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Téléphonie: comment MTN et Orange mettent en mal les 'petits consommateurs'

Tue, 16 Feb 2021 Source: Actu Cameroun

La baisse du pourcentage des ventes de crédits de communication depuis la fin du mois de novembre 2020, a poussé les call-boxeurs à pénaliser leurs clients.

Les 'call-boxeurs', reconnus pour les multiples services rendus à leurs clients (appels, transferts d’argent ou de crédits), broient du noir, ce depuis quelques années au Cameroun. En effet, depuis la fin de l’année 2020, ces commerçants-de services de la téléphonie mobile peinent à joindre les deux bouts à cause de la baisse du pourcentage du bénéfice prélevé sur les transferts de crédit de communication. 'Mtn et Orange veulent vraiment nous exploiter', peste Jacob.

Cette situation très peu réjouissante est fortement décriée par ces 'call-boxeurs' qui voient ainsi ponctionnées gravement leurs recettes journalières. 'Je n’arrive vraiment pas à joindre les deux bouts depuis le mois de décembre 2020. J’ai réalisé que je perdais après les versements et, J’avais même parfois des manquants', s’offusque Calvin M. Selon des sources généralement bien informées, 'Mtn et Orange prétextent avoir reçu plus d’impôts à payer'.

Est-ce donc un moyen pour compenser la taxe de 33% ? D’après le constat fait par ses revendeurs de crédits, « Cette baisse date d’avant même le vote des budgets souvent adoptés mi- Novembre. » Une décision unilatérale, ce d’autant plus que les call-boxeurs disent n’avoir jamais été consultés avant l’entrée en vigueur de cette décision. Ils pouvaient compenser le gap autrement puisque récoltant des bénéfices juteux depuis des lustres.

'Nous ne comprenons pas pourquoi Mtn et Orange ont pris une décision unilatérale, sans nous avoir consultés alors même que c’est nous qui les rendons riche. Comment pouvez-vous admettre qu’un call boxeur qui gagnait 500 Fcfa de bénéfice sur 10 000 francs, gagne aujourd’hui moins, avec tous les risques que ce travail présente ?'

Avec cette perte qui pourrait être évaluée à 20%, les revendeurs de crédits situés dans l’arrière pays sont les plus touchés, compte tenu de la petite densité des populations dans ces endroits. Pour Gabhu, revendeur à Meyo-centre, village situé dans l’arrondissement d’Ambam, cela pousse au découragement. Le transfert ne paie pas au village, soutiennent ces débrouillards qui disent le faire juste pour soulager la population afin qu’elle reste en contact de leurs proches.

Ainsi, pour compenser ce manque à gagner, une solution a été trouvée par les revendeurs de crédits, bien qu’elle ne soit appréciée par tous. « Etant donné que nous ne pouvions pas supporter cette grosse perte, nous nous étions concertés et avions décidé d’augmenter 50 Fcfa pour tous les transferts inférieurs à 500 francs », nous renseigne un call-boxeur dans la capitale politique, Yaoundé.

Billets de banque

Et pourtant, le syndicat de « call-boxeurs » qui joue le rôle d’interface entre les revendeurs et les opérateurs de téléphonie, depuis la survenue de ce problème, bien qu’informé brille par son mutisme. « Mais … depuis notre assise, la négociation n’avance pas et on se demande si ces derniers n’avaient pas été corrompus », s’interroge un autre « call-boxeur » qui avait pris part à une rencontre organisée pour cogiter sur cette affaire.

Et d’ajouter : « Ce silence trahirait une certaine connivence entre ces derniers et les compagnies Mtn et Orange qui leur auraient peut-être fermé la bouche avec quelques billets de banque ». Pourtant, après un mouvement d’humeur observé en 2016 par les revendeurs de crédits qui demandaient aux opérateurs de téléphonie mobile de réviser leur condition de travail, le gouvernement avait saisi cette opportunité et avait promis aux call-boxeurs des lendemains meilleurs.

Dans l’optique de lever le mot d’ordre de grève, la Primature et le ministère de Travail s’étaient montrés pourtant très rassurants. Hélas, malgré toutes les promesses faites, quatre ans après, aucune n’a été tenue. Comment ne pas penser que le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire Owona, reste dans sa logique, lui qui dans l’une de ses sorties médiatiques trouvait qu’un Camerounais et sa petite famille peuvent vivre avec une modique somme de 36 000 francs ?

Même si certaines sources font état de ce que la ration journalière de ce membre du gouvernement peut être évaluée à plus de 20.000 Fcfa, soit au moins 600.000 Fcfa, salaire d’un très haut cadre administratif. Une source se souvient d’ailleurs que pour répondre aux préoccupations des revendeurs de crédits, via une télévision de la place, le Mintss leur avait fait un cours magistral d’économie. « Si l’on garde 1000 francs de bénéfice par jour, au bout d’une semaine il a … ? ». Moquerie ou boutade du « ministre danseur ». Voire !

Source: Actu Cameroun

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