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Corruption au Cameroun: les transports routiers mènent le peloton

Transports Routiers Corruption Camerounweb Les entreprises publiques ne sont pas en reste

Sat, 25 Sep 2021 Source: Mutations

Les marchés publics, les affaires foncières, etc., sont également parmi les plus touchés par ce phénomène qui a fait perdre plus de 11 milliards Fcfa à l’État en 2020.

Au Cameroun, aucun secteur ou presque n’échappe à la gangrène de la corruption, ceci, malgré la batterie d’instruments juridiques et les nombreuses structures mises en place pour l’extirper. Si la lutte contre ce fléau a été sérieusement handicapée par la pandémie du coronavirus en 2020, les gestionnaires indélicats de la fortune publique de leur côté n’ont pas observé la distanciation physique requise en cette période, au contraire.

« Le préjudice financier subi par l’État du Cameroun pour des affaires de corruption et les infractions assimilées d’après les rapports des investigations menées par la Conac et les décisions rendues par le Cdbf (Conseil de discipline budgétaire et financière, ndlr) et le Tes (Tribunal criminel spécial, ndlr) en 2020 est évalué au total de 17 611 274 184 Fcfa », a révélé le président de la Commission nationale anti-corruption, Dieudonné Massi Gams, lors de la présentation officielle du rapport sur l’état de la corruption au Cameroun en 2020.

La cérémonie s’est tenue hier jeudi, 23 septembre 2021 au Palais des congrès de Yaoundé, en présence d’élus, de quelques membres du gouvernement et du corps diplomatique. Dieudonné Massi Gams a même établi le classement des secteurs les plus corrompus du pays.

« Sur les 2 470 appels ayant un lien direct avec la corruption, 17% concernent le sous-secteur des transports routiers, qui de ce fait est le plus décrié. Il est suivi, dans l’ordre, par les affaires foncières (14,60%), les forces du maintien de l’ordre (13,60%), les finances (12,60%) et la justice (11,30%) ».

Globalement, « de l’exploitation des dénonciations reçues sur la ligne verte de la Conac, le 1517, il ressort que 12 675 appels ont été reçus en 2020, contre 17 350 en 2019, soit une baisse de 4 675 en valeur absolue et 26,94% en valeur relative ».

480 millions

D’après le rapport, les dénonciations ainsi enregistrées se rapportent aux domaines suivants : marchés publics (255 dénonciations), litige foncier (230 occurrences), détournement de fonds (170 occurrences), gestion des frais d’Apee et des ressources des établissements scolaires (110 occurrences), redevances forestières (110 occurrences), etc.

En réaction à ce fléau qui étrangle l’économie en particulier et la société en général, la Conac a mené un certain nombre d’activités de prévention, de communication, de formation, de coopération et d’investigation.

En matière de prévention par exemple, la Commission a mené des campagnes de sensibilisation et « élaboré un code d’éthique et œuvré à la redynamisation des clubs d’intégrité des universités d’État et d’une vingtaine d’instituts privés d’enseignement supérieur », mentionne Dieudonné Massi Gams.

Les investigations quant à elles, ont donné lieu à des actions par voie d’intervention rapide (Air) dans les structures mises en cause. En termes chiffrés, ces investigations menées par la Conac en 2020 ont coûté à l’État « 480 769 386 Fcfa ».

Ministères récalcitrants

Cependant, la lutte contre la corruption n’est pas la seule affaire de la Conac, d’où la contribution des administrations. Mais comment pourrait-on y arriver lorsque tout le monde ne collabore pas ? Sur ce point, les chiffres ne sont pas très encourageants : 65 contributions recensées en 2020, contre 98 l’année précédente. Pour la production de ce rapport, 25 départements ministériels ont envoyé leurs contributions, contre 31 en 2019.

Les ministères récalcitrants sont, entre autres, le ministère de l’Administration territoriale, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, le ministère du Cadastre et des Affaires foncières, le ministère de la Décentralisation et du Développement local, celui de l’Eau et de l’Énergie, celui des Postes et Télécommunications, celui de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable, le ministère des Enseignements secondaires et le ministère de l’Enseignement supérieur.

Les entreprises publiques ne sont pas en reste. Elles ont 17 à avoir fait parvenir leurs rapports, contre 27 l’an dernier. La société civile quant à elle, a décalé d’un pas avec huit contributions contre neuf en 2019

Source: Mutations