0

Cameroun : une microfinance de Camcull créée la panique à Kribi

Camccul L’espoir d’un retour à la normale pour les clients est très mince

Thu, 27 May 2021 Source: Le Messager

La structure dénommée, Caisse populaire coopérative des travailleurs d’Hévécam a fermé ses portes depuis 72 heures. Les responsables répondent aux abonnés absents alors que des milliers d’épargnants sont aux abois.

La réaction des pouvoirs publics reste attendue. C’est une autre affaire qui vient troubler le calme légendaire de la ville côtière de Kribi. La nouvelle de la fermeture de la Caisse populaire coopérative des travailleurs d’Hévécam se transmet de bouche à oreille, le sujet alimente toutes les conversations dans les chaumières et les réseaux sociaux. Au lieu-dit carrefour Kingue, les locaux de la microfinance situés au niveau supérieur d’un immeuble renseignent sur la situation qui prévaut. Pas l’ombre d’un employé ici depuis lundi. Les responsables ne donnent pas de nouvelles, « leurs téléphones ne passent plus », affirme une source. Sur place, entre le couloir et l’escalier qui donne à l’étage, le défilé des épargnants se poursuit inexorablement, au fur et à mesure qu’ils sont alertés. L. Mabah fait partie des milliers d’épargnants journaliers affiliés à la microfinance. Elle a couru ici dans l’espoir d’avoir quelques informations supplémentaires, après une brève conversation téléphonique avec la collectrice de fonds. « Je ne sais réellement pas ce qui se passe », dit-elle, avant de poursuivre que, « j’ai essayé de contacter celle qui passait dans ma boutique (collectrice de fonds ndlr). Elle m’a fait comprendre que tous ces derniers temps, c’était nase. Et vendredi dernier, on leur a demandé de ne pas travailler samedi. Elles devaient passer lundi pour une séance de travail. Malheureusement, lundi tout était fermé. »

Tout comme L. Mabah, d’autres clients attendent désespérément depuis lundi d’avoir des nouvelles rassurantes sur le sort réservé à leur épargne. Parmi eux, des associations qui avaient domicilié ici leurs comptes. Sous cape, l’une des victimes témoigne en ces mots : « je ne sais pas ce qu’on va faire maintenant. Notre association a son compte dans cette microfinance depuis 3 ans. Je ne sais pas si je vais endosser la responsabilité. » Le portefeuille client traverse un trou noir. Tout le monde cherche à savoir ce qui a pu conduire les responsables de la microfinance à mettre la clé sous le paillasson et à prendre la poudre d’escampette par la suite. L’établissement financier de 2e catégorie était pourtant installé dans la cité balnéaire depuis plus d’une décennie. Il est affilié à la Ligue des Caisses Populaires Coopératives du Cameroun (Camcull).

Spectre d’une banqueroute

L’espoir d’un retour à la normale pour les clients de la Caisse populaire coopérative des travailleurs d’Hévécam à Kribi est très mince. Le spectre d’une banqueroute se dessine. L’onde de choc a envahi le secteur de la microfinance. Les clients commencent à se bousculer dans les guichets pour retirer leur épargne ; même si, de ce côté, l’on tente de rassurer. « Ça n’a rien à voir avec notre gestion. Il n’est donc pas question pour nos épargnants de courir pour vider leurs comptes », précise le chef d’agence d’une microfinance concurrente abordé. Toujours est-il que dans la ville de Kribi, le cas actuel n’est pas un cas isolé. Les microfinances Capcol et Fiffa avaient déjà abusé de la confiance de leurs épargnants au courant de l’année 2012. Bien avant, en 2006, c’est Gbf qui disparaissait sans crier gare. Le remboursement des fonds reste attendu à ce jour. Tout comme la réaction des pouvoirs publics sur cette autre affaire d’épargne emportée par le vent en ces temps de vaches maigres.

Source: Le Messager

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.