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Hydroélectricité : ce qui bloque la construction du barrage de Bini à Warak

Barrage Bini 1 Ce projet doit pourtant permettre d’injecter 75 MW dans le réseau interconnecté Nord

Sun, 4 Jul 2021 Source: L'Economie

Ce projet doit pourtant permettre d’injecter 75 MW dans le réseau interconnecté Nord qui dessert les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua.

Les populations des régions de l’Extrême Nord, du Nord et de l’Adamaoua subissent des coupures fréquentes d’électricité qui se sont accentuées depuis octobre 2020. Lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale le 17 juin 2021, Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’eau et de l’énergie a expliqué que cette situation est due à la baisse de l’hydrologie observée au barrage hydroélectrique de Lagdo. C’est le principal ouvrage de production de l’énergie électrique du réseau interconnecté Nord appuyé par les centrales thermiques de Garoua-Djamboutou, Ngaoundéré, Maroua et Kousseri.

C’est face aux multiples problèmes d’accès des populations à l’électricité que le gouvernement a initié le Projet d’aménagement hydroélectrique de Bini à Warak, d’une puissance de 75 Mw, pour venir en appui au Barrage de Lagdo et combler le déficit de production de l’électricité dont les populations de la partie septentrionale du pays sont victimes actuellement. « Les travaux préparatoires, d’installation de chantier et d’ouverture des voies d’accès au site, réalisés par l’entreprise chinoise Sinohydro sont achevés depuis 2018, de même que les travaux d’excavation de la partie gauche de l’emprise de la digue gauche. Malheureusement, la poursuite des travaux est pour l’instant bloquée » a déclaré le ministre de l’Eau et de l’énergie (MINEE) devant les élus du peuple le 17 juin 2021.

Ce qui est fait problème

En effet, Gaston Eloundou Essomba a déclaré à l’Assemblée nationale que la reprise des travaux est conditionnée par le paiement à l’entreprise Sinohydro de l’avance de démarrage par le partenaire financier, la banque chinoise, Industrial and Commercial Bank of China (ICBC). « Celle-ci fait valoir le défaut de paiement de la part de l’Etat camerounais, s’agissant de la couverture de la prime d’assurances et autres frais de mise en vigueur du prêt, alors même que le gouvernement a déjà payé la rondelette somme de 20 milliards de FCFA pour lesdits frais. De multiples concertations ont eu lieu entre ICBC et le gouvernement à travers le MINEPAT, sans succès pour l’instant » précise Gaston Eloundou Essomba.

Appel à la diplomatie parlementaire

A l’occasion de la conférence interparlementaire Chine-Cameroun qui a eu lieu le 8 juin 2021, pour faire l’état de la coopération entre les institutions parlementaires des deux pays, le MINEE affirme avoir fait tenir une fiche technique à l’Auguste chambre. Elle faisait état apprend-t-on de la coopération entre la Chine et le Cameroun dans le sous- secteur eau et énergie. « J’appelais alors de manière particulière, l’attention des parlementaires camerounais sur le blocage lié au financement du projet Nini à Warak, afin qu’ils puissent faire un plaidoyer auprès de leurs homologues de la République populaire de Chine, dans le sens du règlement éventuel de cette affaire dans le cadre de la diplomatie parlementaire » affirme Gaston Eloundou Essomba.

Le barrage de Bini à Warak , qui s’étendra sur 82 KM2 avec un réservoir de 603 millions de m3, va permettre d’injecter 75 MW dans le réseau interconnecté Nord (RIN), qui dessert les régions de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Adamaoua. Pour financer ce projet, le gouvernement camerounais avait obtenu un prêt d’un montant de 182 milliards FCFA auprès d’international and Commercial Bank of China. La construction et l’exploitation de cet aménagement ont été confiées à l’entreprise Sinohydro, une filiale de la société Power China International.

Source: L'Economie