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Dette publique: l'ardoise s'alourdit

Louis Paul Motaze Bureau Camerounweb Paul Moatze, ministre des Finances

Fri, 20 Aug 2021 Source: Mutations

Entre le deuxième semestre 2020 et le premier semestre 2021, elle a augmenté de 309 milliards Fcfa.

309 milliards Fcfa. C’est le chiffre qui traduit la hausse de la dette publique camerounaise entre décembre 2020 et le premier semestre 2021. Le montant a été récemment rendu public par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). En six mois seulement, cette dette est passée de 10 378 milliards à 10 687 milliards Fcfa. Une progression qui se situe à 44 ,4 % du produit intérieur brut (PIB), selon la CAA. On note que le secteur public enregistre un montant de 91,5% de dette. Pendant ce temps, les autres entités publiques (Etablissements et entreprises) sont à 8,5%. Ce qui fait une hausse de 3, 8%, selon cette institution en charge de la gestion de l’ensemble des emprunts publics. Dans les détails, cette structure fait savoir que 70,9% constitue la dette extérieure et 29 ,1% celle intérieure.

La dette extérieure étant la plus importante, elle se situe au premier semestre de cette année 2021 à 6 922 milliards contre 6 736 milliards Fcfa en décembre 2020 ; environ 28 ,7% du PIB. A en croire la CAA, cette augmentation du volume de la dette au premier semestre 2021 s’explique par les remboursements du Port autonome de Douala (Pad) et de la Cameroon Télécommunications (CAMTEL), sans oublier les paiements partiels de la dette de la Société nationale de Raffinage (SONARA). Il y a quelque temps la CAA indiquait que la hausse de la dette publique camerounaise est aussi favorisée par les appuis budgétaires décaissés dans le cadre de facilité de crédit rapide accordée par le Fonds monétaire international (Fmi).

Ceci afin d’aider le pays à faire face aux effets du COVID-19 et à la prise en compte de nouvelles conventions de dette intérieure et des émissions plus prononcées des titres publics. Cette dette est encore loin du plafonnement de la CEMAC qui est de 70% du Pib. Cependant, l’on s’y approche car les intérêts se multiplient à une vitesse accélérée. D’où l’inquiétude de certains partenaires techniques et financiers comme la Banque africaine de développement (Bad), qui s’inquiétait déjà en mars dernier du niveau d’endettement du Cameroun. Selon elle, ce niveau d’endettement ne favorise pas le développement du pays.

Source: Mutations