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Bail interminable des DG et DGA: SNH et FNE ou le seuil de la sclérose

SNH Camerounweb Ils sont aux affaires depuis des lustres

Wed, 15 Sep 2021 Source: L'Indépendant

Le débat sur le bail interminable des directeurs généraux des entreprises publiques, divise experts et autres observateurs.

Ils sont aux affaires depuis des lustres. Certains se confondent aux structures qu’ils dirigent depuis des décennies et parfois de façon patrimoniale. La palme d’or est aujourd’hui tenue par Camille Moute A Bidias, Dg du Fonds national de l’emploi (Fne) depuis sa création en 1991.

Inamovible, englué dans divers scandales de mœurs, même ses soutiens les plus fidèles, reconnaissent la situation lamentable de l’emploi au Cameroun. Entre temps, le Fne a déployé une série de programmes d’emploi jeune à l’éventail des petits métiers conduisant à l’auto emploi sans aucun impact réel sur l’insertion des jeunes dans le fichier socio-économique.

La société nationale des hydrocarbures (Snh) est du domaine réservé du chef de l’Etat. Ses administrateurs directeurs généraux, jouissent donc d’un statut particulier. Depuis 1993, Adolphe Moudiki trône à la tête de cette entreprise publique. Magistrat de formation, ministre à plusieurs reprises, en dépit de sa santé dédinante, ce digne fils Sawa,continue de bénéficier de la confiance du chef de l’Etat.

Leur amitié remonte sous Ahmadou Ahidjo

Que dire de tous ces autres Dg qui totalisent plus d’une décennie aux affaires au mépris des dispositions légales ? La loi de 2017, reconnaît aux directeurs généraux un bail de 03 renouvelable 02 fois, soit au total 09 ans de magistère, pas plus.Au regard de cette loi, tous les actes et autres engagements pris par des Dg dont les 09 ans sont arrivés à échéance, sont frappés de nullité.

On comprend donc que Denis Emilien Atangana, jeune leader d’un parti politique, ait identifié 18 Dg ayant atteint la borne légale de 09 années aux affaires, et saisi le Conseil constitutionnel pour faire respecter la loi.

Sans surprise, le Conseil constitutionnel a rejeté sa requête pour défaut de qualité. En effet.au regard des dispositions de la loi fondamentale, l’article 47 alinéa 2 indique : “seuls le président de la République, le président du Sénat, le président de l’Assemblée nationale, 113 des sénateurs ou 113 des députés peuvent saisir le Conseil constitutionnel. Les présidents des exécutifs régionaux peuvent saisir le Conseil constitutionnel lorsque les intérêts de leur région sont en cause.” Bien plus, les experts ont engagé un débat juridique.

La constitution en son. article 8 stipule que le chef de l’Etat nomme aux emplois civil et militaire. Sur le principe de la hiérarchie des normes, la loi fondamentale est au-dessus de la loi de 2017. Certains juristes vont jusqu’à invoquer le principe de la non rétroactivité de la loi, arguant que le bail des Dg est décompté dès la date de la promulgation de loi.

Après l’onde de choc provoquée par la démission de Jean Pierre Kédi, Dg de l’Arsel, le vaste mouvement annoncé à la tête des entreprises publiques, est toujours attendu. Les spécialistes du management, évoque le seuil de la saturation et de la sclérose après 5 ans passés à la tête des fonctions aussi sensibles.

Il faut un pays où les élites circulent pour éviter de donner du chef de l’Etat, l’image d’un chef de clan. Par souci d’efficacité et d’efficience, les logiques de coterie et de protection de quelques privilégiés, conduisent fatalement à ces petits Etats dans l’Etat. D’où l’incurie et l’inertie tant décriées, mais seulement pour la forme.

Source: L'Indépendant