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Cameroun : pourquoi Paul Biya mise sur le Terminal à conteneurs du Port de Douala

Paul Biya Reconnait Lurgence Et Annonce Un Impact Sur L’économie Pourquoi Paul Biya mise sur le Terminal à conteneurs du Port de Douala

Tue, 29 Jun 2021 Source: L'Avenir N°140

Le Conseil d’Administration du Port Autonome de Douala, réuni en sa 96ème session le 16 juin 2021, a approuvé les comptes de cette entité pour l’exercice clos au 31 décembre 2020.

En cette ère de l’épidémie à Coronavirus, les vents tournent dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. La planète entière est touchée, le Cameroun n’est pas épargné de la bourrasque qui a des répercussions néfastes sur l’économie. Un récent rapport du Gicam indique que plus de 70% des entreprises Camerounaises sont sous la menace des conséquences dramatiques de la pandémie mondiale. Face à cet engrenage négatif, le choix est simple : soit on s’accroche, soit on coule. La régie à conteneurs du Port de Douala-Banaberi (RTC) a fait le choix de la vie, via son déploiement stratégique sur le terrain depuis sa création en 2019.

Les résultats réalisés une année après la reprise de l’exploitation de ce pan d’activités sont exaltants. Ils démontrent à suffisante que le Gouvernement de la République, a vu juste en instruisant le Port Autonome de Douala de reprendre en son compte et dans le respect des termes de la convention de concession de 2004, l’exploitation de ce pan d’activité portuaire. En clair, pour l’exercice clos au 31 décembre 2020, la Régie du Terminal à Conteneurs a réalisé un résultat net bénéficiaire de 12 326 979 454 (douze milliards trois cent vingt-six millions neuf cent soixante-dix-neuf mille quatre cent cinquante-quatre) FCFA. La RTC a reversé au Port Autonome de Douala au titre de la redevance de stationnement, 15 710 558 599(quinze milliards sept cent dix millions cinq cent cinquante-huit mille cinq cent quatre-vingt-dix-neuf) FCFA, et au trésor public à travers l’impôt sur le résultat, 6 320 648 046(six milliards trois cent vingt millions six cent quarante-huit mille quarante-six) FCFA. « Ces résultats sont la résultante de la ténacité́ et du professionnalisme des équipes techniques, une politique de maintenance et de conduite des équipements de manutention faite d’engage ment de responsable de tout le personnel concernél a disponibilité́ des équipements, satisfaisante jusqu'au premier semestre 2020; la bonne planification et organisation des opérations de réception et de livraison la stratégie marketing de la RTC faites entre autres de contacts permanents et concertations régulières avec ses clients, ainsi que des mesures incitatives à l’enlèvement rapide des conteneurs; une bonne synergie avec les partenaires stratégiques (Douanes, PAD, SGS et l’UCAM), l'instauration des concertations d'échanges avec les différentes parties prenantes (syndicats des commissionnaires agrées en douane, armateurs, transporteurs, administration des Douanes, etc.) Tout ceci a permis de réaliser des performances satisfaisantes », indiquent nos informateurs au sein de la Régie du terminal à conteneurs. Le top management de cette structure grouille d’initiatives et d’ingéniosité. Avec pour feuille de route de réussir à faire en sorte que le Cameroun garde le nez hors de l’eau malgré la déferlante Covid-19 qui plombe l’économie mondiale, la Rtc a pu tirer le meilleur du pire.

