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Sérail: les vraies raisons du limogeage du DG de Camair-Co

Fri, 8 Jan 2021 Source: investiraucameroun.com

Le 7 janvier 2021, au terme d’un conseil d’administration extraordinaire, Jean-Christophe Ela Nguema a été nommé au poste de directeur général de Camair Co, la compagnie aérienne publique camerounaise. 7è DG de cette entreprise publique, en l’espace de 10 ans, le nouveau promu remplace à ce poste Louis Georges Njipendi Kouotou, nommé DG de Camair Co le 27 mai 2019, après avoir occupé le poste de PCA de la même entreprise à partir du 24 avril 2017.

Mais, la particularité du nouveau DG de Camair Co est qu’il est un officier supérieur de l’armée camerounaise. Diplômé de l’école royale de l’air de Marrakech, au Maroc, Jean-Christophe Ela Nguema est un colonel de l’armée de l’air, qui était jusqu’à sa nomination en service au service des déplacements présidentiels de l’Etat-Major particulier de la présidence de la République. Il devient ainsi le tout premier militaire à occuper un poste de DG d’entreprise publique au Cameroun.

Dans le même temps, Jean Ernest Ngallé Bibéhé Massena, le ministre des Transports, a cédé son poste de PCA de Camair Co à Jean-Claude Ayem Moger, un universitaire qui occupe depuis quelques années le poste de conseiller technique au secrétariat général de la présidence de la République. Le poste de DGA de la compagnie aérienne publique camerounaise, quant à lui, échoit désormais à Alexandre Fochivé, pilote au sein de ladite entreprise.

Ce remplacement de tous les membres des organes dirigeants de Camair Co intervient après une longue période de recherche des profils à même de sortir la compagnie aérienne de la zone de turbulence, dans laquelle elle se trouve depuis le lancement de ses activités en 2011.

En effet, depuis juin 2020, la présidence de la République a discrètement initié des consultations auprès de certains hauts cadres de l’administration publique et des sociétés d’Etat. De bonnes sources, au moins trois personnalités ont décliné cette offre, parmi lesquelles Charles Tawamba, qui a été administrateur provisoire de la Campost, l’entreprise postale publique que ce douanier retraité réputé rigoureux a contribué à remettre sur les rails.

Privatisation

Le renouvellement du top management de Camair Co survient surtout dans un contexte marqué par un climat social pas des plus sereins au sein de l’entreprise. D’abord, l’ancien DG, en rapport avec les instructions relatives à la restructuration de la compagnie, s’apprêtait à licencier 130 employés pour motif économique. Ensuite, les personnels de la compagnie affichent des arriérés de salaires. Enfin, l’arrivée des nouveaux dirigeants coïncide avec la fin du contrat de location du Boeing 737 avec un équipage ukrainien, unique avion que l’entreprise exploitait jusqu’ici. Cet aéronef, arrivé à Douala fin septembre 2020 pour une période de trois mois, a notamment permis à Camair Co de reprendre son exploitation le 18 octobre 2020, après huit mois de suspension des activités.

Logiquement donc, au-delà de la rationalisation des effectifs prescrite par la présidence de la République, le premier challenge des nouveaux dirigeants de la compagnie devrait être le maintien de l’exploitation de Camair Co, avec notamment la remise en selle de sa propre flotte. En effet, dans une correspondance adressée au Premier ministre le 14 juillet 2020, le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, révèle le déblocage d’une allocation financière de 15 milliards de FCFA, destinée à redorer le blason de la flotte de la compagnie.

Selon les termes de la lettre sus-mentionnée, cette énième perfusion de l’Etat en faveur de la compagnie aérienne publique devait servir à «?l’envoi en maintenance de l’un des Boeing 737-700 NG (de la compagnie, NDLR)?; l’acquisition de deux aéronefs Dash Bombardier Q400, mieux adaptés aux lignes de courte distance?; et la location de deux moteurs susceptibles de permettre la remise en vol du deuxième Boeing 737-700 NG?» de Camair Co.

Le second challenge de la nouvelle équipe sera la restructuration, la rentabilisation puis la privatisation de cette société à capitaux publics, qui survit jusqu’à nos jours grâce aux perfusions financières de l’Etat, son unique actionnaire ; accumule des pertes chaque année (plus de 100 milliards de FCFA rendu au premier trimestre 2020) et croule sous le poids d’une dette estimée à plus de 110 milliards de FCFA.

Source: investiraucameroun.com

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