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Gambie: Yahya Jammeh bientôt jugé ?

Yahya Yahya Jammeh

Wed, 9 Jun 2021 Source: www.camerounweb.com

• Yahya Jammeh quitte le pouvoir en 2017

• Les exactions commises sous son autorité refont surface

• Il pourrait être poursuivi, s'il peut être extradé depuis la Guinée équatoriale


La lumière continue de se faire sur les exactions commises par l’ancien chef d'Etat gambien Yahya Jammeh (1994-2017). Selon les récentes évolutions, les témoignages livrés devant la Commission vérité et réconciliation, l’instance chargée d’examiner l’ensemble des crimes de la dictature, ont permis d’en savoir plus sur l’un des épisodes les plus tragiques de cette période. Il s'agit du massacre présumé, en 2005, d’une cinquantaine de migrants africains clandestins à destination de l’Europe, par des soldats gambiens.

Selon les témoignages de Martin Kyere, ghanéen et unique survivant du massacre, les hommes ont été séparés et frappés pendant près d’une semaine. Au dernier jour, ils ont été attachés quatre à quatre avec un câble souple et poussés dans un camion. Le pick-up s’enfonce dans la forêt en direction du Sénégal. Martin Kyere parvient à desserrer ses liens. "Les Ghanéens autour de moi m’ont dit : "Go"… Ils m’ont dit : "C’est Dieu, va et dis comment Yahya Jammeh nous traite". Mais un autre m’a dit : "Si tu y vas, ils vont nous tuer.", Martin Kyere saute du camion et parvient à fuir. (récit accessible sur Internet).

Martin Kyere a raconté son arrivée dans le pays : comment il avait été roué de coups par les soldats, qui le soupçonnaient, lui et plusieurs dizaines d’autres migrants, d’être un mercenaire. "Que faites-vous là ? Vous êtes là pour Yahya Jammeh ? Vous voulez déstabiliser notre pays ?" ont demandé les militaires avant d’emprisonner les migrants pendant plusieurs jours. Ils les ligoteront ensuite et les emmèneront dans une forêt pour les exécuter.

Certains détails sur le déroulé du massacre restent flous. Mais devant la même Commission en 2019, Omar Jallow, l’un des membres des junglers (des unités spéciales attachées à l’ancien dictateur) avait affirmé que "l’ordre de Jammeh" était qu’ils devaient "tous être exécutés".

La commission chargée de faire la lumière sur les crimes commis sous l’ère Jammeh pourrait recommander des poursuites pénales contre l’ancien chef d'Etat. Encore faudra-t-il pouvoir l’extrader. Pour l'heure, l'homme vit en exil doré en Guinée équatoriale depuis qu’il a été défait dans les urnes et renié par la communauté internationale en 2017.

Source: www.camerounweb.com