Les Chefs d’État de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) se sont réunis ce jeudi à Brazzaville, à l’invitation du Président congolais Denis Sassou-Nguesso, pour une session extraordinaire consacrée à l’examen de la situation économique, financière et monétaire de la région. Face à un contexte macroéconomique jugé préoccupant, les dirigeants ont convenu d’un ensemble de mesures urgentes visant à redresser la situation et à renforcer la résilience des économies membres.
La réunion, présidée par le Chef de l’État congolais, a rassemblé les Présidents de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadera, du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, et de la Guinée équatoriale, Obiang Nguema Mbasogo. Le Cameroun et le Tchad étaient représentés par leurs ministres des Finances. Étaient également présents le Gouverneur de la BEAC, le Président de la BDEAC, ainsi qu’un représentant du Fonds Monétaire International (FMI).
Les travaux se sont appuyés sur un rapport du Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), qui a souligné la nécessité de mesures urgentes et vigoureuses pour assainir les finances publiques et relancer la croissance. Le FMI, par la voix de son Administrateur pour le Groupe Afrique III, a salué les initiatives communautaires tout en encourageant une consolidation budgétaire coordonnée.
La Conférence a arrêté une série de recommandations, articulées autour d’actions à court et moyen terme. À court terme, les États sont exhortés à garantir la cohérence entre les lois de finances nationales et les engagements internationaux, notamment avec le FMI, et à poursuivre ou conclure des programmes d’appui avec l’institution. Ils doivent également renforcer la transparence statistique par la publication mensuelle du Tableau des Opérations Financières de l’État, accélérer la mise en place des Comptes Uniques du Trésor et la digitalisation des finances publiques, et préserver l’indépendance de la BEAC tout en renforçant le rôle de la COBAC. Un rapatriement des avoirs publics et des recettes d’exportation, particulièrement du secteur extractif, vers la zone CEMAC est également demandé, de même que la finalisation des négociations pour le rapatriement des fonds de restauration des sites pétroliers.
À moyen terme, les mesures portent sur l’assainissement du secteur bancaire via la réduction de l’exposition au risque souverain, le renforcement du rôle de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) dans le financement de la transformation structurelle, et l’accélération de la stratégie communautaire de substitution aux importations.
Soucieuse de l’effectivité des décisions, la Conférence a demandé le renforcement du Secrétariat du Programme des Réformes Économiques et Financières (PREF-CEMAC), chargé d’effectuer des évaluations trimestrielles. Un premier rapport devra être produit avant les Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale.
Les travaux se sont déroulés dans une atmosphère de sérénité, de compréhension réciproque et d’entente cordiale, selon le communiqué final. Les dirigeants ont remercié le Président Sassou-Nguesso, le gouvernement et le peuple congolais pour leur hospitalité et l’organisation réussie de ce sommet.
Ce rendez-vous de Brazzaville marque une volonté affichée des pays de la CEMAC de coordonner leurs politiques économiques face aux défis communs, avec l’objectif de restaurer la confiance des partenaires financiers et de jeter les bases d’une croissance plus robuste et inclusive.