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Business News Thu, 9 Jul 2020

La Bad annonce de sombres perspectives pour l'économie camerounaise

Le récent rapport de la Banque africaine de développement démontre comment les pays africains vont affronter des jours difficiles, comme sur les envois de la diaspora en direction du continent, du fait des ravages de coronavirus à travers le monde.

La pandémie du Covid-19 qui a paralysé le monde entier depuis sa survenance affecte sérieusement le continent africain. Même si l’hécatombe annoncée par l’Organisation mondiale de la santé ne se produit pas comme prévu sur le continent, il y a que sur le plan économique, l’Afrique connaît un sérieux dommage. Des dommages qui affectent l’ensemble de son tissu économique, qui freine son développement par conséquence son produit intérieur brut. Sur le plan économique, le continent se porte de plus en plus mal et les perspectives sont plutôt sombres sur le continent.

Les envois de fonds qui est la première source de financement extérieur, enregistrant une hausse de 7 % par rapport à 2017 pour s’établir à 82,8 milliards d’USD en 20’18, puis à 86,2 milliards d’USD en 2019 grâce à une reprise de la croissance économique mondiale et à une augmentation des migrations, les envois de fonds de la diaspora et les investissements directs étrangers pourraient chuter. La fermeture des frontières et le confinement selon la Bad y ont contribué à grande échelle.

Surtout qu’en Europe et partout ailleurs, les activités sont au ralenti et la diaspora africaine n’est plus en mesure de faire parvenir autant de fonds en Afrique comme c’était le cas avant la pandémie. Ces fonds selon la Bad, sont assez importants pour l’économie africaine.

«Devenus une source majeure de financement étranger pour de nombreuses économies africaines, ces envois représentaient plus de 10 % du PIB du Cap-Vert, des Comores, de la Gambie, du Lesotho, du Liberia et du Sénégal. Avec* l’apparition de la Covid-19, ces pays sont devenus extrêmement vulnérables aux chocs sur les envois de fonds de la diaspora causés, en particulier ceux provenant d’économies a revenu élevé où les emplois et les revenus des migrants sont menacés.

L’investissement direct étranger dont la croissance s’est accélérée à 10,9 % en 2018 pour atteindre 45,9 milliards d’USD, et en 2019, environ 49 milliards d’USD, devrait également baisser en 2020, avec la réduction ou le report des investissements par les investisseurs en raison des incertitudes. L’aide publique au développement, qui a connu une augmentation significative depuis 2016 (1,2 % en 2018), pourrait être affectée par l’impact de la crise sur les économies avancées.

Et les flux de portefeuille, qui ont diminué depuis 2017 et se chiffraient à 27,1 milliards d’USD en 2019 pour l’Afrique, subissent de fortes pressions avec l’arrêt soudain des apports de capitaux des marchés émergents ; les prévisions prédisent une baisse de plus de 50 % de ces flux en 2020. causée par l’impact de la COVID-19 sur la croissance mondiale et une aversion au risque grandissante des investisseurs.»

Pauvreté croissante

Le rapport de la Bad parle également de l’augmentation. de là pauvreté en Afrique. Selon ce rapport, entre 28,2 et 49,2 millions d’Africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté.

Dans le scénario sans La pandémie, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté en Afrique (en référence au seuil de pauvreté international de 1,90 $) aurait atteint 425,2 millions en 2020. Cependant, avec la COVID-19, ce chiffre pourrait atteindre 453,4 millions dans te scénario de base et 462,7 millions dans le scénario pessimiste.

En 2021, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté pourrait croître entre 34 et 49,2 millions en raison de la pandémie et de la chute du PIB en dessous des taux de croissance démographique. Pour l’année 2020, le Nigeria et, la République démocratique du Congo, deux des pays les plus peuplés d’Afrique, enregistreraient les plus fortes augmentations — 8,5 et 2,7 millions respectivement dans le scénario de base, et 11,5 et 3,4 millions dans le scénario pessimiste.

Quelque 25 à 30 millions d’emplois pourraient être perdus

Selon les hypothèses enregistrées avant la COVID-19, quelque 773,4 millions d’Africains avaient un emploi en 2019, et les projections pour 2020 se chiffraient à 7,92,7 millions. Dans un scénario de base de contraction du PIB de 1,7 %, 24,6 millions d’emplois pourraient être perdus en 2020. Dans le scénario pessimiste, une baisse de 3,4 % du PIB pourrait entraîner une perte de 30 millions d’emplois. Les travailleurs pauvres, qui représentent près de la moitié des salariés, seront les plus affectés.

