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Business News Thu, 12 Mar 2020

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Le Coronavirus fait des victimes à Douala

Devant leurs stocks qui s’épuisent, des opérateurs économiques à Douala s’inquiètent. Leurs fournisseurs en chine sont en stand-by depuis la détection, fin janvier, du premier cas de Covid-19 au pays de Mao.

Lamine est inquiet. Son stock de marchandise s’épuise peu à peu. Ce commerçant de bijoux au marché Congo de Douala s’approvisionne en Chine. Depuis la détection du premier cas de Coronavirus en Chine, il n’a plus passé de commandes. Et pour cause, ses fournisseurs dans ce pays ont cessé les activités.

Pour Lazare qui fait dans la vente de vêtements au marché central de Douala, la situation est tout aussi compliquée. « J’ai effectué mon dernier voyage en Chine en décembre 2019. J’étais sensé y retourner en février, mais je suis bloquée sur place. On a essayé de contacter quelques fournisseurs, mais personne n’a encore ouvert boutique», raconte Lazare.

Manque à gagner énorme

Au marché chinois à Akwa, c’est la consternation. Le secteur est occupé à hauteur de 60 % au moins par les Chinois. L’activité commerciale tourne au ralenti. « D’ordinaire, on a 60 jours pour attendre d’être livré après embarquement de la marchandise. Donc, ce mois de mars, on devrait déjà commencer à avoir des arrivages mais ce n’est pas le cas.

A cause du virus ravageur, nous n’avons pas pu passer de commandes», s’indigne Maxime Nzoupet, vice-président du marché chinois. Il précise que si la situation perdure, on va vivre une grave pénurie dans le pays notamment en ce qui concerne les chaussures en plastiques.

« Pour être livré en saison de pluies, il faut commander dès à présent. Or, rien ne fonctionne », craint-il. Selon certaines sources, les activités vont reprendre à partir du 16 mars prochain. Nzoupet estime à propos qu’il n’y a aucune certitude.

Lazare, lui, affiche un optimisme mesuré. Il dit être en contact permanent avec les fournisseurs qui promettent de reprendre les activités dans les jours à venir. Mais à son avis, ce ne sont que des promesses : « si les Chinois disent qu’ils ont repris les activités, ce n’est pas évident d’y retourner tout de suite. Je ne pense pas m’y rendre de sitôt. J’attends de voir les autres partir et revenir avant de me décider… Je projette le faire dans deux mois au moins». Les fournisseurs de Lamine quant à lui, l’auraient rassuré de la disponibilité de la marchandise d’ici deux semaines ».

En attendant que la situation se normalise, c’est le deuil dans la filière des importations des produits chinois. Lazare se souvient qu’il n’y a pas longtemps « des clients venaient d’Europe pour se ravitailler chez nous. C’est toute une chaine qui est paralysée ». D’après lui, à partir du moment où il n’y a pas arrivage, on perd la clientèle qui est en quête perpétuelle de nouveauté. Conséquence, le bilan journalier est nul. Il faut donc puiser dans le capital pour gérer les banques et autres associations de conservation de l’épargne.

Flambée des prix

D’après Maxime Nzoupet, bientôt, les consommateurs vont commencer à payer les frais de la propagation de ce virus dans le monde. « Ceux qui ont la marchandise stockée prient pour que la maladie dure le plus longtemps possible afin qu’ils fassent de la surenchère. Il y a des augmentations sur les sacs de chaussures de 100 paires par exemple. Du coup, une paire de 1000 FCFA est passée à 1 100 FCFA ».

Une augmentation du reste non négligeable, car si la situation perdure, on peut se retrouver avec beaucoup plus que ça. D’après les explications de Lazare, du côté du marché central, l’inflation n’a pas prospéré. « Nous maintenons les mêmes prix. Nous avons essayé au début, mais ce n’est pas évident. Nous étions obligé d’abandonner », se souvient Lazare.

L’heure n’est pas encore au bilan. « Chacun va chiffrer les pertes en fonction de son investissement. Les gens comme nous avons besoin d’acheter pour revendre. Ce n’est qu’en fin d’année qu’on peut faire un bilan. Maintenant, c’est impossible. Je pense que beaucoup verront que leur activité a pris un sacré coup », regrette Lazare. Toutefois, il faut rappeler que la Chine est le premier partenaire économique du Cameroun. En hausse de 1-15 % en 2018, les importations provenant de la Chine, ont creusé le déficit commercial du Cameroun de 345 milliards de FCFA.

Les compagnies aériennes en paient les frais

Durant ces deux derniers mois, les agences de voyage qui commercialisent les billets d’avions ne vendent plus. Victor Eyango, responsable d’une agence soutient que « la période difficile, le chiffre d’affaire dégringole. Nous sommes une petite agence de voyage. Par mois, nous vendons une quinzaine de billets d’avion pour la Chine. Depuis là, plus rien. Nous espérons que cette épidémie sera maitrisée à temps ».

Depuis que le premier cas de Coronavirus a été détecté en Chine, seule la compagnie Ethiopian Airlines pratiquait cette ligne. Elle y effectuait deux voyages par semaine. Aujourd’hui, le trafic a repris. Ethiopian ainsi que et Rwandair font la ligne tous les jours.

Source: actucameroun.com

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