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People: il y a un an ' le grand' Manu Dibango nous quittait

Wed, 24 Mar 2021 Source: camerounweb.com

Le Cameroun et le reste du monde ont pleuré le 24 mars de l'an dernier la mort brutale de Manu Dibango des suites du Covid-19 en France. Ce 24 mars 2021, c'est le premier anniversaire de son décès. Retour sur la vie de cet illustre artiste camerounais.



Manu Dibango, parti sans crier gare dans un moment difficile


Papagroove ou Papa Manu, l’un des saxophonistes les plus connus n’est plus de ce monde. Le chanteur d’origine camerounaise a tiré sa révérence durant les sévices de la crise sanitaire liée au Covid-19, le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans. Une nouvelle qui a effondré le monde musical camerounais et du monde entier mais également ses nombreux fans.

Personne ne s’attendait à cette triste nouvelle même lorsqu’il a été annoncé son hospitalisation parce qu’atteint du covid-19.

Il laisse derrière lui soixante années de carrière et d’engagements, sans pause ni éclipse, enchaînant plusieurs vies, les oreilles toujours en alerte, à l’écoute du son des époques qu’il traversait.

Saxophoniste au son charnu et rond, identifiable dès les premières mesures, Manu Dibango savait aussi être pianiste, vibraphoniste, joueur de marimba, pouvait jouer de la mandoline et, récemment, du balafon. Il était également chanteur, arrangeur et chef d’orchestre. Le compositeur de Soul Makossa (1972), le titre avec lequel il avait acquis une notoriété mondiale, résumait tout cela en une formule, lancée dans un de ces puissants éclats de rire qu’il semait à la volée : « Je me contente de faire de la musique. »

Manu Dibango, la fierté camerounaise a laissé un bel héritage à l’Afrique et au monde et sa mort a aussi laissé un grand vide que pour l’instant personne n’est à la hauteur. Il a représenté avec éclat l’Afrique à travers le monde. Sa chanson, Soul ‘Makossa’ vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde. Le tube sera emprunté, sans autorisation, par Michael Jackson pour Wanna Be Startin’ Somethin’ sur l’album Thriller (1982). Il sera encore cité par Rihanna dans Don’t Stop the Music (2007) et par Jennifer Lopez dans le clip de Feelin’ So Good (2012).

Quelques dates remarquables sur la vie de Manu Dibango.

12 décembre 1933 : Naissance à Douala (Cameroun).

1949 : Arrivée en France.

1972 : Premier album, « O Boso ».

1972 : « Soul Makossa » qui entre l’année suivante dans les classements américains.

1989 : Parution de « Trois kilos de café », sa première autobiographie.

2014 : Dernier album, « Balade en Saxo ».

2019 : Tournée des soixante ans de carrière.

24 mars 2020 : Mort à Paris.

Surnommé Papagroove ou Papa Manu, Manu Dibango était un saxophoniste et chanteur camerounais de world jazz. Né le 12 décembre 1933 à Douala (Cameroun), il est décédé le 24 mars 2020 à Melun en France des suites de la Covid-19 six jours après son hospitalisation. Il a été Inhumé le 27 mars 2020 dans le cimetière du Père-Lachaise (44e division).

Musicien extraordinairement polyvalent et de classe mondiale, Emmanuel "Manu" N'Djoké Dibango, a joué presque tous les styles de musique que vous souhaitez mentionner : soul, reggae, jazz, spiritualité, blues, électro. Il était réputé pour ses talents phénoménaux en saxophone et vibraphone. Initialement formé au piano classique, il avait développé un style musical mêlant jazz, funk et musique traditionnelle camerounaise et était surtout connu pour son triomphant single afrobeat, Soul Makossa.

Il est né de parents protestants ; Michel Manfred N'Djoké Dibango, son père était un fonctionnaire issu de l'ethnie Yabassi et sa mère était une couturière à la maison, issue de l'ethnie Douala. C'est dans la chorale de l’église protestante, où sa mère était partiellement professeur, qu'il a été initié au chant. Il y allait tous les soirs également pour l'enseignement religieux, ou Nkouaida. Le gramophone parental lui fait découvrir la musique française, américaine et cubaine. Son amour pour la musique commença à naitre peu à peu, ce qui lui aurait permis de vite apprendre.

