Ils voulaient tout contrôler, ils doivent maintenant tout assumer. Alors que les Lions Indomptables regardent la Coupe du monde 2026 depuis leur salon, une correspondance de la Fécafoot datée du 4 juin 2024 refait surface et rappelle une vérité dérangeante : le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, et son clan ont choisi l'épreuve de force contre la Fédération au lieu de l'unité. La lettre est claire : la Fécafoot avait pris toutes ses dispositions pour la préparation du match contre le Cap-Vert, mais le Minsep a voulu arracher l'équipe nationale à son institution naturelle, imposant ses hommes, modifiant l'encadrement et créant une confusion mortifère à quelques mois des éliminatoires. Aujourd'hui, le Cameroun paie le prix de cette guerre des chefs. Et ceux qui ont fragilisé les Lions de l'intérieur doivent avoir le courage d'assumer les conséquences de leur choix, plutôt que de chercher des boucs émissaires dans la défaite.
Lions Indomptables : le MINSEP voulait gérer, il doit maintenant assumer
La correspondance de la Fédération camerounaise de football adressée au ministre des Sports le 4 juin 2024 est aujourd’hui un document lourd de sens. Elle rappelle une vérité que certains ont tenté d’effacer : malgré les intimidations, les pressions et les manœuvres de coulisses, la FECAFOOT avait clairement laissé la porte ouverte au ministère des Sports pour venir récupérer le matériel et les équipements nécessaires à la préparation du match contre le Cap-Vert à Yaoundé.
Dans cette lettre, la Fédération expliquait avoir pris toutes les dispositions habituelles pour l’accueil des joueurs, la logistique, les réservations d’hôtel, les billets d’avion, les navettes, les réunions préparatoires, les équipements et même la billetterie. Autrement dit, l’institution normalement chargée d’organiser les rencontres internationales avait déjà fait son travail.
Mais au lieu de laisser la FECAFOOT jouer pleinement son rôle, le ministre Narcisse Mouelle Kombi et son clan ont choisi l’épreuve de force. Ils ont voulu arracher l’équipe nationale à sa fédération. Ils ont voulu gérer le stage, contrôler l’encadrement, imposer leurs hommes et marginaliser les responsables désignés par l’instance fédérale. Ce n’était plus une simple divergence administrative. C’était une prise de contrôle politique et institutionnelle des Lions Indomptables.
La lettre est claire : la FECAFOOT affirme que le sélectionneur Marc Brys avait unilatéralement modifié l’encadrement administratif et technique nommé par le Comité exécutif. Le coordonnateur général des sélections nationales, Benoît Angbwa, pourtant mobilisé depuis plusieurs jours à l’hôtel Hilton, avait été écarté. Plus grave encore, les réservations initiées par la FECAFOOT ont été reprises par des personnes se réclamant du ministère.
Dans ces conditions, comment pouvait-on bâtir une équipe sereine ? Comment pouvait-on préparer des matchs décisifs avec deux centres de commandement, deux chaînes d’autorité, deux visions opposées et une guerre ouverte autour des Lions Indomptables ? Une équipe nationale ne se construit pas dans la confusion, les menaces, les humiliations et les règlements de comptes.
Et pourtant, malgré cette situation explosive, la FECAFOOT n’a pas fermé la porte. Elle a indiqué noir sur blanc qu’elle restait disponible pour fournir les équipements et le matériel nécessaires, à condition qu’une demande formelle écrite lui soit transmise. Cela veut dire une chose simple : même mise à l’écart, même humiliée, même dépouillée de son rôle naturel, la Fédération n’a pas refusé d’aider les Lions Indomptables.
Le MINSEP, lui, voulait tout contrôler. Il voulait gérer le stage. Il voulait donner les instructions. Il voulait choisir les hommes autour de l’équipe. Il voulait apparaître comme le vrai patron des Lions. Très bien. Mais lorsqu’on arrache une équipe à son institution naturelle, lorsqu’on décide de confisquer la gestion sportive et administrative, il faut aussi avoir le courage d’assumer les conséquences.
Aujourd’hui, la non-qualification des Lions Indomptables pour le Mondial qui se joue en ce moment ne peut pas être analysée en oubliant cette cassure. Le Cameroun n’a pas seulement perdu des points sur le terrain. Il a perdu de l’énergie dans les couloirs. Il a perdu de la stabilité dans les hôtels. Il a perdu de la concentration dans les réunions. Il a perdu son autorité technique dans les batailles d’ego.
Le ministre Mouelle Kombi et son entourage doivent donc assumer. Ils ne peuvent pas vouloir les honneurs de la gestion quand tout semble possible, puis se cacher derrière la FECAFOOT lorsque l’échec arrive. Ils ne peuvent pas revendiquer l’équipe nationale dans la victoire et chercher des boucs émissaires dans la défaite. La responsabilité va avec le pouvoir que l’on s’octroie.
En réalité, cette affaire a montré une chose : les Lions Indomptables ont été fragilisés de l’intérieur. Au moment où il fallait de l’unité, Mouelle Kombi a choisi la division. Au moment où il fallait de la discipline institutionnelle, le Minsep a choisi la confusion. Au moment où il fallait protéger l’équipe nationale, cle ministre et son clan ont préféré mener une guerre contre la FECAFOOT.
Tout le monde connaît la suite. Le Cameroun regarde aujourd’hui le Mondial de loin. Et ceux qui ont voulu arracher les Lions Indomptables à leur fédération doivent regarder les Camerounais dans les yeux et assumer toute la responsabilité. Parce qu’on ne peut pas désorganiser une maison, casser ses fondations, humilier ses responsables, puis faire semblant d’être surpris lorsque le toit s’effondre.#KAMERFOOT