L’apurement de ces dettes devra s’accompagner d’une amélioration des recettes
Selon le rapport annuel 2025 de Globeleq, près de 105,8 milliards de FCFA de ces impayés avaient plus de 90 jours de retard, principalement liés aux centrales de Kribi et de Dibamba.
Les sommes dues au groupe producteur d’électricité ont augmenté de près de 38 % en un an. Un héritage financier qui complique le redressement du distributeur camerounais, devenu Socadel en mai 2026.
La reprise en main publique de l’ancien Eneo n’a pas effacé ses obligations financières. Au 31 décembre 2025, les créances de Globeleq sur le distributeur camerounais atteignaient 251,6 millions de dollars, soit environ 146,9 milliards de FCFA, contre 182,5 millions de dollars un an auparavant. Ces chiffres proviennent du rapport annuel 2025 de Globeleq Africa Holdings, déposé le 20 octobre 2026 au registre britannique des entreprises.
Le sens de la dette est essentiel : c’est l’ancien Eneo qui doit ces sommes à Globeleq, et non l’inverse. Il s’agit d’un encours constaté avant la transformation de l’entreprise en Socadel, pas d’une dette nouvellement constituée sous sa dénomination actuelle.
En douze mois, les montants dus ont progressé de 69,1 millions de dollars, soit 37,9 %. En appliquant le même taux de conversion indicatif, cette augmentation représente environ 40,4 milliards de FCFA.
Les créances concernent deux installations : Kribi, avec 201,4 millions de dollars, et Dibamba, avec 50,2 millions. Plus préoccupant encore, 181,2 millions de dollars, environ 105,8 milliards de FCFA, étaient impayés depuis plus de 90 jours. Cela représente près de 72 % du total.
Cette accumulation fragilise toute la chaîne électrique. Un producteur qui attend ses paiements doit néanmoins financer ses charges, entretenir ses équipements et assurer ses engagements. Des difficultés prolongées peuvent ainsi affecter sa capacité à produire, puis la disponibilité de l’électricité pour les ménages et les entreprises.
Le changement d’actionnariat place désormais l’État face à une double exigence : soutenir la continuité du service et rétablir l’équilibre financier du distributeur. Ces 146,9 milliards ne constituent toutefois pas automatiquement une dépense budgétaire immédiate de même montant : la charge éventuelle pour le Trésor dépend des garanties, des conventions et des modalités de règlement.
Pour Socadel, l’apurement des anciennes factures doit également être concilié avec l’entretien du réseau et les investissements. Sans amélioration durable des encaissements et maîtrise des dépenses, un règlement ponctuel pourrait seulement repousser l’accumulation de nouveaux impayés.
Boris Bertolt