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Nécrologie: enquête sur le décès suspect en prison en France de Bernard Sylvain Mvondo Etoga

Mon, 11 Jan 2021 Source: Essigan

« Nous attendons toujours d’en savoir plus sur les circonstances de sa disparition dans la nuit du 23 au 24 décembre 2020 dans une prison française. Son frère ainé Mathieu Ottou Etoga, nous a faits savoir que les résultats de l’autopsie sont toujours attendus», a indiqué, le visage serré, Marie Etoga, sa jeune soeur, au report d’Essingan. Il est interpellé à son domicile le 17 décembre suite à «une plainte» déposée auprès du tribunal de Créteil, Bernard Mvondo Etoga est gardé à vue. D’après une source proche du parquet de Paris, il sera entendu par le juge le même 17 décembre avant d’être déféré à la prison de Fresne près de Paris. Alors que son frère ainé tente vainement de le rencontrer, Bernard Etoga comme on le nommait dans le milieu du judo, est annoncé mort en prison. «Mathieu ne l’a pas revu vivant.

La seul fois où il a été appelé par les autorités judiciaires, le 24 décembre, a servi à l’annonce du décès de Bernard», relate encore Marie Etoga les yeux larmoyants. Mme veuve Etoga leur mère n’en revient pas. Elle se pose toutes les questions du monde pour en savoir sur ce qu’il est advenu de son fils. D’après une source chargée de suivre le dossier pour le compte de l’ambassade du Cameroun en France, «c’est au soir du 24 décembre 2020 qu’on appelle son frère pour lui annoncer le décès de ce dernier». De source familiale, sur le point de se marier à une jeune Russe, Bernard qui tient à faire connaissance et avec les parents de sa dulcinée, va faire face à son opposition farouche.

Agent secret

Intrigué d’autant plus que la jeune femme est sans-papiers, lui, naturalisé français, tient à ce que sa future épouse ait des «papiers ». C’est dont dans les méandres des préparatifs de la prochaine cérémonie de mariage que Bernard Etoga tombe sur des informations faisant état de ce que sa petite amie de nationalité russe, est agent secret. C’est ainsi que le 16 décembre, il appelle sa maman, Mme veuve Etoga à Yaoundé. Au rang des sujets qu’il aborde, celui sur sa sécurité. «Il m’a dit qu’il avait peur pour sa sécurité. Et pour cause, son amie a quitté la maison sans préalable. Il a précisé avoir découvert qu’elle est un agent secret. Il ne saura jamais auprès de qui?» Toujours est-il que le 17 décembre, il est arrêté et placé en détention provisoire à la prison de Fresne près de Paris où il est ensuite déclaré mort le 24 décembre.

Si pour le moment, l’on se demande de quoi est mort ce jeune homme énergique, souriant et généreux, ses proches croient à une «mort provoquée». Les milieux judiciaires français laissent entendre que Bernard se serait suicidé. «Faux!», rétorquent ceux qui le côtoyaient aussi bien à l’ambassade du Cameroun en France que dans la colonie camerounaise. «Pour nous, il a été tué en prison. En tout cas, nous attendons les résultats de l’autopsie. Il ne vivait ni ne subissait aucune pression le jovial Bernard que nous avons connu», tranche Ruth Akamba, une Camerounaise de Paris jointe par Essingan.

Souplesse particulière Né le 04 mai 1983 à Yaoundé, capitale politique du Cameroun, Bernard Sylvain Mvondo Etoga était tout sauf un garçon ordinaire. Doué d’une très grande force physique et d’une souplesse particulière, il fait très vite ses premiers pas dans le judo domaine dans lequel son père, Martin Dieudonné Etoga Mvondo est lui-même entraîneur. Il se fait très vite remarquer et dès l’âge de 14 ans seulement. Il est vice-champion de la Francophonie en 1997 et se met sur la trajectoire d’excellentes performances à l’internationale.

C’est ainsi qu’il obtient une médaille de bronze au Commonwealth à 2002. Bernard Etoga enchaîne les podiums nationaux et internationaux avant d’atteindre enfin la crème en 2004 où il fait champion d’Afrique, meilleur judoka africain de l’année. Il se qualifie pour les jeux olympiques d’Athènes au pays d’origine de l’olympisme la Grèce. Bénéficiaire d’une bourse, Bernard s’envole pour la France pour y retrouver son frère aîné Mathieu Ottou Etoga. Il fait entre 2005 et 2012 tour à tour: médaillé de la coupe de France, médaillé au championnat de France 2e division, médaillé au tournoi Label B Ffjda, participation à plusieurs autres tournois (Grand slam de Paris; de Dusseldorf; de Munich et d’Osaka). Il débute parallèlement une nouvelle vie professionnelle après avoir étudié de 2011-2013 à l’université de Perpignan. Il travaille comme chef rayonniste dans un centre commercial à Perpignan. Puis se lance dans l’immobilier où il excelle et travail comme conseillé immobilier chez Axession France. Avant de mettre sur pied sa propre agence: Etoga Legacy.

Rapidement un petit empire. A côté de sa carrière de judoka, Bernard est un sportif quasi accompli. C’est ainsi qu’il joue au rugby, un sport qu’il découvre pratique à Perpignan. Notamment le club de Sucy. Passionné de football, Bernard Etoga jouait aussi tous les dimanches au football avec des amis. En 2020 il obtient un certificat en préparation mentale pour la performance professionnelle. Bernard avait une force de caractère qui n’avait d’égal que sa détermination à exceller dans tout ce qu’il faisait. Pour lui, être le meilleur tout en restant le plus humain possible, était un idéal. Chevalier de l’ordre de la valeur et chevalier de l’ordre du mérite, Bernard laisse, orphelin un fils.

Source: Essigan

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