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Diasporian News Wed, 16 Oct 2019

Tentatives d'assassinat dans la diaspora : un élément de Biya recherché

Un Briviste d'origine camerounaise a fait l'objet d'une plainte collective, en raison de ses propos tenus sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois.

L’ affaire se déroule dans la sphère du militantisme politique, au sein de la diaspora Camerounaise vivant en France. Depuis plusieurs mois, la tension monte sur les réseaux sociaux, entre les opposants du président Paul Biya, les « Antisardinards » et les progouvernement, regroupés sous le nom de « Brigade des patriotes ».

Machette et tenue du dimanche

Un des membres actifs de cette brigade, qui répond au nom d’« Amer Kmer » sur Internet, a récemment fait l’objet d’une plainte collective. Sur plusieurs enregistrements, publiés ces derniers mois, cet habitant de Brive-­la-Gaillarde, qui pose devant le drapeau national, machette à la main, a multiplié les menaces de mort à l’encontre de ses opposants (Vidéo ici) : « Je vais venir à l’ambassade avec la machette dans le sac, avant que la police n’arrive. Je vais découper. Je vais vous montrer ma machette. A Paris, je serai là. Si par malheur, vous causez le bordel, je vous attends avec la machette et une hache », entend­-on sur la plus récente des vidéos.

Cette menace avait été postée en septembre en amont d’une manifestation à Paris, organisée dans le cadre d’un grand dialogue national voulu par le président camerounais Paul Biya, pour régler les crises sociopolitiques dans le Sud ­Ouest et Nord­ Ouest du Pays . D’autres vidéos de ce coordinateur des brigades des patriotes avaient déjà inquiété auparavant.

Une pétition et une plainte collective

Dans une précédente séquence, Amer Kmer s’était adressé à ceux qu’il considère comme à l’origine d’une tentative de coup d ’Etat au Cameroun. « Vous allez voir que ce n’est pas un jeu. Si l’on prend les devants, ce n’est pas pour blaguer. A la brigade, on n’est pas dans le pacifique. On est là pour agir. Vous méritez la pendaison », déclare l’intéressé. Pour le camp adverse, ces menaces ne sont pas des paroles en l’air.

Une pétition en ligne a dans un premier temps été créée par les « Amazones de la résistance » (un autre groupe d’opposants au président Paul Biya). Elle a recueilli plus de 1.600 signatures en quelques jours. La plainte collective qui en découle, a été envoyée au procureur de Brive fin septembre. En plus des menaces de mort, elle fait état de l’agression de plusieurs militantes par Amer Kmer, qui serait survenue fin septembre à Berne en Suisse.

Une violence verbale qui rappelle de vieux cauchemars africains

« Tout n’est pas permis. Nous souhaitons qu’Amer Kmer, très suivi sur les réseaux sociaux, stoppe ces discours de haine et alerter sur les dangers qu’encourent les Camerounais », explique une représentante des Amazones. Cette dernière précise. « Nous nous plaignons des actes et gestes dans un climat aussi électrique que celui du Cameroun, qui est au bord de l’explosion. Nous savons le rôle joué par “la radio des Mille collines” au Rwanda en 1994. Nous ne voulons pas du même scénario. »

Contacté à plusieurs reprises par téléphone et sur les réseaux sociaux, Amer Kmer n’a pas répondu à nos multiples sollicitations.

Source: Lamontagne.fr