Formaliser sans étouffer : le pacte MINPMEESA–GECAM sera jugé sur le coût d’entrée

Celestin Tawamba Sans Veste Concertation nationale

Sat, 7 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

Vingt recommandations doivent alimenter une feuille de route 2027-2030. L’enjeu n’est pas seulement d’enregistrer davantage d’activités, mais de rendre le passage au formel économiquement rationnel.

La concertation nationale tenue le 4 novembre à Douala a réuni administrations, collectivités, banques et entreprises autour du MINPMEESA et du Groupement des entreprises du Cameroun. Les travaux portent sur la fiscalité, l’organisation des filières et l’accès au financement.

Le fossé est considérable. Le ministère estime à 3,7 millions le nombre d’unités de production informelles en 2024, contre 569 208 unités économiques formelles recensées en 2025. Dans l’informel, seuls 2,1 % des travailleurs auraient un contrat écrit, tandis que la moitié travaille sur accord verbal.

La formalisation peut ouvrir l’accès au crédit, aux marchés publics, aux grands donneurs d’ordre et à la protection sociale. Mais elle expose aussi à des procédures, prélèvements et avances de trésorerie. Près de 29 % des entreprises interrogées par la Banque mondiale citaient le financement comme leur principal obstacle en 2024.

La prochaine feuille de route doit donc rendre les bénéfices visibles et rapides : guichet simplifié, fiscalité lisible, accompagnement après immatriculation, recours contre le harcèlement administratif et financement adapté aux flux irréguliers. Le vrai indicateur ne sera pas le nombre de numéros créés, mais la survie des entreprises et l’amélioration des revenus des travailleurs.

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