En 1941, après avoir été éduqué à l'école de son village, Dibango est accepté dans une école coloniale, près de chez lui, où il apprend le français. Il admirait le professeur, qu'il décrivait comme «un dessinateur et peintre extraordinaire». En 1944, le président français Charles de Gaulle choisit son école pour effectuer des cérémonies d'accueil à son arrivée au Cameroun.

En 1949, son père l’envoie poursuivre ses études en France. A son arrivée à Marseille, il s’installe dans la Sarthe, où il découvre la culture française. Manu étudie à Chartres, à Château-Thierry puis à Reims dans les années 1950, il y découvre le jazz, et s'essaye à la mandoline, au piano avant de s'initier au saxophone. Il a ensuite commencé à se produire dans les « boîtes » et les bals de campagne, au grand regret de son père, qui lui coupe les vivres en 1956, lorsqu'il échoue à la seconde partie du brevet. En 1956 il fit la connaissance d'une artiste peintre et mannequin (Marie-Josée dite Coco qu'il épouse en 1957). Engagé dans l’orchestre du Grand Kallé, ils enregistrent plusieurs disques, qui remportent le succès en Afrique (notamment Indépendance Cha Cha au Congo Léopoldville) et font une tournée au Congo Léopoldville en août 1961. Il ouvre son propre club de jazz en Afrique et en 1969, il sort son premier album aux sons très jazzy : « Saxy Party ».

Il était membre du groupe de rumba congolais pionnier « African Jazz » et a collaboré avec de nombreux autres musiciens, notamment Fania All Stars, Fela Kuti, Herbie Hancock, Bill Laswell, Bernie Worrell, Ladysmith Black Mambazo, Don Cherry, et Sly et Robbie. En 1998, il enregistre l'album CubAfrica avec l'artiste cubain Eliades Ochoa. La chanson "Soul Makossa" sur le disque du même nom contient les paroles "makossa", qui signifie « Je danse » dans sa langue maternelle (Duala). Ce morceau aux accents très africains était, à l’origine, la face B de l’hymne de la 8ème coupe d’Afrique des Nations. Il devient en quelques mois un succès planétaire et a influencé plusieurs succès musicaux populaires, y compris "Wanna Be Startin 'Somethin'" de Michael Jackson, ainsi que son réenregistrement de cette chanson avec Akon, "Cowboys" des Fugees et "Don't Stop the Music" de Rihanna.

La chanson parodique de 1982 "Boogie In Your Butt" du comédien Eddie Murphy interpole les charts de lignes de basse et de cor de Soul Makossa tandis que "Butt Naked Booty Bless" du groupe de hip-hop des années 1990 Poor Righteous Teachers échantillonne fortement ses modèles de pont et de batterie. Il a été le premier président de la Cameroon Music Corporation, avec une grande visibilité dans les différends concernant les droits d'auteur des artistes. Dibango a été nommé Artiste de l'UNESCO pour la paix en 2004. A 71ans, le jazzman se lance dans une nouvelle aventure musicale. Il crée sa propre formation « Le Maraboutik Big Band ». Cet ensemble - composé de 13 musiciens dont une belle section de cuivres - l’accompagne pour une série de concerts. Sa chanson « Reggae Makossa » figure sur la bande originale du jeu vidéo 2006 Scarface: The World Is Yours. En août 2009, il a joué lors du concert de clôture au Brecon Jazz Festival.

Le 14 juillet 2010, Manu Dibango est fait chevalier de la Légion d'honneur et le 8 septembre 2015, la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, Michaëlle Jean, nomme Manu Dibango « Grand témoin de la Francophonie » aux Jeux olympiques et paralympiques de Rio 2016. Il a été animateur de radio durant 20 ans sur Africa Radio.

Source: camerounweb.com

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