Alors que la controverse enfle autour du changement d'arbitre pour le quart de finale de la CAN 2025, l'adjoint du sélectionneur des Lions Indomptables affiche une confiance inébranlable et refuse de se laisser distraire par les polémiques.
Dans un contexte explosif marqué par le remplacement de l'arbitre égyptien Amin Omar par le Mauritanien Dahane Beida à la demande du Maroc, et par les accusations de favoritisme à l'encontre de la CAF, David Pagou, membre du staff technique des Lions Indomptables, a choisi une approche radicalement différente : celle de la sérénité et de la foi.
Face aux journalistes qui l'interrogeaient sur cette affaire qui secoue les coulisses de la Confédération Africaine de Football, David Pagou a surpris par la nature spirituelle de sa réponse. "Vous savez, un enfant de Dieu n'a pas peur ! Parfois, les obstacles se transforment en avantages, et rien n'est impossible à Dieu. Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu", a-t-il déclaré avec conviction.
Cette approche empreinte de spiritualité contraste fortement avec la colère exprimée par d'autres dirigeants du football camerounais, notamment le président de la FECAFOOT Samuel Eto'o, qui s'est associé à son homologue nigérian pour contester les désignations arbitrales jugées partiales.
Loin de se laisser gagner par la psychose ou les théories de complot, l'adjoint du sélectionneur a tenu à exprimer sa confiance dans le corps arbitral africain : "Nous savons qu'il y a de très bons arbitres africains qui font de belles performances, d'ailleurs, on les voit même à la Coupe du Monde."
Cette déclaration, alors même que la polémique bat son plein autour de la désignation d'un cinquième assesseur VAR consécutif pour les matchs du Maroc et de l'éviction d'un arbitre algérien pour des raisons diplomatiques, témoigne d'une volonté de ne pas entrer dans le jeu des récriminations.
"Nous avons confiance : demain, l'arbitre dirigera le match comme il le pense. Il est humain et peut se tromper de bonne foi", a poursuivi David Pagou, refusant ainsi de préjuger des décisions qui seront prises sur le terrain.
Pour le membre du staff technique des Lions Indomptables, l'énergie doit être canalisée ailleurs que dans les polémiques : "C'est à nous de jouer : nous sommes là pour galvaniser et manager nos joueurs sur le terrain. L'arbitre est là pour diriger la partie."
Cette philosophie pragmatique rappelle que, quelles que soient les conditions dans lesquelles se déroulera le match, c'est avant tout la performance des joueurs sur le terrain qui sera déterminante. "Nous nous entraînons pour donner du spectacle au public, et maintenant, c'est au public de juger", a-t-il conclu.
Une stratégie de décompression psychologique ?
Cette prise de position peut être interprétée de plusieurs façons. D'une part, elle témoigne d'une conviction personnelle profonde, ancrée dans la foi religieuse de David Pagou. D'autre part, elle peut aussi être vue comme une stratégie intelligente de gestion de la pression psychologique.
En effet, dans un contexte où tous les regards sont braqués sur les polémiques d'arbitrage, où les suspicions de favoritisme alimentent les débats, cette approche sereine permet peut-être de préserver le groupe des Lions Indomptables de toute forme de paranoïa ou de victimisation qui pourrait affecter leur performance.
Plutôt que de nourrir un sentiment d'injustice qui pourrait parasiter la préparation mentale des joueurs, le staff technique semble avoir fait le choix de la confiance et de la concentration sur ce qui dépend d'eux : la qualité de leur jeu.
Cette posture tranche avec les remous qui agitent les instances dirigeantes. Alors que Samuel Eto'o et son homologue nigérian Ibrahim Musa Gusau montent au créneau pour dénoncer les pratiques de la CAF, que la FECAFOOT n'a pas été officiellement informée du changement d'arbitre et l'a découvert via les réseaux sociaux, David Pagou choisit la voie de l'apaisement et de la spiritualité.
Ce contraste n'est pas anodin. Il révèle peut-être une répartition des rôles au sein de la délégation camerounaise : aux dirigeants de mener le combat politique et institutionnel, au staff technique de préserver la sérénité du groupe et de le préparer au combat sportif.
L'invocation de la foi divine comme rempart contre l'adversité n'est pas nouvelle dans le sport de haut niveau. De nombreux athlètes et entraîneurs y ont recours pour transcender les difficultés et maintenir une attitude mentale positive face aux obstacles.
Dans le cas présent, cette approche permet de transformer une situation potentiellement démoralisante (le sentiment d'être défavorisé par l'arbitrage) en un défi à relever avec confiance. "Les obstacles se transforment en avantages", affirme David Pagou, suggérant que la difficulté peut devenir un catalyseur de dépassement.
Ce jeudi soir à Rabat, à 19h GMT, les théories, les polémiques et les professions de foi laisseront place à la réalité du terrain. Les Lions Indomptables affronteront les Lions de l'Atlas dans un match qui s'annonce explosif, tant sportivement que dans son contexte extra-sportif.
L'approche spirituelle et sereine prônée par David Pagou permettra-t-elle aux joueurs camerounais de transcender les polémiques et de se concentrer uniquement sur leur performance ? Ou au contraire, cette tentative d'apaisement sera-t-elle insuffisante face à l'ampleur des controverses qui entourent cette rencontre ?
La réponse se trouvera sur la pelouse, où onze Camerounais devront prouver que, comme l'affirme leur adjoint, "rien n'est impossible" et que les obstacles peuvent effectivement se transformer en opportunités. Le public camerounais, lui, sera le juge ultime de cette philosophie du dépassement par la foi.
En attendant, cette déclaration de David Pagou restera comme un moment singulier dans cette affaire : celui où, au milieu de la tempête médiatique et des tensions institutionnelles, une voix s'est élevée pour rappeler que le football reste avant tout un jeu, et que c'est sur le terrain que tout se décide vraiment.