Elle est au service d’une économie qui se construit malgré l’adversité. Une année d’exploitation réussie du Terminal à Conteneurs du port de Douala-Bonabéri. Là où Bolloré et ses affidés souhaitaient et clamaient l’échec, Cyrus Ngo’o et ses hommes ont démontré qu’impossible n’est pas camerounais, et que la gestion d’un TAC n’est pas une exclusivité des blancs. Les résultats sont là et parlent d’eux-mêmes. « Aucun FCFA produit par le Terminal à Conteneurs n’est plus envoyé à Puteaux (siège du groupe Bolloré) en France. C’est l’économie camerounaise qui a bénéficié dans son entièreté de son investissement. Ce qui n’était pas le cas pendant les quinze dernières années, pendant lesquels cet outil de production des richesses a été cédé à Douala International Terminal », confie une source interne. Ainsi, le Chef de l’État Paul Biya, dans sa grande sagesse, a une fois de plus eu raison en suspendant, le 23 octobre 2019, l’attribution du Terminal à un nouveau concessionnaire, afin de vider les contentieux pendants devant lestribunaux du Cameroun et d’ailleurs, au sujet de ce pan important de l’activité portuaire de Douala. Face à cette procédure quis’annonçait longue, et au danger qu’elle faisait courir l’économie Camerounaise suite à un arrêt de l’exploitation du Terminal à Conteneurs que souhaitait les responsables de DIT, la création de la RTC apparait aujourd’hui comme une décision juste, idoine, efficace et patriotique. Et la prolongation de trois ans renouvelables de la durée de la RTC est la preuve s’il en faut que nous n’eussions pas besoin de céder cette activité pourvoyeuse d’argent à notre économie.

Rappel historique…

La Régie du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri est née à la suite d’un différend qui opposait l’Autorité Portuaire de Douala, le PAD, au groupement Bolloré SA-APM Terminals, actionnaire de DIT, l’ancien concessionnaire du Terminal à Conteneurs querellé. Arrivé 7èmeà l’Appel Public International à Manifestation d’Intérêt pour la concession des activités de rénovation, de modernisation, d’exploitation et de maintenance du Terminal à Conteneurs du Port de Douala-Bonabéri, selon le PAD, le Groupement Bolloré SA-APM Terminals, a saisi la justice contre le Port Autonome de Douala, pour contester son élimination et sollicité la suspension du processus afin d’être remis en course. Face à cette procédure quis’annonçait longue, et au danger qu’elle faisait courir l’économie Camerounaise suite à un arrêt de l’exploitation du Terminal à Conteneurs, le Chef de l’État Paul Biya, dans sa grande sagesse, a instruit le 23 octobre 2019, la suspension d’attribution du Terminal à un nouveau concessionnaire, afin de vider les contentieux pendants devant les tribunaux du Cameroun et d’ailleurs, au sujet de ce pan important de l’activité portuaire de Douala. En application des termes du Contrat de concession de 2004 entre le PAD et DIT, notamment les articles 42 et 48, le Port Autonome de Douala appelé dans ce cas Concédant ou simplement bailleur, pouvait reprendre le contrôle et l’exploitation de son terminal. C’est donc fort des missions et prérogatives que lui confère le décret du 24 janvier 2019, le réorganisant, que la Direction Générale du Port Autonome de Douala a proposé à son Conseil d’Administration, la création d’une Régie déléguée en charge de la gestion du Terminal à Conteneurs. Celle-cisera donc créée le 6 décembre 2019 par une résolution comme le prévoit les textes. Mais comment allait-elle reprendre l’exploitation après le 31 décembre 2019, date de départ de DIT, sans personnel et sans matériels ? en réponse, le PAD va toutsimplement activerson droit de subrogation ou remplacement et de préemption que lui confèrent les articles 42 et 48 de l’instrument juridique qui liait les deux parties ainsi et que ses prérogatives de puissance publique. Le contrat de concession en l’occurrence, ainsi que les textes juridiques régissant l’activité portuaire lui donnaient justement les moyens techniques et humains, afin de poursuivre l’exploitation du Terminal à conteneurs. Les équipements et les personnels réquisitionnés vont donc continuer à travailler, tranquillement, mais sous la direction de la RTC, dès la reprise des activités du Port de Douala-Bonabéri, le 2 janvier 2020.

Source: L'Avenir N°140