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Grand nord : des mains noires convoitent la bauxite de Minim-Martap Et Ngaoundal

Tue, 2 Nov 2021 Source: ABDOUL-KADIR AHMADOU

Dans une tribune, ABDOUL-KADIR AHMADOU appelles les populations du Grand-nord à la diligence face au projet d’exploitation de la bauxite de Minim-Martap Et Ngaoundal.

L’un des plus importants projets dans l'Adamaoua est en train de se développer sans les autochtones. Mais voilà les interrogations que pose le projet de bauxite minim martap et Ngaoundal - 2 milliards de tonnes :

1- il y a 25% de parts qui restent. A qui vont-elles être attribuées ? Il faut lutter pour que ça revienne au conseil régional de l'Adamaoua et aux communes de Martap et de Ngaoundal.

2- en termes de Ressources humaines, le top management doit compter 60% de locaux et 90% des autres employés. Il faudra veiller à ce que ça soit effectif.

3- lors de l'exploitation, il y aura beaucoup d'impacts négatifs, à savoir :

- la destruction de l'environnement, de la forêt et de la faune. Quelles sont les solutions préconisées ?

- les problèmes de santé avec toute la poussière qui sera soulevée et absorbée par les populations. Comment prévenir ces effets ?

- la rotation des véhicules avec le bruit que ça va occasionner aux environs du site et sur le trajet jusqu'à la gare. Comment vont-ils atténuer ces nuisances sonores ?

- la présence des transporteurs et du personnel sur le site va développer la prostitution et la consommation d'alcool et de drogues. C'est vont-ils prévenir la propagation des maladies comme les MST, le VIH et l'addiction au opiodes?

- le travail des enfants va engendrer la déscolarisation de nos enfants. Comment vont-ils faire pour remédier à ce phénomène ?

3- la Bauxite va être transférée à Kribi pour une 1ère transformation. Pourquoi ne pas faire cette transformation en aluminium dans la région et faire bénéficier nos enfants des emplois industriels ?

4- le chemin de faire actuel sera utilisé pour l'évacuation des minerais. Aujourd'hui même les trains déraillent souvent. Comment utiliser ces mêmes rails pour transporter 5 millions de tonnes par an. alors qu'actuellement il est difficile d'en transporter 1,5 million . Ne devrions-nous pas exiger la reconstruction de la ligne de chemin de fer pour aussi bénéficier de quelque chose du projet.

5- la fourniture d'énergie actuellement est insuffisante. Comment fournir un chantier comme celui-ci ?

6- y a t-il un partenariat pour la formation entre l'école de mine de Meiganga et Kaele avec le contractant?

En résumé ce sont les questions auxquelles nous devons nous poser et trouver des solutions acceptables avant de lancer cette exploitation.

Ils ont présenté aux populations des documents en anglais de 1000 pages pour consulter en 5 jours pour des populations quasi francophones. Ils n'ont pas invité les associations, les élites politiques et économiques, les jeunes à donner leur point de vue. Ils se sont contentés juste d'avoir des lettres de satisfecit de quelques élites administratives et chefs traditionnels.

ENSEMBLE TOUT EST POSSIBLE

Guibai Gatama

Source: ABDOUL-KADIR AHMADOU