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Crise anglophone : le kidnapping de l’avocat Patrick Yong Fanyong fait réagir Felix Agbor Balla

Agbor Balla Jeu Trouble Il appelle à plus de protection pour les avocats

Tue, 3 May 2022 Source: www.camerounweb.com

• Patrick Yong Fanyong a été enlevé par des hommes armés

• Un acte condamné vivement par Felix Agbor Balla

• Il appelle à plus de protection pour les avocats



Felix Agbor Balla, avocat et défenseur des droits humains, a condamné l’enlèvement de son collègue Patrick Yong Fanyong par des hommes armés.

Dimanche passé, Patrick Yong Fanyong a été enlevé près de sa résidence à Bamenda par des hommes armés non identifiés. L’avocat était membre de l’équipe de défense de Sisiku Ayuk Tabe. Felix Agbor Balla a condamné son rapt et appelé à plus de protection pour les acteurs de sa corporation même si pour l’instant on reste sans nouvelle de cet éminent avocat.

« Je condamne fermement l’enlèvement et l’enlèvement de l’avocat Patrick YONG FANYONG par des hommes armés non identifiés le dimanche 1er mai 2022 à l’entrée de sa résidence au Mile Four Nkwen- Bamenda, région du Nord-Ouest. Les avocats et les défenseurs des droits de l’homme doivent être protégés», a-t-il écrit sur Twitter.

Rappelons que le rapt de cet éminent avocat intervient au lendemain de l’enlèvement de la sénatrice Régina Mundi. L’élue du RDPC a été enlevée samedi aux environs de 12 heures (heure locale) dans la localité de Foncia Street à Bamenda, selon des précisions apportées par Adolphe Lélé Lafrique, le gouverneur du Nord-Ouest. Aucun groupe armé n’a encore revendiqué l’enlèvement pour le moment.

Les ravisseurs de la sénatrice Régina Bamenda auraient réclamé la libération de nombreux combattants séparatistes comme condition sine qua non à sa remise en liberté.

Kidnapping : la sénatrice Regina Mundi victime de son talent

La rédaction de CamerounWeb a appris le 30 avril 2022, l’enlèvement de la sénatrice du RDPC Elizabeth Regina Mundi dans la localité de Foncia Street à Bamenda. Son chauffeur est également porté disparu selon des sources policières. Le choix de la sénatrice, proche collaboratrice de Paul Biya n’était pas anodin. Elizabeth Regina Mundi a la réputation d’être une femme qui sait réaliser de grandes choses par la négociation. Les Ambazoniens comptent bénéficier de son art de persuasion pour libérer leurs camarades en détention. La sénatrice ne nie d’ailleurs pas les qualités qui lui sont attribuées. Dans une interview accordée en 2007 à iknowpolitics.org, elle racontait comment elle arrivait à faire bouger les lignes au sein du RDPC dans le silence total.

« Je me souviens qu'il y a quelques années, je faisais partie de la commission chargée de sélectionner les candidatures aux élections municipales. Ce n'était pas seulement une bataille pour inclure des femmes sur la liste, mais le choix de leur place était un gros problème. Si les femmes se trouvaient en bas de la liste, ce que les hommes voulaient, cela signifiait qu'elles seraient écartées si plusieurs partis devaient se partager les sièges. Je contournais ces situations avec les hommes en gardant mon calme. J'ai appris cette technique de la défunte maman de notre mère, Elisabeth Muna.

Elle n'élevait jamais la voix et ne se mettait jamais en colère, mais faisait faire aux gens ce qu'elle voulait. Je suis encore en train d'apprendre cette tactique. J'avais l'habitude de tenir un carnet de noms et de qualifications de femmes dans toute la province. Ainsi, chaque fois qu'on avait besoin de talents particuliers, je sortais simplement mon carnet. En fait, même les hommes ont commencé à m'appeler pour avoir des références. Les femmes ont du talent et doivent simplement avoir davantage confiance en elles. Elles doivent croire en elles-mêmes plutôt que de se prélasser dans l'ombre de leurs maris », confie-t-elle.

Formée aux USA

Régina Mundi fait partie de l'épine dorsale du système de Paul Biya. Membre du comité central du RDPC, cette femme d'affaires était la Directrice générale de la société Hoseana Enterprises. Elle fut la première femme nommée à un poste de responsabilité auprès d’un gouverneur par Paul Biya.

« En 1983, j'ai été nommé par décret présidentiel conseiller en affaires sociales et culturelles auprès du gouverneur de notre province. Il s'agit d'un poste de "commandement" et j'ai été la première femme à être nommée à ce poste. Aujourd'hui, nous avons des femmes officiers divisionnaires et un officier divisionnaire supérieur. C'était un poste très excitant et j'y ai vu beaucoup de choses à faire pour les femmes. C'est pourquoi, en 1986, je me suis présentée au poste de présidente de l'aile des femmes et j'ai gagné », se rappelle-t-elle.

Pur produit américain, Regina Mundi a pris goût à la politique lors d’une visite d’étude aux Etats Unis dans les années 60. Elle fit la rencontre de plusieurs hautes personnalités américaines et respire le vent de la liberté.

« J'ai eu la chance de faire partie de la troisième promotion d'étudiants africains qui ont étudié en Amérique dans le cadre du programme de bourses afro-américaines pour les universités américaines. Ce programme de bourses a été lancé par le président J.F. Kennedy. J'ai étudié l'économie au Trinity College, aujourd'hui Trinity University. Je suis extrêmement heureux de constater ici que la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, et la gouverneure du Kansas, Kathleen Sebelius, sont des anciennes élèves du Trinity College », confie-t-elle.

Inconditionnelle de Paul Biya

Regina Mundi est une grande admiratrice de Paul Biya. Militante de première heure, elle a exprimé son soutien à Paul Biya dès sa prise du pouvoir en 1982.

« J'ai quitté le bureau du gouverneur pour me consacrer entièrement à la politique. En juin de cette année-là, le président national Paul Biya, dans une allocution télévisée à la nation, a déclaré : "Nous devons être prêts pour la compétition". Bien que beaucoup de gens ne puissent pas croire cette déclaration, il n'y a pas eu de retour en arrière. Il s'engage à faire du Cameroun une nation démocratique. Paul Biya arrive au pouvoir en 1982 et dans son livre Communal Liberalism, il expose sa philosophie de la gouvernance : Rectitude morale, justice sociale, unité et intégration nationales, et développement économique. J'ai lu ce livre très assidûment et j'étais convaincu, comme je le suis encore aujourd'hui, de ce qu'il exprimait dans ce livre », confie-t-elle.

Malgré son amour pour le parti présidentiel, le RDPC et son président Paul Biya n’ont pas encore commenté son enlèvement dans le NOSO.

Source: www.camerounweb.com
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