0
Business News Wed, 30 Jun 2021

Les entreprises françaises en chute libre au Cameroun depuis près de 30 ans

En 30 ans, elles ont perdu près de 30% des parts de marchés.

Ceci à cause de l’offense des entreprises chinoises.

L’ambassadeur de France au Cameroun l’a reconnu devant les étudiants de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun.

L’affaire du terminal à conteneurs du port de Douala, dans la capitale économique camerounaise dont la gestion a été retirée au consortium franco-danois Bolloré-Maersk joue encore les prolongations devant les juridictions. Mais son retrait a déjà fortement fragilisé les intérêts français au Cameroun. Car la perte de la concession du terminal à conteneurs du port de Douala était l’une des plus grandes du groupe Bolloré dans le golfe de Guinée. Avant cette grosse perte, les entreprises françaises au Cameroun avaient déjà subi d’autres pertes. S’exprimant le 24 juin 2021 devant les étudiants de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), dans le cadre d’un concept baptisé « Forum diplomatique », l’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou (photo), a regretté que « la part de marché des entreprises françaises au Cameroun est passée de 40% dans les années 1990 à 10% aujourd’hui ».

L’offensive chinoise

Selon plusieurs observateurs, ce recul des entreprises françaises sur le marché camerounais s’explique par l’offensive chinoise. « Entre 2000 et 2014, le Cameroun a capté 2750 milliards de FCFA d’investissements directs étrangers (IDE), dont 1850 milliards de FCFA provenant de la Chine. Ce qui représente environ 67% des IDE entrant au Cameroun (…) Les autres IDE provenaient des pays tels que la France, les États-Unis, le Nigéria », indique un document de la présidence de la République, qui cite les données de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).

En effet, depuis les années 2000, l’Empire du Milieu rafle pratiquement tous les contrats d’infrastructures au Cameroun. Cette prédominance s’est décuplée en 2012, à la faveur du lancement des projets structurants de première génération (ponts, routes, barrages, etc.). Tractées par Eximbank China, la banque publique chinoise, dont les financements sont liés (chaque prêt-projet est accompagné du nom de l’entreprise devant exécuter le contrat), les entreprises chinoises sont toujours en pole position. Il s’agit principalement de CCCC, CWE, CHEC, Sinohydro… dans les infrastructures ; Huawei et ZTE dans les télécoms…

En matière d’importations, la Chine est encore le principal fournisseur du Cameroun en 2018 avec 18,5% des livraisons contre 8,3% pour la France, 5,6% pour le Nigeria et 4,8% pour les Pays-Bas, révèlent les données de l’INS.

Au plan commercial, la situation n’est guère plus reluisante pour les partenaires français. Destination de 23,9% des exportations, l’Empire du Milieu est le principal client du Cameroun en 2018, selon l’Institut national de la statistique (INS). La Chine est suivie de l’Italie (14,7%), les Pays-Bas (6,4%) et la France est au 4e rang avec 6,3%.
Source: www.camerounweb.com