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Cameroun : une ménagère tuée par les preneurs d’otage à Touboro

Preneurs Otages 780x405 Agriculteurs et éleveurs vivent depuis quelques mois dans la psychose

Wed, 16 Mar 2022 Source: Le Jour N°3612

Le corps sans vie de cette ménagère a été retrouvée en état de décomposition non loin de son domicile.

C’est hier en matinée que le corps sans vie de dame Priscille, du village Bakary migrant a été retrouvé dans un champ sous la bananeraie par des passants. Selon plusieurs sources sécuritaires dans l’arrondissement de Touboro, la dame était l’épouse d’un grand cultivateur de coton dans l’arrondissement de Touboro. Elle a été enlevée par des hommes lourdement armés à bord d’un véhicule sans immatriculation il y a une semaine. Les ravisseurs réclamaient la somme de 20 millions à son époux. Ce dernier, incapable de payer la rançon, retrouvera le corps sans vie de son épouse abandonné par ses ravisseurs. Selon les premiers éléments de l’enquête, la dame a été étranglée par des câbles avant de recevoir des coups de poignards.

Depuis le mois de décembre 2021, les prises d’otages et enlèvements sont devenus le quotidien des populations de cette ville frontalière avec le Tchad et le Rca. Les victimes sont les fonctionnaires de l’administration des Douanes, de l’élevage, de la santé et ceux du ministère des Forêts et faunes. Les enseignants sont aussi une proie facile pour les preneurs d’otages qui réclament aux familles des sommes allant de 2 millions FCFA à plusieurs millions de francs. Selon une source au bataillon d’intervention rapide (Bir) cette recrudescence est due essentiellement à la présence dans la ville des véhicules sans immatriculation et surtout le manque de collaboration entre les responsables de la gendarmerie, de la police et ceux du Bir. « Ils ne nous informent pas des prises d’otages. C’est quand ça tourne mal que nous sommes saisis et après des jours », a confié un sous-officier du détachement du Bir à Touboro. Une situation minimisée par les autorités administratives et de force de maintien de l’ordre de Touboro. Joint au téléphone par le Jour, le sous-préfet de Touboro a semblé prendre à la légère ce phénomène de prises d’otages et accuse les familles. « C’est sporadique. Nous conseillons toujours au familles de ne pas verser de rançon » a-t-il déclaré.

Agriculteurs et éleveurs vivent depuis quelques mois dans la psychose d’éventuels enlèvements. Les fonctionnaires quant à eux, déménagent leurs familles qu’ils installent tous à Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua, préférant faire des aller- retour entre les deux villes.

Source: Le Jour N°3612