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Stade de Garoua : Prime Potomac désavoue le Minsep, les “lanceurs d’alerte” deviennent muets

Kombi Image illustrative

Tue, 30 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Ben Modo refuse l'argent public, accuse le Minsep de vouloir sortir 250 millions par site en son nom, et propose même d'aider à financer le complexe d'Olembe abandonné. Une correspondance explosive qui aurait dû déclencher un débat national. Pourtant, les « lanceurs d'alerte », si bruyants lorsqu'il s'agit de critiquer la Fécafoot, restent curieusement muets. Le silence assourdissant de ces opposants autoproclamés, qui dénoncent avec fracas les scandales touchant leurs adversaires politiques mais ignorent ceux qui pourraient embarrasser le gouvernement, en dit long sur les limites de l'indignation sélective. Quand la dénonciation dépend des personnes visées et non des faits, la morale s'effondre. Et c'est bien le cœur du problème que révèle cette affaire de Garoua.



Stade de Garoua : Prime Potomac désavoue le Minsep, les “lanceurs d’alerte” deviennent muets

Dans une correspondance datée du 25 juin 2026, Ben Modo, président directeur général de Prime Potomac, entreprise chargée des travaux des sites de Garoua, a répondu au ministre des Sports et de l’Éducation physique après une mise en demeure reçue du Minsep.

Dans cette lettre, Prime Potomac rappelle avoir informé le Minsep, dès le 15 mai 2026, de son intention de reprendre les travaux le 15 juillet 2026, avec pour objectif de les achever au plus tard le 31 décembre 2026. L’entreprise explique que les nombreux retards de paiement l’ont poussée à rechercher un financement autonome afin de poursuivre les travaux sans interruption jusqu’à la livraison des infrastructures.

Mais au lieu d’accueillir favorablement cette annonce, Prime Potomac affirme avoir reçu une mise en demeure du Minsep. L’entreprise dit ne pas comprendre cette attitude, surtout que la question des avances exceptionnelles aurait déjà été réglée lors d’une réunion présidée en 2021 par le Premier ministre, chef du gouvernement.

Plus grave encore, Ben Modo évoque les déclarations de collaborateurs du Minsep qui auraient indiqué, lors d’une descente sur les sites, que le ministère envisagerait de poursuivre les marchés en régie, avec une somme de 250 millions de FCFA en cours de mobilisation par site comme avance pour la reprise des travaux.

C’est sur ce point que Prime Potomac se montre particulièrement ferme. L’entreprise assure ne solliciter aucun argent public pour reprendre les travaux. Elle indique avoir trouvé un financement indépendant qui lui permettrait de terminer les chantiers dans les budgets déjà prévus, sans demander le moindre sou au Trésor public.

Ben Modo va encore plus loin en déclarant que Prime Potomac se désolidarise de toute initiative visant à utiliser son entreprise comme prétexte pour faire sortir de l’argent des caisses de l’État en son nom. Une phrase lourde de sens, qui jette une lumière crue sur les zones d’ombre entourant ce dossier.

L’entreprise suggère même que les fonds qui seraient éventuellement mobilisés pourraient plutôt être affectés au Complexe d’Olembe, resté selon elle sans financement et abandonné à lui-même depuis plus de quatre ans. Prime Potomac affirme également avoir vainement proposé son aide pour trouver les financements nécessaires à l’achèvement de ce qu’elle qualifie de “joyau architectural”.

Cette sortie de Prime Potomac est donc loin d’être anodine. Elle met directement en cause la gestion du dossier par le Minsep, tout en refusant que son nom serve à justifier de nouveaux décaissements publics. Dans un pays où les chantiers sportifs ont souvent été entourés de polémiques financières, une telle déclaration aurait dû provoquer un véritable débat public.

Mais curieusement, cette correspondance pourtant explosive ne semble pas intéresser certains lanceurs d’alerte qui se présentent habituellement comme des opposants au régime et des défenseurs acharnés de la bonne gouvernance. Ceux qui commentent bruyamment le moindre dossier impliquant la fecafoot gardent, cette fois, un silence étonnant.

Pourtant, il ne s’agit pas ici d’une simple querelle administrative. Une entreprise affirme noir sur blanc qu’elle ne demande aucun argent public, qu’elle dispose d’un financement autonome et qu’elle refuse que son nom soit utilisé pour faire sortir de l’argent des caisses de l’État. Si cette déclaration ne mérite pas l’attention des prétendus défenseurs de la transparence, alors qu’est-ce qui la mérite ?

Ce silence interroge. Faut-il comprendre que certains ne dénoncent que lorsque cela arrange leur ligne politique, leurs intérêts ou leurs réseaux ? Peut-on se dire lanceur d’alerte et détourner le regard lorsqu’une entreprise elle-même refuse d’être associée à une éventuelle opération de décaissement public en son nom ?

L’affaire de Garoua révèle une fois de plus les limites de l’indignation sélective. Quand la dénonciation dépend des personnes visées et non des faits, elle perd toute force morale. Dans ce dossier, le silence de certains opposants autoproclamés parle presque autant que la lettre de Prime Potomac. #KAMERFOOT

Source: www.camerounweb.com