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Business News Fri, 24 Jul 2020

Voici les dragons de l'économie camerounaise

Francis NANA DJOMOU, le bon filon du cosmétique

2 milliards de FCFA. C’est le montant de l’investissement réalisé ces dernières années par Francis Nana Djomou, pour la construction d’un complexe touristique dans son village Nkep, située près de Bangou, dans la région de l’Ouest du Cameroun. Ce projet semble avoir bien meilleure fortune qu’Elim Beverage and Food SA, une unité de production de jus naturels qu’annonce cet opérateur économique depuis 2015. Ceci après le bref épisode de « Jumbo », une marque de bouillon culinaire ayant pourtant donné quelques sueurs froides au « Cube Maggi » de Nestlé sur le marché local, avant de devenir de moins en moins visible sur les étals des marchés, suite à une brouille entre Francis Nana Djomou et ses partenaires étrangers.

Au demeurant, malgré cette diversification de ses activités, le nom de Francis Nana Djomou renvoie surtout à Biopharma, une entreprise de cosmétiques leader du marché camerounais. En plus du marché local très concurrentiel, dans lequel Biopharma émerge incontestablement, cette entreprise revendique une présence dans 22 pays africains.

Samuel FOYOU, le milliardaire touche-à-tout

Milliardaire à la discrétion établie, Samuel Foyou achève actuellement dans le centre-ville de Douala, le tout premier hôtel 5 étoiles de la chaîne Chrystal Palace nouvellement créé par ses soins. Il se prépare également à lancer les activités de la 4ème entreprise brassicole du Cameroun, baptisée Brasaf (Brasserie Samuel Foyou), dont les travaux de construction et l’équipement semblent s’étirer indéfiniment dans le temps. Mais, en attendant la finalisation de ces deux projets majeurs, cet entrepreneur industriel, qui a fait fortune au travers d’activités commerciales au Congo et en Angola, pilote un empire multidimensionnel.

Il contrôle notamment la Société camerounaise de fermentation (Fermencam), une distillerie rachetée en 2006 au défunt milliardaire Victor Fotso. Dans son portefeuille d’entreprises, l’on retrouve également Unalor, une entreprise de production d’allumettes également rachetée au groupe Fotso en 2009, Plasticam, Sotrasel (production du sel de cuisine), la Biscuiterie Samuel Foyou (BSF), ou encore l’imprimerie Moore Paragon.

Philippe TAGNE NOUBISSI, sur les traces de WatMart avec Dovv

Son nom et son visage sont inconnus de la plupart des Camerounais. Pourtant, Philippe Tagne Noubissi, grâce à sa chaîne de supermarchés Dovv, est au quotidien le fournisseur de millions de familles camerounaises. Vendeur à la sauvette il y a plus de 30 ans, ce jeune Camerounais caressait déjà le rêve de devenir un grand opérateur dans le secteur de la grande distribution. Au bout de nombreuses tribulations et surtout beaucoup d’abnégation, Philippe Tagne Noubissi finira par lancer la toute première enseigne Dovv au marché Mokolo, à Yaoundé, en août 2003.

Aujourd’hui, les couleurs et l’architecture si particulières des boutiques Dovv sont visibles dans une dizaine de quartiers de la capitale camerounaise, le promoteur ayant décidé de jouer la carte de la proximité et de la démocratisation du supermarché, jadis élitiste. Son succès est tel qu’il se rêve déjà en une sorte de WatMart local, du nom du plus grand groupe de grande distribution aux Etats-Unis, qui emploie plus de 2 millions de personnes.

Paul KAMMOGNE FOKAM, le banquier multidimensionnel

Son dernier exploit est l’obtention, en octobre 2019, d’une licence pour l’ouverture d’Afriland First Bank Uganda Limited. Il s’agit de la 11ème filiale de ce groupe bancaire, dont la filiale camerounaise revendique un total bilan de plus de 1?150 milliards de FCFA à fin 2019. Autour de cette institution bancaire qui tutoie les firmes étrangères sur le marché local, Paul Kammogne Fokam a bâti un véritable empire financier et industriel. Assurances, capital-investissement, transformation de la cellulose, immobilier… sont autant d’activités qui lui permettant d’employer des milliers de personnes au Cameroun.

Classée 2ème fortune d’Afrique francophone subsaharienne par le magazine Forbes, par ailleurs père-fondateur des MC2, 2ème réseau des établissements de microfinance au Cameroun, dont il vient d’abandonner la gestion, Paul Kammogne Fokam est devenu l’un des bras séculiers des investissements chinois en Afrique, dans le cadre du China Africa Development Funds (CADFUND). Il est en effet la seule personnalité autorisée à présenter au Fonds chinois susmentionné, des projets aussi bien publics que privés, issus des 54 pays africains.

Kate KANYI FOTSO, la dame de fer de la filière cacao

A travers la société Telcar Cocoa, négociant local de la firme américaine Cargill, Kate Fotso assure à elle toute seule 30% des exportations du cacao au Cameroun. Véritable identité remarquable de cette filière dans laquelle elle se meut depuis une vingtaine d’années, aux côtés des hommes, sans afficher le moindre complexe, la DG de Telcar Cocoa est aussi la principale promotrice de la culture du cacao certifié dans le pays. A ce titre, elle a distribué environ 6 milliards de FCFA de primes aux producteurs de cacao certifiés au Cameroun, en six campagnes cacaoyères.

