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Sport

Ingérence dans le football africain : sortie fracassante de Abdouraman Hamadou sur Infantino

Sat, 20 Nov 2021 Source: Le Messager

Dans une correspondance datée du mercredi 16 novembre 2021, adressée aux présidents des associations nationales membres de la Fédération internationale de football association (Fifa), et aux membres du Conseil de la Fifa, le président d’Etoile filante de Garoua reproche à celui de la Fifa d’influencer le fonctionnement des fédérations africaines.

Gianni Infantine utilise la Commission d’éthique de la Fifa, « qui n’a apparemment plus rien d’un organe indépendant », et l’article 8 alinéa 2 des Statuts de la Fifa, pour prendre le contrôle des fédérations et y installer par la suite des présidents dociles et malléables ». Voilà la principale récrimination d’Abdouraman Hamadou Babba à l’encontre du président de l’instance faitière du football mondial.

L’article 8 alinéa 2 dont il fait mention, dispose : « Les organes exécutifs des associations membres peuvent, dans des circonstances particulières, être relevés de leurs fonctions par le Conseil, en concertation avec la confédération concernée, et remplacés par un comité de normalisation pour une période donnée ».

Sans surprise, le premier cas présumé d’ingérence mis en avant par le président d’Etoile Filante de Garoua, c’est celui de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Pour lui, le mandat intérimaire octroyé par le président de la Fifa au comité exécutif déchu, dirigé par Seidou Mbombo Njoya, est contraire aux dispositions de l’article 19 des Statuts de la Fifa. Celles-ci stipulent : “ 1. Chaque association membre doit diriger ses affaires en toute indépendance sans t’influence indue d’aucun tiers ».

.« 2. Les organes des associations membres ne peuvent être désignés que par voie d’élection ou de nomination interne. Les statuts des associations membres doivent prévoir une procédure démocratique leur assurant une indépendance totale lorsqu’elles procèdent aux élections et nominations. 3. La Fifa ne reconnaît pas les organes d’une association membre n’ayant pas été élus ou nommés conformément aux dispositions de l’ai. 2. Cela vaut également pour les organes élus ou nommés uniquement à titre intérimaire. 4. La Fifa ne reconnaît pas les décisions d’organes n’ayant pas été élus ou nommés conformément aux dispositions de l’ai. 2 », ajoutent-elles.

Une Caf aux ordres de la Fifa

Sans apporter des détails, monsieur Hamadou dénonce d’autres ingérences dans les fédérations de la Côte d’ivoire, la Guinée, le Tchad, Madagascar et le Kenya. Il va plus loin, en reprochant à sieur Infantino d’avoir imposé Patrice Motsepe à la présidence de la Confédération africaine de football (Caf).

Une Caf qu’il croit être « actuellement gérée comme une division de l’administration de la Fifa, par un délégué dépêché de la Fifa, en la personne de VéronMosengo-Omba ». « En Afrique notamment, le Président de ta Fifa, au lieu de travailler pour la Fifa, travaille pour lui-même et pour sa réélection à la tête de la Fifa. Tous les efforts déployés par le personnel de la Fifa en Afrique visent principalement à installer à la tête des associations nationales des ..paonnes ayant fait allégeance à M.

Gianni Infantino, de sorte à lui garantir les voix de leurs fédérations respectives lors des échéances électorale à la Fifa », dénonce Abdouraman.

Complicité du Tas

Pour lui, l’Italo-Suisse s’ingère « de manière aussi délibérée » dans les affaires internes des associations nationales, c’est grâce à la complicité du greffier du Tribunal Arbitral du Sport (Tas). « Me Matthieu Reeb est le patron absolu du TAS au point où il peut se permettre d’influencer le sort de certaines sentences arbitrales et même de les modifier dans certains cas, notamment lorsque que les intérêts du Président de la Fifa sont en jeu», pense le boss d’Etoile Filante. Il a également le pouvoir de bloquer, sans aucune raison, certaines sentences arbitrables pour de longs mois, le temps de permettre au président de la Fifa ou à ses alliés de trouver des solutions pour les contourner.

C’est le cas de la sentence arbitrale dans la procédure TAS 2019/A/6258 du 15 janvier 2021 qui a duré près de deux ans et dans laquelle a été finalement insérée, au point 235, une suggestion qui a visiblement été commandée par le président de la Fifa qui s’est appuyé dessus pour imposer le maintien d’un exécutif déchu à la tête de la Fédération camerounaise de football -, illustre-t-il.

Réforme de la Fifa et du Tas

« Au vu de cette situation préjudiciable au développement harmonieux du football dans le monde, j’en appelle à la réécriture de l’article 8 alinéa 2 des Statuts de la Fifa, afin de mieux encadrer et contrôler le principe de mise en place d’un comité de normalisation à la tête d’une association nationale membre de la Fifa. Une décision d’une telle gravité doit être sérieusement et valablement motivée, et ne devrait être prise que par le Conseil de la FIFA et non par le Bureau du Conseil de la Fifa », recommande le bourreau des deux derniers présidents déchus de la Fecafoot.

« J’en appelle également à une réforme profonde du fonctionnement du Tribunal arbitral du sport qui n’est aujourd’hui qu’un instrument de domination et de colonisation entre les mains du président de la Fifa. Il serait urgent, en relation avec le CIO (Comité international olympique, ndlr), de mettre hors d’état de nuire les réseaux de trafic d’influences qui s’y sont installés et qui nuisent gravement au développement du football dans le monde.

J’en appelle finalement à un meilleur encadrement des prérogatives et des activités du président de la Fifa qui, une fois élu, se comporte comme le propriétaire de la Fifa, et utilise la Fifa pour assouvir ses ambitions politiques au détriment du développement des footballs africains et probablement d’autres footballs dans le monde », conclut Abdouraman.

Source: Le Messager