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Opacité: la délinquance financière du régime Biya encore mise à nu par un classement

Biya Paul IMG Paul Biya

Tue, 24 May 2022 Source: INTÉGRATION N°508

Dans ce dernier classement de Tax Justice Network, le pays est 81ème sur 141 juridictions. Le Cradec et TJNA plaident pour une plus grande implication des parlementaires à travers un Caucus camerounais, afin d’en sortir définitivement.

À l’initiative du Centre régional africain pour le développement endogène et communautaire (Cradec) et de Tax Justice Network Africa (TJNA), un atelier de renforcement des capacités des parlementaires, Organisations de la société civile (OSC) et des médias se tient du 25 au 27 mai prochain à Kribi. Les travaux s’ouvrent au moment où Tax Justice Nework (TJN) vient de livrer le secret de l’édition 2022 du Financial secrecy Index (FSI, Indice d’opacité financière). Il s’agit «d’un classement et d’une présentation panoramique des pays en fonction de leur degré de responsabilité quant aux possibilités de pouvoir effectuer des transactions financières opaques dans le monde», indique Idriss Linge. Et le Cameroun occupe dans cette édition le 81ème rang sur 141 juridictions évaluées. Avec une valeur de FSI à 140, un score d’opacité de 70 sur 100, un poids à l’échelle globale de 0,01% et une part de FSI de 0,41%, il est le 11 pays africain parmi les mal classés. Il est devancé respectivement par l’Angola, Algérie, Libéria, Kenya, Nigéria, Afrique du Sud, Île Maurice, Egypte, Ghana et le Maroc. Le Cameroun gagne toutefois 28 places dans ce classement. En 2020, il était en effet à la 53ème place avec une valeur de FSI de 229,2. Les ÉtatsUnis d’Amérique se retrouvent cette année encore dans le haut du classement.



Caucus des parlementaires

Cette performance du Cameroun au cours des deux dernières années, n’élimine pas la préoccupation parmi tant d’autres, de l’entrée en scène du Caucus des parlementaires camerounais. Cet organe est destiné à prendre pleinement sa place au sein du Réseau des parlementaires panafricains sur les Flux financiers illicites (FFI) et la fiscalité. Il permettrait ainsi d’apporter une réponse concrète au constat selon lequel «il y a inexistence au Cameroun d’une institution en charge spécifiquement de la lutte contre les FFI». Une étude produite en septembre 2020 pour le compte du Cradec confirme que «c’est un des gros défis du Cameroun qui compte certes plusieurs institutions de contrôle. Mais les différents efforts ne font pas l’objet d’une coordination nationale orientée vers la détection des FFI». Sur ce terrain, la RDC a déjà avancé ses pions. Des députés ont mis en place le 27 août 2021, un Caucus parlementaire congolais.

Justice fiscale

Quand on sait que l’Afrique perd 88,6 milliards de dollars par an et que le Cameroun en perd 140 millions chaque année (78 milliards FCFA), on comprend mieux l’urgence d’une plus grande implication des législateurs, mais pas seulement. Telle que souhaitée par le Cradec et TJNA, l’idée est de parvenir en bout de processus à une meilleure justice fiscale dans notre pays pour le bien et le bien-être des populations. Un objectif essentiel qui repose sur les 4R. À savoir «représentation, retarification, la collecte des revenus et la redistribution», aime à le rappeler Idriss Linge du Réseau pour la Justice fiscale (TJN)

Source: INTÉGRATION N°508