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Justice: un chef d’une brigade de gendarmerie accusé d’avoir détourné un véhicule saisi

Gendarmes Sous Officiers Camerounweb Il clame son innocence

Wed, 1 Dec 2021 Source: Kalara

L’homme en tenue à la retraite est poursuivi devant le Tribunal militaire pour avoir racheté un véhicule mis en fourrière et vendu aux enchères dans son unité de commandement. Il clame son innocence.

Violation de consigne (comportement amoral susceptible de ternir l’image des forces de défense), abus de fonction et détournement de bien saisi, telles sont les infractions reprochées à M. Biwole Jacob devant le Tribunal militaire de Yaoundé. L’homme en tenue est aujourd’hui à la retraite et répond de ses agissements à l’époque où il occupait le poste de commandant de la brigade de gendarmerie du quartier Nkolbisson, à Yaounde. L’instruction de cette affaire avait démarré lors de l’audience précédente, et le 11 novembre 2021.

Le capitaine retraité, qui plaide, non coupable-, a présenté sa défense. Tout est partie d’un accident de la route avec clameur public survenu dans la nuit du 4 septembre 2018. En effet, le chauffeur du véhicule de M. Noupoue Dechambe Hervé Sorel avait percuté un moto-taximan sur la route de Nkolbisson. L’engin avait alors été mis à la fourrière de la brigade de cette localité, en attendant que le propriétaire fournisse des pièces justificatives.

M. Biwole Jacob, alors commandant de la brigade de gendarmerie de Nkolbisson n’a pas signalé l’incident à sa hiérarchie. «Le présumé propriétaire m’a dit avoir acheté le véhicule à la casse, raison pour laquelle il n’avait pas tous les documents justificatifs. Il n’était donc pas nécessaire de faire un rapport à ma hiérarchie parce que cet accident n’avait pas été déclaré», a souligné l’accusé pendant son témoignage.

Infraction grave

Quelques mois plus tard, le véhicule de M. Noupoue Dechambe avait été vendu aux enchères à son insu. La vente litigieuse avait été faite au sein de la brigade de gendarmerie et le mis en cause, qui n’a pas signé le procès-verbal (te vente, était néanmoins membre de vente aux enchères décriée.

C’est ainsi qu’un certain M. Onguene avait racheté ledit véhicule. Sauf que curieusement, quelque temps après, la même voiture avait changé de propriétaire. Il s’agissait du commandant de la brigade de gendarmerie de Nkolbissong, M. Biwole Jacob. Ce dernier a expliqué au tribunal que M. Onguene est allé lui proposer le rachat du véhicule querellé parce que les frais de réparation que lui avait présentés un garagiste, étaient très élevés.

C’est alors qu’il avait pris l’engagement de le réparer dans un premier temps, avant de donner de l’argent à son vendeur, qui ne lui avait remis aucun document. «Quand j’ai remis, le véhicule en marche, j’ai demandé qu’il soit garé au commissariat. Un jour, en voulant faire un tour en ville, M. Noupoue m’a aperçu au carrefour Mecque et m’a traité de voleur en me pourchassant.» Poursuivant son témoignage, M. Biwole Jacob a déclaré au tribunal que lorsque M. Onguene avait constaté que le véhicule qu’il avait acheté aux enchères avait des problèmes, il avait refusé de prendre l’argent qu’il lui proposais mais avait préféré plutôt restituer l’engin à M. Noupoue.

Lors de ses réquisitions, le commissaire du gouvernement (procureur de la République) a demandé au tribunal de déclarer l’accusé coupable des faits de violation de consigne, abus de fonction et détournement de bien saisi reprochés à l’homme en tenue.

«Comment comprendre qu’un commandant d’une brigade déclare devant le tribunal qu’un accident avec clameur public n’était pas un fait suffisamment grave pour rendre compte à sa hiérarchie. Le véhicule immobilisé dans cette brigade est un bien saisi, que l’accusé a disposé à sa guise», a déclaré le représentant du parquet militaire avant d’ajouter: «Le mis en cause a maquillé la procédure de vente aux enchères en usant des voies judiciaire et administrative pour acquérir ce véhicule. Il a racheté un bien qui était devenu une propriété de l’État. C’est une infraction Suffisamment grave».

En guise de dernière parole, M. Biwole Jacob a regretté son acte. «Si je savais que cette affaire m’apporter des problèmes, je n’allais pas accepter racheter ce véhicule. Cet incident survient en fin de carrière, après plusieurs années de service», a conclu l’accusé.’Le verdict est attendu le 9 décembre prochain.

Source: Kalara