2

RCA: dix casques bleus égyptiens agressés par la garde présidentielle

Thu, 4 Nov 2021 Source: www.camerounweb.com

• La Minusca et le gouvernement centrafricain entrent en zone de froid

• La garde présidentielle a tiré sur un véhicule transportant les casques bleus égyptiens fraîchement débarqués

• Pour le gouvernement, la Minusca ment sur les faits


Alors que la célébration de la journée des Nations Unies s'est effectuée il n'y a pas très longtemps, l'ONU devra revenir au créneau pour dénoncer l'agression de ses casques bleus par la garde présidentielle.

En effet, selon l’ONU, le lundi 1er novembre, un bus en provenance de l’aéroport international de Bangui-M’Poko transportant des soldats du contingent égyptien de la mission de l’ONU en Centrafrique a été la cible de tirs à proximité de la résidence du chef de l’État. Dix casques bleus de la Minusca seraient blessés dont deux grièvement lundi 1er novembre dans un incident impliquant des membres de la garde présidentielle.

Erreur d'itinéraire : tirs sans sommation

Selon les premières informations, une erreur d’itinéraire aurait été à l'origine de l’incident. Pour l'ONU, il s'agit d'une "attaque délibérée". "Des tirs nourris (...) sans sommation préalable ni riposte aucune, alors qu’ils n’étaient pas armés", précise la Minusca. La mission de l’ONU condamne fermement ce qui "apparaît être une attaque délibérée et inqualifiable que rien ne justifie", s'insurge la Minusca dans un communiqué. L'organisation appelle donc à l’ouverture d’une enquête.

La Centrafrique conteste la version de la Minusca

Selon les propos d'un membre du gouvernement (sous couvert d'anonymat) rapportés par Jeune Afrique, la version rapportée par la Minusca n'est pas vraie. "Ce n’est pas la réalité. Ils [la Minusca] ne disent pas la vérité". Les tirs nourris entendus dans la ville "étaient des tirs sommant le véhicule de la Minusca de s’arrêter, alors qu’il venait d’ôter la vie à une jeune fille". Dans un communiqué publié au lendemain de l’incident, Bangui s’est fait plus précis. Le bus visé par les tirs faisait initialement partie d’un convoi de trois véhicules mais se serait "égaré" et "retrouvé dans un périmètre interdit, zone de sécurité de la résidence du président de la République".

Selon plusieurs sources, le chauffeur du bus des Nations unies, qui transportait les casques bleus égyptiens débarqués dimanche 31 octobre à Bangui, se serait trompé d’itinéraire. Le bus s'est alors retrouvé à 120 mètres de la résidence du chef de l’État, dans le quartier Boy-Rab, alors que le président Touadéra se trouve actuellement en Écosse pour la COP26. Par ailleurs, selon des sources proche concordantes, les casques bleus auraient tenté de prendre des photos de la résidence du président de la République et confirme que dans sa fuite le bus a heurté une jeune femme qui a perdu la vie.

C'est le premier incident du genre

C’est le premier incident de ce genre en près de huit années de présence de la mission onusienne dans le pays. Toutefois, ce n'est pas la première fois que la Minusca se plaint des agissements de la Centrafrique. Dans ses rapports, la Minusca dénonce régulièrement des violations de l’accord qui la lie au gouvernement. Il s'agit notamment des actes d’intimidations, de violences de fouilles de ses véhicules ou d’entraves à la circulation de son personnel par les forces pro-gouvernementales.

Source: www.camerounweb.com