C’est un tournant historique dans la gestion des Lions Indomptables. Dans une annonce passée relativement inaperçue, Samuel Eto’o a révélé que la FECAFOOT prend désormais intégralement en charge le salaire du sélectionneur David Pagou et de son staff. Une décision lourde de sens qui libère l’État camerounais d’un poids financier conséquent et met fin à des décennies d’ingérence. Retour sur une mesure qui pourrait bien assainir la gouvernance du football camerounais.
Historique : la FECAFOOT paie désormais le sélectionneur national et libère l’État.
C’est une annonce majeure, pourtant passée presque inaperçue. Lors d’un live Facebook diffusé sur la page Digital B Agency, le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o, a confirmé avoir définitivement réglé la question du salaire du sélectionneur national David Pagou et de l’ensemble de son staff. Désormais, ces rémunérations sont intégralement prises en charge par la FECAFOOT.
Selon Samuel Eto’o, David Pagou lui-même aurait été surpris par le niveau de salaire proposé, qu’il a jugé conséquent. Une déclaration lourde de sens, tant elle marque une première dans l’histoire du football camerounais.
Une tradition rompue : l’État n’est plus seul payeur
Jusqu’ici, le paiement du staff technique des Lions Indomptables relevait exclusivement de l’État camerounais, via le ministère des Sports. Ces charges représentaient plusieurs dizaines de millions de francs CFA par mois. Une situation qui, au fil des années, a souvent favorisé des dérives : salaires artificiellement gonflés, conflits d’intérêts et soupçons persistants de rétrocommissions.
Le dossier Marc Brys illustre parfaitement ces dysfonctionnements, avec un entraîneur imposé, peu investi dans le football local, mais financièrement très coûteux pour les finances publiques.
Un choix stratégique pour soulager l’État et assainir la gouvernance
En décidant de prendre en charge ce poste de dépense, la FECAFOOT opère un choix stratégique fort. L’État camerounais est ainsi soulagé, et le ministère des Sports et de l’Éducation physique peut désormais réorienter ses ressources vers le développement d’autres disciplines sportives souvent négligées.
Plus encore, cette décision met fin à un levier de pression longtemps utilisé par certains responsables administratifs pour s’immiscer dans la gestion des sélections nationales. Samuel Eto’o avait promis une transformation en profondeur du football camerounais ; cette mesure concrétise cette vision en redonnant à la fédération son autonomie et sa légitimité.
Des effets immédiats sur le terrain
Les résultats de cette nouvelle approche ne se sont pas fait attendre. Du 6 au 10 mars, David Pagou organisera un stage regroupant 30 joueurs issus du championnat local, fraîchement convoqués. Une initiative saluée par de nombreux observateurs.
À titre de comparaison, en plus de deux années de présence, Marc Brys n’a jamais organisé un tel regroupement, ni manifesté un réel intérêt pour le championnat camerounais, qu’il n’a pratiquement jamais observé sur le terrain.
Cette nouvelle dynamique incarne ce que beaucoup qualifient désormais de « touche Samuel Eto’o » : faire confiance aux compétences locales, valoriser les techniciens nationaux et rompre avec le réflexe systématique de recrutement extérieur.
Tourner la page des contentieux coûteux
Autre conséquence majeure : la fin annoncée des interminables litiges financiers avec des entraîneurs limogés, qui réclamaient ensuite des milliards de francs CFA au Cameroun sans véritable perspective professionnelle ailleurs.
Depuis son départ, Antonio Conceição n’a pas retrouvé de banc de touche significatif. Quant à Marc Brys, remercié le 1er décembre 2025, il peine toujours à rebondir.
Le message est clair : le Cameroun ne sera plus un refuge pour des entraîneurs surcotés, peu impliqués et déconnectés des réalités locales.
Une nouvelle ère pour le football camerounais
En assumant pleinement le financement du staff technique, la FECAFOOT pose les bases d’un football plus responsable, plus souverain et plus cohérent. Cette décision historique pourrait bien marquer le début d’une ère où la compétence, l’engagement et la connaissance du terrain priment enfin sur le prestige importé.