Garoua-Boulaï : six suspects interpellés après la mort de 25 personnes en cinq mois

MALFRATS Garoua Boulaï À Garoua-Boulaï, la criminalité de sang avait fini par installer la peur

Sun, 13 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Une vaste opération policière à Garoua-Boulaï, où 25 morts ont été enregistrés en cinq mois essentiellement des mototaximen, a permis de mettre la main sur six malfrats.

25 morts en cinq mois, des mototaximen particulièrement ciblés, un douanier tué et un policier laissé pour mort. À Garoua-Boulaï, la criminalité de sang avait fini par installer la peur. Le déploiement de la Brigade anticriminalité de la Division régionale de la Police judiciaire de l’Est (DRPJ-Est) a permis de remonter la piste d’un groupe soupçonné d’être impliqué dans plusieurs de ces affaires. Six personnes ont été interpellées.

Entre avril et août 2026, 25 agressions ayant entraîné mort d’homme ont été enregistrées dans cette ville frontalière avec la République centrafricaine, selon la police. À ces décès s’ajoutent plusieurs agressions et vols de motocyclettes.

Face à la situation, un détachement de la Brigade anticriminalité de la DRPJ-Est est déployé sur instruction du Délégué régional de la Sûreté nationale pour l’Est. L’opération est supervisée par le Commissaire divisionnaire Hervé Djeumo, chef de la DRPJ-Est.

Patrouilles, contrôles, renseignement et recoupement des informations : l’étau se resserre.

Le déclic intervient au Grand Rond-Point, communément appelé Alliance Express, avec l’interpellation de Hassan et Yaouba. Selon la DRPJ-Est, Hassan était déjà connu de ses services. Condamné à dix ans de prison pour des faits d’assassinat, il se serait évadé avant de trouver refuge à Garoua-Boulaï.

Les premières informations conduisent ensuite les enquêteurs à Mombal, à une quarantaine de kilomètres sur l’axe Ndokayo, où Abdou est interpellé. Retour à Garoua-Boulaï : Boné Benjamin est appréhendé dans un garage au Carrefour Total. L’enquête se poursuit et d’autres personnes sont identifiées.

Au total, six personnes tombent dans les mailles de la DRPJ-Est.

Poignards, machettes, massues en bois et courroies sont également présentés par la police. Selon les enquêteurs, ces objets auraient servi à neutraliser et tuer certaines victimes, les courroies étant notamment utilisées pour les étrangler.

Le 11 septembre, place aux reconstitutions. En présence du Procureur de la République, du Sous-préfet Julien Martial Asse et sous le regard d’une foule nombreuse, quatre affaires sont reprises sur les lieux des faits.

À Yoko Séré, un mototaximan avait été tué et son corps retrouvé en état de décomposition. À Nganko, un autre conducteur de moto-taxi avait été assassiné ; la moto convoitée sera finalement récupérée et restituée à sa famille.

À Goza, un fonctionnaire des Douanes, grièvement blessé lors d’une agression, succombera à l’hôpital. Au stade municipal, le policier Yerima avait été frappé à coups de massue et poignardé à plusieurs reprises avant d’être laissé pour mort. Après plusieurs jours de coma, il reprendra connaissance dans une formation sanitaire à Yaoundé.

Quatre lieux, quatre affaires qui donnent la mesure de la violence ayant secoué Garoua-Boulaï.

Au terme des opérations, Hervé Djeumo parle d’une « criminalité de sang exécrable et effrayante ». Les résultats obtenus mettent surtout en lumière la méthode de la DRPJ-Est : présence sur le terrain, exploitation du renseignement et remontée progressive des pistes à partir des premières interpellations.

Le Sous-préfet a salué le travail de cette unité et de l’ensemble des Forces de défense et de sécurité, avec un avertissement : Garoua-Boulaï ne saurait servir de base arrière aux activités criminelles.

Selon la DRPJ-Est, les personnes interpellées sont passées aux aveux et les reconstitutions ont permis de revenir sur plusieurs affaires qui leur sont attribuées. La procédure suit désormais son cours devant la justice.

Mais la bataille n’est pas terminée. Maintenir la pression passe aussi par la collaboration des populations avec les Forces de défense et de sécurité : faire remonter les informations utiles et ne pas laisser la peur imposer la loi du silence.

Garoua-Boulaï doit rester une terre d’accueil, d’échanges et d’opportunités. Pas une terre de prédation.

Par Germain Grégoire Eloundou

Source: www.camerounweb.com