Le chiffre met en lumière une industrie souvent dispersée entre débarcadères, fumoirs et petites unités. Améliorer la chaîne du froid et la qualité peut transformer davantage sans épuiser la ressource.
La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique estime à environ 573,4 milliards de FCFA la valeur ajoutée de la transformation des produits de la pêche au Cameroun. Le secteur soutiendrait près de 180 000 emplois, souvent féminins et informels, répartis entre capture, fumage, séchage, transport et vente.
Cette valeur ne signifie pas que toute la filière est modernisée. Une grande partie de la transformation repose sur des équipements artisanaux, une chaîne du froid incomplète et un accès irrégulier à l’énergie.
Les pertes de qualité réduisent les marges et peuvent poser des risques sanitaires. Des fumoirs améliorés, de la glace, des emballages et des contrôles accessibles peuvent augmenter la valeur sans exiger une hausse excessive des captures.
La croissance doit rester compatible avec l’état des stocks halieutiques et la lutte contre la pêche illégale. L’aquaculture, la traçabilité et les coopératives peuvent stabiliser l’approvisionnement.
Le chiffre de 573 milliards donne enfin une visibilité économique à des milliers de travailleuses ; il doit maintenant guider des investissements qui améliorent leurs revenus, leurs conditions de travail et l’accès aux marchés.