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Sport

Mbombo Njoya VS Albert Mbida : le match continue

Mbida Et Njoya Fecafoot Mbida et Njoya

Wed, 13 Oct 2021 Source: L'Essentiel du Cameroun N°365

Au cours d’une session extraordinaire de l’assemblée générale tenue hier, le sénateur a été confirmé à la tête d’un comité exécutif provisoire qui entend retirer toute compétence à celui qui officie jusqu’ici comme le président de la fédération. Mais du côté du camp de Seidou Mbombo Njoya, on crie à l’agitation et on se dit serein avec le quitus de la FIFA qui leur permet de gérer les affaires courantes à la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT).

Annoncée dans un communiqué de Me Lebel Elomo Manga, une session extraordinaire de l’assemblée générale de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) s’est tenue mardi 12 octobre 2021 par visio-conférence. Convoquée par 43 des 73 membres de l’assemblée générale, soit plus de la moitié, la rencontre a statué sur plusieurs points. Le plus culminant était le vote sur le retrait de toute compétence à Seidou Mbombo Njoya et aux membres du comité exécutif actuels de fédération. Les 48 membres ayant finalement participé à ces assises n’ont pas longtemps débattu pour décider de «retirer toute compétence à Seidou Mbombo Njoya et aux membres du comité exécutif élus le 12 décembre 2018 ».

Dans un premier temps, ils se basent sur la sentence TAS 2019/A/6258 du 15 janvier 2021 annulant l’élection de ce comité. Par ailleurs, la décision trouve sa justification dans le fait le point 235 de la sentence du Tribunal arbitral du sport « n’est pas une décision mais une simple suggestion de la formation arbitrale ». Autre point à l’ordre du jour: un vote pour statuer sur la suspension des 16 membres composant le comité exécutif de M. Mbombo Njoya, de toute activité en relation avec le football au Cameroun sur une durée de cinq années. Là encore, la décision a été entérinée à l’unanimité.

Outre le président « illégitime » de la FECAFOOT, sont également concernées des têtes bien connues comme Joshua Osih, Aboubakar Alim Konaté, Gilbert Kadji, Didier Benjamin Banlock ou encore Yvonne Astu et Céline Eko Mendomo. Dans la suite de leurs idées, les participants aux débats ont déclaré « nulle et de nul effet la décision prise le 13 juillet 2021 par des personnes sans qualité, en violation des sentences de la CCA et TAS ». Ce jour-là, rappelons-le, une AG organisée par l’équipe de Mbombo Njoya avait modifié les statuts de la FECAFOOT. Ce qui relève de l’illégalité, selon les membres de l’AG d’hier. Toujours dans le cadre de l’annulation de certains actes, il a été déclaré nuls et de nuls effet les résultats des élections organisées au sein des ligues départementales de la FECAFOOT publiés le 27 septembre dernier. Pas de surprise Les décisions ainsi prises sont sans surprise.

Au regard du chronogramme annoncé dans la convocation, il ressortait déjà clairement que les membres de l’AG de 2009 avaient sonné la « mise à mort » de Seidou Mbombo Njoya et son équipe. Ces derniers sont en effet jugés «illégitimes » depuis la décision d’annulation de leur élection, prononcée le 15 janvier 2021 par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Cette sentence avait précédé une autre, cette fois de la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA). Le 10 juin, la CCA avait jugé que, suite à l’annulation par le TAS du processus électoral organisé en 2018, l’AG en fonction à la FECAFOOT est celle «composée des membres élus en 2009 ». Celle-ci revient donc en force pour tenter de mettre définitivement de côté Seidou Mbombo Njoya et son comité exécutif.

Si l’on a attendu aussi longtemps pour revoir les membres de l’AG reconnus par les instances arbitrales, c’est parce qu’ils ont quand même subi un petit revers. En effet, la décision de la CCA du 10 juin avait jugé irrégulière la convocation de la session extraordinaire du 2 février dernier, qui avait abouti à la désignation d’un premier comité exécutif provisoire dont le président était Albert Mbida. Motif : non-respect du délai de trois mois avant toute convocation extraordinaire des membres de l’AG, comme le prévoit l’article 30 (2) des statuts de la FECAFOOT.

