Cameroon Development Corporation
La Cameroon Development Corporation revient de loin. Dans un entretien publié le 7 novembre, son directeur général Franklin Ngoni Njie affirme que les ventes ont atteint environ 24 milliards de FCFA l’an dernier, contre 3,8 milliards en 2019.
Avant la crise anglophone, la CDC exploitait environ 22 000 hectares d’hévéa, 14 000 hectares de palmier à huile et 3 715 hectares de banane, pour 50 à 55 milliards de FCFA de chiffre d’affaires annuel. La fermeture de plantations et les attaques contre le personnel ont brisé ce modèle ; le dirigeant évoque plus de 30 employés tués et plus de 130 agressés.
La remontée à 24 milliards reste donc une récupération partielle, pas un retour à la normale. Les effectifs seraient passés de plus de 22 000 salariés avant la crise à moins de 12 000 aujourd’hui. La société utilise davantage de prestataires pour la récolte et le saignage, ce qui transforme la structure de l’emploi autant que le niveau d’activité.
La reconstruction réclame de nouvelles plantations, une usine de caoutchouc, une huilerie, des engins et l’entretien de plus de 3 000 kilomètres de routes internes. Njie insiste aussi sur la mécanisation, devenue nécessaire face au coût de production et à la difficulté d’attirer des jeunes vers certains métiers agricoles.
Le récit de résilience doit maintenant rencontrer les comptes : dette, arriérés salariaux, rentabilité par filière, surfaces effectivement remises en production et calendrier des usines. La CDC reste un pilier social du Sud-Ouest ; sa relance compte autant pour les communautés que pour les exportations.