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Africa News Tue, 20 Jul 2021

Ethiopie : le barrage de la discorde bientôt opérationnel

• Depuis 10 ans, le projet de barrage de l'Ethiopie provoque du remous dans ses relations avec ses voisins en aval du Nil

• L'Ethiopie a persisté à construire son ambitieux barrage pour approvisionner sa population en électricité.

• L'Egypte et le Soudan s'inquiètent de la disponibilité en eau du Nil pour les besoins vitaux de leurs populations riveraines.


Le Grand barrage de la renaissance dont la construction est l'objet de tensions entre l'Ethiopie et ses pays frontaliers depuis le début du chantier sera bientôt prête à produire de l'électricité.

La guerre de l'eau est-elle terminée?

Qualifiée de "guerre de l'eau", les développements régionaux liées à l'affaire de la construction du barrage n'a pas manqué de faire couler encre, salive, et fureur des pays voisins, l'Egypte et le Soudan, en raison de ses conséquences sur le cours du Nil. Depuis près de dix ans, ce projet a du mal à aboutir à cause des tensions avec l’Égypte et le Soudan qui craignent pour leurs ressources en eau. Les deux pays ont encore récemment rejeté l’initiative de l’Éthiopie d’entamer la seconde phase de remplissage du barrage sans accord préalable. Le Conseil de sécurité de l’ONU s'était réuni le 8 juillet à la demande de la Tunisie pour le compte de l'Égypte et du Soudan.

"Un accord sur le GERD (le grand barrage de la Renaissance) peut être atteint", a assuré Inger Andersen, directrice du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), lors d'une réunion du Conseil de sécurité. "Pour parvenir à un accord optimal, la confiance, la transparence et un engagement seront essentiels", a-t-elle ajouté. "Bien que des progrès aient été réalisés dans de nombreux domaines lors des négociations, aucun consensus n'a été atteint concernant certains aspects critiques, notamment les dispositions pour la gestion de sécheresses prolongées, l'aménagement en amont et en aval du GERD et un mécanisme de règlement des différends", a regretté la responsable.

Le barrage, une "menace" pour l'Egypte et le Soudan

Le GERD de l'Éthiopie fait l'objet depuis le début de sa construction en 2011 d'un conflit houleux avec l'Égypte et le Soudan qui craignent pour leurs ressources en eau. L'Éthiopie, qui entend procéder à un nouveau remplissage de son réservoir en juillet et août, assure que le barrage est vital pour les besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants. Mais l'édifice ne réjouit ni le Soudan, ni l'Egypte. Situés en aval sur le Nil et dépendant du fleuve, ils redoutent un appauvrissement de leurs ressources hydrauliques.

Le projet avance malgré tout

Le 5 juillet, l'Éthiopie avait notifié aux pays en aval du Nil, l'Égypte et le Soudan, du début du processus du deuxième remplissage du Barrage en eau, sans pour autant parvenir à un accord tripartite, le Caire et Khartoum ayant rejeté cette décision jugée "unilatérale".

Contre toute attente, les autorités éthiopiennes ont annoncé, lundi 19 juillet, l'achèvement du deuxième remplissage du Barrage de la Renaissance. C'est ce qui ressort d'une série de tweets publiés par le ministre éthiopien de l'Eau et de l'Irrigation, Seleshi Bekele. "Le deuxième remplissage du Barrage de la Renaissance a pris fin le 12 juillet", a écrit Bekele, tout en ajoutant "Félicitations aux Ethiopiens et aux amis de l'Ethiopie : Il y a désormais la quantité d'eau nécessaire pour faire fonctionner deux turbines". "Nous avons beaucoup travaillé cette année pour arriver à ce jour et nous travaillons encore dur pour produire les prochaines turbines", a-t-il expliqué sans donner plus de détails.

Les autorités égyptiennes et soudanaises n'ont émis aucun commentaire à ce sujet. L'Égypte et le Soudan tiennent à conclure un accord tripartite sur le remplissage et sur l'exploitation équitable du Barrage et des eaux du Nil.

Doit-on craindre que cette situation n'entraîne des menaces pour la paix et la sécurité? Il faut rappeler qu'au plan interne, l'Ethiopie d'Abiy Ahmed doit faire face aux menaces sécessionnistes de la région du Tigré.
Source: www.camerounweb.com