Le Comité Albert Mbida avait alors cessé toute activité. Mais, le 18 juin, les membres de l’AG de 2009 avaient pris le soin de solliciter la convocation de cette session extraordinaire. Ayant attendu plus de trois mois sans réponse, ils ont ainsi décidé par eux-mêmes de convoquer la session dont les conclusions des débats sont désormais connues. La FIFA en trouble-fête ? Réalité oblige, l’on subodore tout de même que les décisions ainsi prises seront difficilement applicables. Tant on sait la hargne dont font preuve Seidou Mbombo Njoya et ses alliés pour rester au sommet de la tour de Tsinga. Le comité exécutif délégitimé depuis janvier dernier continue en effet d’agir depuis plusieurs mois sans se soucier des sentences prononcées à son désavantage.

Et pour cause : il détient le parrainage de la nébuleuse Fédération internationale de football association (FIFA). Comme d’habitude, avec des méthodes à la mafia sicilienne, l’instance faitière mondiale de cette discipline sportive a fait fi des textes réglementaires et des décisions arbitrales en donnant quitus au président de la FECAFOOT déchu de continuer « à gérer les affaires courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau comité exécutif ».

La position de la FIFA avait occasionné un tollé général, tant au Cameroun que dans d’autres pays. Une position sur laquelle se penche pourtant l’équipe déchue pour continuer, avec flegme, la gestion du football camerounais. C’est elle qui, en ce moment, est aux avant-postes pour l’organisation des élections au sein de la fédération. D’ailleurs, une source proche de la FECAFOOT, en réaction aux assises de ce mardi commente, pince-sans rire : « nous faisons fi des actes d’agitateurs de tous bords qui veulent s’illustrer dans la provocation inutile. Le comité exécutif de la FECAFOOT gère en ce moment les affaires courantes, et conduira le processus électoral à bon port (…) Nous avons le quitus de la FIFA dans ce sens. Nous sommes sereins… » A propos justement des élections en cours, après les ligues départementales en septembre dernier, celles dans les ligues régionales sont prévues le 16 octobre et au niveau fédéral, elles devraient avoir lieu le 12 décembre. Sauf que là encore, le processus risque d’être chamboulé à cause des « réclamations » qui ont conduit à des procédures au sein, une nouvelle fois, des instances arbitrales. Bicéphalisme en perspective Quoi qu’il en soit, l’on s’achemine vers un bicéphalisme bien ancré au sein de la FECAFOOT.

Une autre source, cette fois favorable au « Camp Albert Mbida », affirme qu’ils ne lâcheront pas prise. « Nous ne pouvons pas laisser à des imposteurs la gestion de notre football. Sinon, nous courons à la perte. Tout ce qu’ils font en ce moment, c’est d’organiser des élections qui, à la fin, leur seront favorables et leur permettront de contourner les décisions arbitrales pour se maintenir à la fédération. Nous combattrons cela jusqu’à avoir gain de cause », martèle notre interlocuteur au téléphone. Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois qu’ils posent des actes pour booter Seidou Mbombo Njoya hors de la FECAFOOT. D’ailleurs, un recours a récemment été introduit au TAS à Zurich par Hamadou Abdouraman Baba, un farouche opposant à Mbombo Njoya. Il dénonce la FIFA de jouer un double jeu en donnant le quitus à ce dernier de conduire son mandat jusqu’à la fin. Bien plus, il demande que soit clairement prononcée en faveur de l’AG de 2009 une décision lui donnant l’entière responsabilité de l’organisation du processus électoral.

Pour l’heure, les couteaux continuent de s’entrecroiser. Déjà désigné à deux reprises, le Comité exécutif provisoire instauré par les membres de l’AG2009 a une nouvelle fois été constitué. Il est présidé par le Sénateur Albert Mbida, avec comme vice-président Prince Ndoki Mukete. Les cinq autres membres sont Dr François Dikoume, Dahirou Djintouing, Pierre Boudjiko Youkeka, Lucien Mettomo et Sah Walters. Ils ont été élus pour une période de six mois et sont chargés de conduire les affaires courantes de la FECAFOOT, de réviser les statuts et le Code électoral, et d’organiser un processus électoral juste, équitable et transparent. Tout un programme. Reste à savoir s’il pourra être sereinement mis en œuvre…

Source: L'Essentiel du Cameroun N°365