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Vie chère au Cameroun : ‘une crise qui nous est imposée de l’extérieur’

Luc Magloire Mbarga Atangana Ministre De Commerce ‘Une crise qui nous est imposée de l’extérieur’

Wed, 6 Oct 2021 Source: Le Jour N° 3517

Luc Magloire Mbarga Atangana. Le ministre du Commerce explique le train de mesures d’accompagnement à mettre en œuvre par le gouvernement au profit des entreprises.

Que faut-il retenir au terme de vos échanges avec le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) à Douala ce jour ?

A travers l’exercice que nous avons fait ce matin (vendredi 1er octobre, Ndlr), qui est un exercice habituel entre le secteur privé, notamment le Gicam, et le gouvernement, nous sommes dans un dialogue permanent et constructif, et ce dialogue-là a besoin de prendre plus de force dans un contexte difficile de crise. Il faut que chacun comprenne que nous sommes dans une crise qui nous est imposée de l’extérieur. Cette crise est due à la hausse exponentielle, à la flambée des prix des produits des matières premières, des produits alimentaires sur le marché international. Elle est aggravée par l’explosion des taux de fret qui ont été multipliés par 400% alors que pour les produits l’amplitude est peut-être moins forte mais elle est significative : entre 30 et 200% pour certains produits. Cela se traduit par un effet mécanique. C’est que les produits que nous importons, évidemment, vont nécessairement être plus chers sur le marché si des mesures d'accompagnement ne sont pas prises et si également l’entreprise ne fait pas l’effort en rognant sur ses marges et en réduisant ses coûts. Je crois que c’est l’engagement que les entreprises ont pris d’éviter d’augmenter les prix de façon automatique et, en contrepartie, évidemment, le gouvernement va continuer de suivre la situation et de voir dans quelle mesure il peut continuer d’apporter cet accompagnement aux entreprises. Ce qui a toujours été fait. En tout cas c’est la ligne qui est conduite par le gouvernement telle que prescrite par le chef de l’Etat.

Ces mesures sont-elles également valables pour le gaz domestique dont l’augmentation possible fait l’objet, ces derniers temps, de rumeurs persistantes ?

Vous faites bien de poser cette question. J’ai lu cela. Qu’à compter du 1er octobre – nous sommes les 1eroctobre, aujourd’hui – je ne sais pas si vous avez été au marché avant de venir à cette rencontre. Moi, j’y ai été. Je peux vous dire, fort de ma position de ministre du Commerce, que le prix du gaz domestique ne bougera pas. Nous ne sommes pas en Europe ici, nous sommes au Cameroun et le gouvernement soutient le prix du gaz au travers de la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures. Vous savez, le prix d’une bouteille de gaz de 12 kg normalement, il est compris entre 10 000 et 11 000F CFA. La différence, aujourd’hui, est supportée par le gouvernement camerounais. Alors je le redis, il y en a peut-être qui ont confondu de pays en annonçant que le prix du gaz allait augmenter à compter du 1er octobre. Il n’en est strictement rien. Je demande à ceux-là peut-être de migrer vers la France où ils vont aller payer le gaz plus cher à compter d’aujourd’hui, mais ce ne sera pas le cas au Cameroun

Dans l’union sacrée que vous annoncez avec le patronat, quel sera concrètement l’accompagnement du gouvernement ?

Nous allons étudier. Je le réserve évidemment aux opérateurs avec qui nous allons discuter. Nous avons l’habitude de les accompagner. C’est un mixe de solutions. Il y a des solutions qui sont liées à la fiscalité de façon directe. Il y a également les taxes parafiscales. Il y a d’autres cas d’accompagnement. C’est à voir au cas par cas avec les entreprises. Propos recueillis par Théodore Tchopa

Source: Le Jour N° 3517