaustive. Qui souhaiterait donc affronter un tel dinosaure ? Et pour na pas l’affronter, il faut user de ruse. Aux yeux de beaucoup de Camerounais, Eto’o Fils est le footballeur qui a le plus offert à son pays et tout cela, il l’a fait sachant très bien qu’il était détenteur de la double nationalité. Et cette double nationalité, comment l’a-t-il acquise ?

La double nationalité de samuel eto’o fils

La nationalité espagnole acquise par Samuel Eto’o n’a pas été totalement voulue. Elle s’est imposée à lu comme une exigence des règles européennes en matière de football. On se souvient qu’à l’époque en Europe, aucun club ne pouvait bénéficier des services de plus de deux joueurs étrangers. Cette exigence a été appliquée à Samuel Eto’o qui ne pouvait qu’y soustraire au risque de ne pas travailler et par conséquent de ne pas gagner sa vie. Beaucoup de ses aînés, à l’instar d’Albert Roger Milla devenu entretemps Ambassadeur itinérant du Chef de l’Etat, étaient eux aussi passés à la trappe.

C’est donc pour les besoins du travail qu’il a acquis la nationalité espagnole. Ce qui parait anachronique dans cette affaire c’est que pendant qu’il était joueur et possesseur de cette double nationalité on le convoquait n équipe nationale fanion où il défendait les couleurs du Cameroun avec brio et bonheur. Parce qu’on avait besoin de ses services, alors il était Camerounais ? Et maintenant, comme une orange pressée, on le rejette ? Non. Comme il a su donner le meilleur de lui-même dans les stades du Cameroun, d’Afrique, d’Europe et du Monde, il est de bon ton qu’on lui donne également une opportunité à la tête de la Fécafoot. Les membres de la commission électorale se doivent de réhabiliter la candidature de Samuel Eto’o dans les meilleurs délais et le laisser compétir au mois de décembre prochain. Rien n’est moins sûr que sa candidature va passer. Et quand bien même elle viendrait à passer, c’est encore le Cameroun qui pourrait bénéficier de l’expérience acquise dans les différents championnats du monde dans lesquels il a évolué. Samuel Eto’o Fils mérite bien le poste de président de la Fécafoot que d’aucuns n’arrivent pas à gérer comme il se doit. Peut-être qu’avec Samuel Eto’o Fils, le football camerounais pourrait retrouver ses lettres de noblesse perdues voici plusieurs décennies si l’on tient compte de la rage de gagner qu’il a toujours manifestée dans divers stades !

Source: Horizons Nouveaux Magazine - N° 150