Safaris de luxe : Graves révélations sur la Rothshild au Cameroun

Baron Benjamin Rothschild Ariane Rothschild Au cœur des interrogations figurent trois Zones d’intérêt cynégétique (ZIC)

Sat, 12 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Des voix s’élèvent au Cameroun pour dénoncer l’exploitation de 407 438 hectares de concessions de chasse au Cameroun, liées à des intérêts privés de la famille Rothschild. Ils s’interrogent sur les retombées financières pour l’État et les communautés riveraines, ainsi que sur la rentabilité réelle de ces vastes concessions et les conditions de leur attribution.

407 000 HECTARES SOUS CONCESSION, LE BUSINESS TRÈS LUCRATIF DES SAFARIS DE LUXE DE LA FAMILLE ROTHSHILD AU CAMEROUN

Au Cameroun, l’exploitation privée de vastes zones de chasse soulève une question centrale : combien l’État et les populations riveraines tirent-ils réellement de territoires représentant plusieurs centaines de milliers d’hectares ? Au cœur des interrogations figurent trois Zones d’intérêt cynégétique (ZIC) attribuées à des intérêts privés présentés comme liés à la famille Rothschild : Faro Ouest, Loupoundji et Monguélé.

Les superficies en jeu sont considérables. La ZIC 16 de Faro Ouest couvre environ 164 000 hectares, la ZIC 29 de Loupoundji 167 574 hectares et la ZIC 30 de Monguélé 75 864 hectares. Additionnées, elles représentent 407 438 hectares, soit environ 4 074 km².

Autrement dit, un territoire immense placé sous régime de concession et exploité notamment à travers des activités de chasse et de safari.

65 000 EUROS POUR UN SAFARI DE LUXE

C’est la comparaison entre la valeur commerciale de ces activités et les sommes historiquement perçues par l’État qui interpelle.

Un séjour de safari haut de gamme peut être commercialisé à plus de 65 000 euros, soit environ 42,6 millions de FCFA, pour deux semaines. Les montants varient naturellement selon les prestations, la durée et les espèces concernées.

Mais si l’on applique aux quelque 407 000 hectares évoqués le niveau historique de taxe d’affermage de 80 FCFA par hectare et par an, on obtient seulement 32,56 millions de FCFA par an.

La comparaison est spectaculaire : un seul séjour facturé 65 000 euros représente environ 10 millions de FCFA de plus que 32,56 millions, soit près de 131 % de ce montant annuel.

Cela ne signifie toutefois pas que 32,56 millions de FCFA représentent l’intégralité des recettes publiques générées par ces activités : d’autres taxes, droits et prélèvements peuvent intervenir. Mais la comparaison met en lumière la faiblesse du tarif d’affermage historique rapporté à la valeur économique potentielle de territoires aussi vastes.

4 000 KM² : QUELLE CONTREPARTIE POUR LE CAMEROUN ?

L’enjeu dépasse donc la seule question des safaris.

Ces concessions portent sur des territoires abritant des ressources naturelles et une biodiversité importantes. Leur gestion peut également avoir des conséquences directes pour les populations riveraines, notamment concernant l’accès aux espaces traditionnellement utilisés pour la chasse, la pêche, la cueillette, l’agriculture ou les déplacements.

Dès lors, plusieurs questions méritent des réponses documentées : quelles sociétés détiennent aujourd’hui exactement les droits sur chacune de ces ZIC ? Pour quelles durées ? À quelles conditions financières ? Quels montants ont réellement été versés à l’État camerounais au cours des dernières années ? Quelle part des revenus revient aux collectivités et communautés riveraines ? Et surtout : quelle est la rentabilité réelle de ces concessions pour leurs exploitants ?

Source: www.camerounweb.com