La crise pourrait également affecter la nature des emplois préservés, car les salaires et tes heures de travail des employés du secteur formel pourraient être revu à la baisse, tandis que le nombre de travailleurs reconvertis dans l’informel comme stratégie de survie et de maintien des revenus pendant le confinement et autres restrictions pourrait augmenter.

Maintenue à 3.4% en 2019, l’accroissement du produit intérieur brut en Afrique était plutôt prometteur. Les perspectives économiques de la Banque africaine de développement entrevoyaient d’ailleurs une croissance de l’ordre de 0.7% sur te continent. D’après cette estimation basée sur le comportement économique de tous les pays africains, on prévoyait une croissance du Pib africain’ de l’ordre de 3.9% en 2020 et de l’ordre de 4.1% en 2021.

Si ces chiffres étaient flatteurs, la Banque africaine de développement faisait cependant des propositions pour améliorer substantiellement cette croissance. Et pour y parvenir, il fallait investir davantage dans deux secteurs; l’éducation et l’agriculture. Il fallait certainement former la main d’œuvre africaine.

Cependant, ces prévisions pourtant optimistes de la Banque africaine de développement de janvier 2020 viennent d’être battue en brèche par le dernier rapport de cette institution internationale.

Rendu public ce 7 juillet 2020, ce rapport qui ressort les affres du covid-19 sur le continent, démontre à suffisance que cette pandémie est venue fausser tous les chiffres avancés hier. La pandémie a infecté sérieusement l’économie africaine et réduit de manière drastique tous les efforts consentis dans tous les secteurs d’activités. :

«Le produit intérieur brut (PIB) du continent a connu une perte de l’ordre de 145,5 milliards d’USD (scénario de base) et 189,7 milliards d’USD (scénario pessimiste), sur les 2 590 milliards d’USD du PIB projeté en 2020 avant l’apparition de la COVID-19. Une partie de ces pertes pourraient se poursuivre en 2021, dans la mesure où la reprise attendue ne serait que partielle. Ainsi, les pertes du PIB prévues en 2021 pourraient se chiffrer entre 27,6 milliards d’USD (scénario de base) et 47 milliards d’USD (scénario pessimiste), par rapport aux prévisions PIB de 2 760 milliards d’USD dans un contexte non marqué par la pandémie », précise le rapport de la Banque africaine de développement.

D’après ce rapport qui rappelle que tes économies les plus affectées sont celles dont le système de santé est fragile, les secteurs d’activités qui ont sérieusement été affectés par la pandémie, celles du tourisme, du commerce international et de l’exportation des denrées, mais aussi celles qui sont lourdement endettées et dont l’économie repose en grande partie sur des apports financiers internationaux devenus volatiles.

«L’impact global de la pandémie sur les résultats socioéconomiques reste cependant incertain. Il va dépendre de l’épidémiologie du virus, de la gravité de ses impacts sur l’offre et la demande, de l’efficacité des réponses au niveau des politiques publiques et de la persistance des changements de comportement», ajoute ce rapport qui inquiète et qui recommande des décisions courageuses et audacieuses des gouvernements pour redresser l’économie en chute libre.

De manière générale, sur le plan de la performance économique, le rapport annonce des perspectives sombres pour l’Afrique. Puisque te Pib réel en raison du Covid-19 devrait subir une chute drastique .Celui-ci devrait se contracter de 1,7 % en 2020, soit une baisse de 5,6 points de pourcentage par rapport aux projections de janvier 2020 qui précédaient l’apparition de la COVID-19, en supposant que l’impact de la pandémie sera substantiel mais de courte durée. Si la pandémie se poursuit au-delà du premier semestre de 2020, la contraction du PIB en 2020 sera beaucoup plus marquée, de l’ordre de 3,4 %, soit une baisse de 7,3 points de pourcentage par rapport à la croissance projetée avant la pandémie de la COVID-19.

Inflation

Selon la Bad, la pandémie du corona virus a créé une soudaine inflation sur le continent. Cette inflation dans certains cas, dépassait 5 % au. premier trimestre de 2020. Cette accélération d’après la Bad découle principalement des perturbations dans l’approvisionnement en ressources alimentaires et énergétiques, qui sont pour la plupart importées. Mais pour de nombreux autres pays, la chute brutale de la demande agrégée en raison du confinement et des autres mesures restrictives a facilité les pressions inflationnistes, surtout pour les économies à faible intensité en ressources.

De façon ‘générale, en dépit de la probable augmentation de l’inflation globale, qui concerne les prix des produits alimentaires et de l’énergie de base, l’inflation sous-jacente pourrait se stabiliser jusqu’au retour de la demande une fois la pandémie sous contrôle.

Source: Actu Cameroun

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