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Africa News Wed, 27 Oct 2021

Soudan : ce coup d'Etat qui passe mal

• Le coup d'Etat au Soudan passe mal

• L'armée avait arrêté le premier ministre et dissous les organes de l'exécutif

• La population est descendue dans la rue et l'on assiste aux affrontements entre l'armée et les civils


L'armée soudanaise a pris le pouvoir ce lundi 25 octobre et la population est sortie dans les rues. Ce coup d'Etat qui ne passe pas au sein de l'opinion publique provoque des affrontements entre l'armée et les civils. Depuis, le bilan s'alourdit. Dès lundi, les soldats ont tué au moins trois personnes, en blessant 80 autres.

Abdallah Hamdok et d'autres hauts responsables ont été arrêtés

L'armée soudanaise a pris le pouvoir lundi, et a dissous le gouvernement de transition soudanais quelques heures après que les troupes eurent arrêté le Premier ministre Abdallah Hamdok et d'autres hauts responsables. Alors que des milliers de personnes envahissaient les rues pour protester contre le coup d'État, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur une partie de la foule.

La prise de contrôle intervient plus de deux ans après que les manifestants aient forcé le départ du pouvoir d'Omar El Béchir et quelques semaines seulement avant que l'armée ne soit censée remettre la direction du conseil qui dirige le pays aux civils.

Ce coup d'Etat ne passe pas

Alors que les Etats-Unis d'Amérique, plusieurs gouvernements européens ont fortement fustigé le coup d'Etat, Les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies ont demandé une réunion d'urgence sur le Soudan mardi, à l'initiative de la Grande-Bretagne, l'Irlande, la Norvège, les États-Unis, l'Estonie et la France ont demandé la réunion.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres a condamné le "coup d'Etat militaire", exhortant à la "libération immédiate du Premier ministre Hamdok et de tous les autres dirigeants" arrêtés ainsi qu'au respect de la "charte constitutionnelle".

Quels sont les motivations de l'Armée?

En avril 2019, l'armée avait mis fin à 30 ans de pouvoir Béchir sous la pression d'une mobilisation de masse et, depuis août de la même année, un Conseil de souveraineté, composé de civils et de militaires a pris la tête du pays. Les premières élections libres ont été promis pour fin 2023.

Mais lundi matin, la télévision d'Etat a été prise par les militaires et à la mi-journée le général Abdel Fattah al-Burhane y est apparu, déclarant qu'il souhaitait toujours "une transition vers un Etat civil et des élections libres en 2023", malgré le fait que les officiels aient été tous relevés de leurs fonctions. En clair, le gouvernement est dissout, ainsi que le Conseil de souveraineté. Les préfets et ministres sont également limogés, et l'état d'urgence est déclaré dans tout le pays, a déclaré le général.

Des milliers de soudanais sont dans les rues et semblent déterminés à ne pas laisser passer ce coup d'Etat qui ne garantit pas un avenir démocratique au pays.
Source: www.camerounweb.com