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Douanes camerounaises : forte odeur de corruption autour du GPS Nexus plus

Edwin Fongod Nuvaga, DG Des Douanes Les transporteurs protestent contre l’indisponibilité de cet outil technologique

Mon, 5 Jul 2021 Source: L'Equation

Outil primordial du transport terrestre des marchandises sur le corridor Douala-Bangui, Douala-Ndjamena, la balise de géolocalisation GPS des douanes camerounaises est devenu objet de tension entre cette institution et les milliers de transporteurs Camerounais, Tchadiens et Centrafricains. Ces derniers ont saisi l'Organisation de la société civile OS Civile Droits de l'Homme ce 2 juillet 2021 aux fins de dénonciation d'acte de « corruption et arnaque autour de l'usage du GPS par la douane et la Société Nexus au Port de Douala ».

Les faits graves sont contenus dans une correspondance signée par Alhadji Mey Ali, le Président national de OS Civile Droits de l’Homme, et adressée au Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. « OS Civile Droits de l’Homme est très préoccupé de la situation de nature à compromettre un État de droit au Port autonome de Douala. En effet, il s’agit des manœuvres de corruption autour de l’usage du GPS qui est un instrument mis sur pied pour contrôler les mouvements des camions et leurs cargaisons tout au long du trajet effectué afin d’éviter tout transbordement durant leurs voyages. En principe cet instrument devait être profitable aux propriétaires des camions et les marchandises appartenant à leurs clients et surtout au gouvernement » mentionne la correspondance de ce 2 juillet 2021.

Les transporteurs du Cameroun, du Tchad et de la République centrafricaine protestent en effet contre l’indisponibilité de cet outil technologique institué par les douanes camerounaises depuis 2016, ainsi que le chemin de croix dressé pour son obtention : « les balises sont conçues expressément en nombre très insuffisant. Ce qui fait qu’il faut attendre les balises installées sur des camions qui arrivent à la frontière (Tchad ou Centrafrique), et c’est au retour à Douala qu’elles sont installées sur d’autres camions en attente. Ce dispositif douanier de géolocalisation porte d’énormes préjudices aux transporteurs, aux commerçants et aux sociétés », s’indigne Alhadji Mey Ali, au nom des transporteurs victimes.

D’après ces opérateurs économiques, de centaines de camions restent en attente du précieux sésame, parfois, jusqu’à deux semaines du fait de l’indisponibilité du GPS. Le manque à gagner se situe, toujours d’après eux, entre 5 et 6 millions de FCFA par mois pour le transporteur de fret appelé à effectuer au minimum 4 voyages dans les principaux corridors de l’hinterland.

Pis, lorsque le GPS sollicité est enfin disponible, «il faut corrompre le service le service concerné entre 50.000 ou 100.000 FCFA pour faire voyager rapidement ton camion », indique la correspondance adressée à Ferdinand Ngoh Ngoh. Sachant que le tarif officiel pour obtenir la pose d’un outil de géolocalisation Nexus est de 35.000 FCFA. « C’est un système chaotique pour le climat des affaires, une perte pour les entreprises et l’État. Ces dysfonctionnements et insuffisances liées au déploiement des GPS/ Douanes causent un faisceau de préjudices aux professionnels : le rallongement des délais de transport, les pertes économiques, l’insécurité des conducteurs et des cargaisons qu’ils transportent, la perte des contrats, la dégradation des marchandises etc.… », constatent le groupe de transporteurs.

Malgré plusieurs correspondances adressées préalablement aux ministères du commerce, des transports, du travail et de la sécurité sociale, « aucune solution n’a été trouvée, dans le but d’aplanir ces difficultés », ajoute le président de OS Civile Droits de l’Homme. D’où la saisine ce 2 juillet 2021, du Ministre d’État, Secrétaire général de la Présidence de la République, ampliée aux Ministères des finances, des transports, du commerce, la CONAC, la CNDHL, Douanes camerounaises, et au Chef secteur des douanes Littoral 3. « Compte tenu des dispositions de la déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme, elle prévoit que les défenseurs doivent être appuyés et protégés dans le cadre de leur activité (les articles 1,5,6,7,8,9,11,12 et 13). Et l’État a l’obligation d’appliquer et de respecter toutes ces dispositions (articles 2,9,12,14 et 15). Cependant, il est du devoir de chacun envers la communauté et au sein de celle-ci. Par conséquent, il est urgent d’interpeller les auteurs et complices de ce goulot d’étranglement et de corruption autour de cet usage du GPS et faciliter l’accès au document afin que les usagers vaquent librement à leur activité sinon nous craignons des risques éventuels de vagues de manifestations qui pourraient être dangereuses », prévient l’organisation de la société civile. À suivre.

Source: L'Equation