Le retour du cadre de dialogue le 22 octobre donne une scène aux diagnostics connus. Le patronat veut désormais des recommandations limitées, datées, attribuées et évaluées publiquement.
Le Cameroon Business Forum a rouvert ses travaux à Douala le 22 octobre, six ans après sa précédente session. Le thème associe transformation productive et ZLECAf, avec l’ambition de faire du Cameroun un pôle industriel et commercial. Derrière la formule, le secteur privé attend surtout que le dialogue change de méthode.
Dans son intervention publiée à l’occasion du forum, Célestin Tawamba, président du Gecam, a demandé une dizaine de recommandations au maximum, chacune confiée à un responsable, assortie d’une échéance et d’un indicateur, puis évaluée publiquement dans six mois. Il a aussi plaidé pour que l’investissement progresse plus vite que les dépenses de fonctionnement dans le budget 2027 et pour un calendrier d’apurement des arriérés de l’État et des crédits de TVA.
Ces demandes relient plusieurs obstacles : routes dégradées, énergie coûteuse, fiscalité, lenteur judiciaire et crédit rare. Elles rappellent surtout qu’une entreprise ne conquiert pas Lagos ou Abidjan si elle peine à livrer entre Douala et Yaoundé. La ZLECAf peut ouvrir des marchés, mais elle expose aussi les producteurs locaux à des concurrents mieux financés et mieux connectés.
Le forum ne sera donc pas jugé au nombre de panels. Son utilité dépendra d’un registre public des engagements, du suivi institutionnel et de la résolution de quelques blocages prioritaires. La nouveauté de 2026 peut être moins le diagnostic que la reddition de comptes. Sans elle, la reprise du dialogue risque de rester un événement ; avec elle, elle peut redevenir un mécanisme de réforme.