La ZLECAf ouvre une porte ; la compétitivité décide qui peut la franchir
La baisse des droits de douane ne suffit pas à créer des exportateurs. Routes, énergie, normes, remboursement de TVA et crédit conditionnent la capacité des entreprises à livrer le continent.
Le Cameroon Business Forum a placé la conquête des marchés africains au centre de ses échanges. Le pays veut examiner les obstacles commerciaux et financiers qui empêchent ses entreprises de se projeter au-delà des frontières. L’idée est cohérente avec la ZLECAf ; elle oblige surtout à regarder les blocages domestiques.
Une entreprise exportatrice doit financer sa production avant d’être payée, respecter des normes, prouver l’origine de ses marchandises et transporter sans rupture. Au Cameroun, le coût de l’énergie, la dégradation de certains axes, les délais administratifs et le remboursement tardif des crédits de TVA peuvent absorber l’avantage tarifaire. Une frontière supprimée sur le papier ne compense pas un camion immobilisé.
Le financement du commerce est l’autre verrou. Les banques évaluent le risque de l’acheteur, du pays et du transport ; les PME disposent rarement des garanties attendues. Les lignes de crédit et garanties récemment annoncées peuvent aider, mais elles doivent être accessibles et coordonnées avec l’assurance, les informations de marché et l’accompagnement douanier.
Le Cameroun pourrait suivre quelques corridors et produits pilotes, mesurer chaque délai et publier le coût complet d’une exportation. Une approche par cas réels — cacao transformé, huiles, produits bois, services numériques ou biens manufacturés — rendrait la réforme vérifiable. La ZLECAf ouvre une porte ; la compétitivité décide qui peut la franchir.