0

Budget de l’Etat 2022 : les grandes orientations de la corruption ?

Louis Paul Motaze Image Discours Ces objectifs ne sauraient être atteints que si une politique budgétaire conséquente est appliquée

Thu, 8 Jul 2021 Source: Le Messager

La loi du 11 juillet 2018 portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques apporte de nombreuses innovations dans la programmation du budget de l’Etat au Cameroun. Les parlementaires ont depuis lors, l’opportunité d’apporter leur touche à la préparation du budget.

En filtrant entre les rapports du Débat d’orientation budgétaire (Dob) de la session de juin en cours à la préparation de la loi de Finances 2022, il appert que l’Etat souhaite véritablement que soit modifié le paradigme d’élaboration du budget aux fins de coller à l’ère du temps soit 5649,7 milliards de Fcfa. Il n’est pas superflu de rappeler que l’environnement économique national marqué notamment par des détournements de fonds publics, une crise sanitaire liée à la pandémie du covid-19 et une insécurité persistante aux frontières est défavorable. Cette situation impose au gouvernement d’importantes mesures d’ajustement qui doivent nécessairement déteindre sur la structure budgétaire.

Pour l’exercice 2022, le budget ambitionne prendre en compte à la fois le souci de renforcement de la dynamique de résilience de l’économie à travers la poursuite de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, ainsi que celui de la rationalisation de la dépense publiques. Cependant il se pose un réel problème, celui de la corruption. « C’est un peu comme un serpent de mer, c’est un cercle vicieux. Le système se nourri de la corruption, comme la corruption elle-même se sert du système. Donc sur cette question-là, le système laisse faire, prospérer certaines pratiques de corruption parce que celles-là permet au système de fonctionner, d’ailleurs l’on m’a dit que la corruption est un régulateur social, je vous donne vous donnez à tel et ainsi de suite », a expliqué Me Charles Nguni, ancien président de Transparency international.Espérances et espoirs

A la vérité, le pays devra revoir sa politique de gestion. Et pourtant en ce qui concerne le renforcement voire l’accélération de la croissance, le chef de l’Etat a toujours prescrit aux acteurs de la rendre plus forte, durable, inclusive et génératrice d’emplois. Sous ce rapport, le budget devra alors mettre un point d’honneur sur certains leviers d’action prioritaires. Bien, plus et de façon spécifique, ce volet de l’action gouvernementale devra s’appuyer sur la poursuite physique de la construction et la mise en service des grands projets structurants de première génération. Le bouclage des projets relatifs à la Can 2022 et l’opérationnalisation du plan triennal « spécial jeunes ».

Ces objectifs ne sauraient être atteints que si une politique budgétaire conséquente est appliquée. « En ce qui concerne les normes de dépenses ou de recettes, celle sur la dépense amène à multiplier les dépenses fiscales, non prises en compte, tandis que celle en termes de recette est contre-productive : elle amène le gouvernement à creuser le déficit plutôt qu’augmenter les impôts », soutient Emmanuel Yangam, ingénieur statisticien économiste. Celle-ci devra par conséquent se présenter sous les héros d’une obligation de résultats dans la mise en œuvre des politiques publiques avec en prime, un respect rigoureux de la discipline budgétaire dans la gestion des ressources. Ainsi, en ce qui concerne les recettes, certes le curseur de la politique fiscale reste positionné sur la logique de la pause fiscale, mais d’après le Dob, l’objectif principal demeure la mobilisation optimale des recettes budgétaires.

Source: Le Messager