Le magazine Forbes la crédite d’une fortune de 252 millions de dollars (environ 150 milliards de FCFA), ce qui en fait la femme la plus fortunée en Afrique sub-saharienne francophone. Mais, son matelas financier s’est certainement amenuisé ces dernières années, à cause des revendications séparatistes dans la région du Sud-Ouest, ancien terreau de la production cacaoyère au Cameroun, où Telcar Cocoa et Kate Fotso réalisaient souvent jusqu’à 80% de leurs achats.

Famille KADJI, un empire à forte odeur de bière

Le décès du milliardaire Joseph Kadji Defosso, survenu dans la nuit du 22 au 23 août 2018 en Afrique du Sud, semble ne pas ébranler l’empire bâtit par cet opérateur économique de la première heure au Cameroun. Après plusieurs décennies de dur labeur, ce self-made man a légué à sa descendance et à son pays, un conglomérat économique regroupant plusieurs entreprises opérant dans des secteurs aussi variés que l’immobilier, la minoterie, les assurances, la production industrielle, l’agro-alimentaire…

Mais, par-dessus tout, l’évocation du nom Kadji renvoie inéluctablement à l’Union camerounaise des brasseries (UCB), unique société brassicole à capitaux nationaux dans le pays, lancée en 1972, et toujours fonctionnelle de nos jours, aux côtés des filiales locales des mastodontes comme Castel (Société anonyme des brasseries du Cameroun) et Diageo (Guinness). Classé dans le top 10 des plus grosses fortunes au Cameroun, le fondateur du groupe Kadji est crédité d’une fortune de 205 millions de dollars (près de 113 milliards de francs Cfa) par le célèbre magazine Forbes.

Célestin TAWAMBA, le patron des patrons se régale des pâtes

Patron du groupe Cadyst Invest, Célestin Tawamba est aux commandes de quatre entreprises actives dans le secteur de l’industrie pharmaceutique et l’agro-industrie. Il s’agit notamment des sociétés La Pasta et Panzani Cameroun, spécialisées dans la production de pâtes alimentaires, et de Cinpharm et SIPP (Société industrielle de produits pharmaceutiques), opérant dans la production de médicaments génériques et autres consommables médicaux.

Mais, depuis 2017, cet opérateur économique est surtout le président du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), la plus importante organisation patronale du Cameroun. C’est d’ailleurs à ce titre que Célestin Tawamba a défrayé le chronique il y a quelques mois dans le pays, pour avoir exigé le limogeage du directeur général des impôts du ministère des Finances, ouvertement accusé d’incompétence et d’asphyxier les entreprises. C’était dans une correspondance adressée au président de la République, qui a fuité dans les journaux.

Bernard NDONGO ESSOMBA, toute une vie dans le négoce du cacao

Pendant des années, le passage d’un camion remplit de sacs de fèves de cacao dans de nombreux villages de la région du Centre du Cameroun, et même d’ailleurs, rappelait invariablement aux producteurs le nom de Bernard Ndongo Essomba. En effet, il était peu rare que ces cargaisons de fèves n’appartiennent pas à cet opérateur économique, qui a bâti son immense fortune dans le négoce des fèves de cacao dans les bassins de production du pays.

Mais, entre-temps, la fève camerounaise a attiré non plus les grecques de la première heure, mais bien d’autres négociants internationaux capés (Cargill, Theobroma, etc.), qui ont désormais presque tous des représentants au Cameroun. Ndongo Essomba résiste tant bien que mal à cette concurrence. Devenu une personnalité influente du parti au pouvoir, dont il dirige le groupe parlementaire à l’Assemblée nationale depuis des lustres, ce passionné de la fève rouge brique du cacao camerounais dispose également d’entreprises, qui décrochent de nombreux contrats de fourniture de services dans différentes administrations publiques.

Baba DANPULLO, l’empereur du thé se diversifie

L’Etat du Cameroun s’apprête à signer avec le Philippin ICTSI, le contrat de concession pour la gestion du terminal polyvalent du port en eau profonde de Kribi, construit dans le Sud du pays. Pour nombre d’acteurs économiques, il s’agit d’un bon lot de consolation pour Baba Danpullo, le bras armé au Cameroun de cette firme, qui a loupé en 2015, après plusieurs manœuvres, de décrocher le même contrat sur le terminal à conteneurs. Cette bonne nouvelle survient au moment où l’homme le plus riche du Cameroun et d’Afrique subsaharienne francophone, selon Forbes, s’étripe avec ses partenaires vietnamiens de Nextell.

Mais, la bataille pour le contrôle de cette entreprise de téléphonie mobile, pourtant promue à un bel avenir après le lancement de ses activités en 2014, n’entame en rien l’opulence financière de Baba Danpullo, qui a bâti une immense fortune grâce à l’immobilier, mais surtout l’agro-industrie. En effet, la réputation de cet ancien camionneur devenu milliardaire tient à ses immenses plantations de thé de Ndawara, dans la région du Nord-Ouest, lesquelles permettent à Ndawara Tea Estates d’exporter le thé camerounais à l’étranger. Son gigantesque ranch de Ndawara compte également des milliers de têtes de bœufs

Source: investiraucameorun.com

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