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Entertainment Mon, 24 May 2021

Repenser la politique éducative en général - François Wassouni

L’universitaire et activiste originaire de l’Extrême-Nord s’exprime sur l’actualité dans notre pays et particulièrement dans les régions septentrionales.

Quel est votre sentiment à l’issue de la publication des résultats de recrutement des enseignants dans les universités d’Etat du Cameroun. Sentez-vous une volonté réelle de résoudre la question de l’éducation dans le Grand-Nord ?

C’est un ouf de soulagement pour les universités camerounaises en général où parfois les enseignants sont submergés par le volume des cours et d’étudiants à encadrer. L’arrivée d’une nouvelle cuvée d’enseignants apparaît comme une véritable bouffée d’oxygène pour toute l’université camerounaise finalement, car d’une institution universitaire à une autre, ce sont les mêmes problèmes qui se posent. Quant à regarder ce recrutement sous l’angle régional, et particulièrement du Grand-Nord, je ne pense pas qu’à travers pareil recrutement, on puisse résoudre la question de l’éducation dans cette partie qui me semble plus profonde et complexe. Et même si on avait recruté seulement les filles et fils du Septentrion, je suis loin de penser qu’on aurait résolu d’un seul iota l’épineuse question de l’éducation qui se pose avec acuité dans cette région. Il ne suffit pas de recruter des personnes à l’Université pour dire qu’on a résolu les problèmes de l’école. Et qu’en dira-t-on des autres ordres tels que le maternel, le primaire, le secondaire et mêmes les écoles professionnelles ? Quoi qu’il en soit, la question de l’éducation demeure intacte et pour la traiter, il faille une implication des intelligences et une réelle volonté pour l’inscrire au cœur des problématiques du développement et surtout de l’avenir de cette partie du Cameroun.

Les quotas (respectés ou non) sont-ils une solution au problème ?

En réalité, ce recrutement était éminemment politique, parce que décidé par le président de la République lui-même pour juguler ce problème de chômage des titulaires des Doctorats/Ph.D qui sont de plus en plus nombreux. Ce qui n’est pas une pratique habituelle en matière de recrutement dans le supérieur. On aurait peut-être souhaité qu’une discrimination positive soit faite à l’égard de certaines régions qu’on peut qualifier de minorités, à l’instar du Grand-Nord. Sans toutefois savoir ce qui a été fait dans ce sens, je voudrais davantage qu’on prenne acte des 19% qui ont été recrutés et qu’on tire surtout les leçons pour l’avenir. De mon point de vue, ce genre de situation devrait nous interpeller sur le rapport que nous entretenons avec l’école.

Les produits de nos universités sont-ils adaptés à la lutte contre le sous-développement ?

Déjà, il faut dire qu’on ne lutte pas contre le sous-développement, on lutte pour le progrès, l’on construit un mieux-être collectif. Ce sont deux choses différentes. Pour ce qui est des produits de l’Université et de leur capacité à lutter contre le sous-développement, si je vais dans votre logique, je pense qu’il y a beaucoup à dire à ce sujet et beaucoup à faire également. Mais pour faire simple, je pense que malgré les efforts entrepris par ci et par là par les différentes parties prenantes de la chaîne éducative en général et de l’enseignement supérieur en particulier, avec la professionnalisation des enseignements, les fruits sont loin de tenir jusque-là la promesse des fleurs. Nos universités forment beaucoup plus dans les filières classiques qui sont incapables de produire des cadres capables de résoudre concrètement les problèmes auxquels nos sociétés font face. Et même les écoles d’ingénierie qui existent apparaissent plus théoriques que pratiques, d’où l’urgence de repenser en profondeur l’université camerounaise. Le système LMD qui a été adopté fait son petit bonhomme de chemin, mais tel qu’il est implémenté, il est malhonnête de dire qu’il apporte de grandes solutions à l’inadéquation entre la formation dispensée et la mise sur le terrain de la réalité sociale des produits capables d’inventer le développement. L’Université ne remplira pleinement cette fonction que si et seulement si elle réussit à être le véritable laboratoire de conception des solutions, des réponses aux problèmes concrets qui se posent dans nos sociétés. Il faut certes aller y apprendre la grammaire, l’histoire et géographie, le droit, la biologie, mais pourvue que tout cela serve à quelque chose dans la vie active et pratique. Ce qui n’est malheureusement pas le cas et on constate que la seule issue pour nos étudiants est la fonction publique qui elle-même devient de plus en plus fermée.

Que faut-il faire ?

Pour moi, il y a urgence de repenser la politique éducative en général. Il faut que nos universités et écoles de formation s’adaptent véritablement à leur contexte, en regardant les problèmes de développement qui se posent, en scrutant la société pour voir les niches d’opportunités en matière d’emplois et traduire tout cela en offres de formation. Un grand accent doit être mis non pas seulement sur les diplômes, les savoirs savants, mais surtout sur ce que les gens savent faire autour de ces diplômes, d’où l’importance capitale des apprentissages et des savoir-faire concrets. Imaginez que lorsque nos véhicules sont en panne, le petit mécanicien qui les dépanne n’a jamais été à l’école, le réparateur de nos téléphones portables n’est pas diplômé du premier certificat, le CEPE et nous avons très tôt dit qu’ils avaient échoué dans la vie.

Pensez-vous qu’il y a une volonté politique de la part de nos dirigeants afin de résoudre le problème de la sous-scolarisation des régions septentrionales ?

Je ne dirais pas qu’il n’y a pas une certaine volonté. Elle existe et cela se voit déjà à travers tout ce qui est déployé en termes de construction d’école, de centres de formation, de recrutements et d’affectation du personnel. Seulement, il me semble que cette volonté manque de cohérence et de pertinence, parfois engluée dans des tractations politiciennes. Si non, comment comprendre que depuis 1960, le Grand-Nord soit toujours à la traine en matière de scolarisation comme si ses populations étaient hostiles à l’école ? On aurait souhaité que les Zones d’Education Prioritaire comme le Grand-Nord bénéficiassent depuis des lustres de la plus grande concentration du budget d’investissement public et des interventions des partenaires au développement pour relever véritablement, pertinemment et durablement le niveau de la scolarisation, ceci, dans une période bien délimitée et non de manière atavique telle une malédiction. Mais hélas ! ce n’est pas le cas et on continue avec ridicule de dire haut et fort que les établissements d’ici sont classés au bas de l’échelle en matière de réussite aux examens.

Comment peut-on comparer cette zone aux autres mieux loties ? Et pire, il y a des choses terribles autour de la création même des écoles, à savoir la politisation qui consiste à en créer là où il ne faut pas et ne pas en créer là où le besoin se fait sentir. Finalement, on a des écoles-fantômes qui sont appelées à ne jamais évoluer parce qu’impertinemment créées. Pour moi, tant qu’on n’aura pas rompu avec cette forme d’hypocrisie politique à l’égard du Grand-Nord et tant que l’élite de cette partie n’aura pas cessé de politiser l’école rien n’avancera dans le bon sens.

A l’analyse de tout ce que vous dites, peut-on dire que le Grand-Nord est mal parti ?

Je ne suis pas partisan du pessimisme extrême, surtout que ma profession d’historien m’amène à penser qu’aucune situation n’est éternelle. L’histoire elle-même nous apprend que mêmes les maux les plus odieux qui ont marqué à un moment donné ce monde ont fini par disparaître, par trouver des solutions. Ce que je voudrais surtout dire, c’est que le Nord-Cameroun n’est peut-être pas mal parti, mais il est mal parti pour longtemps tant qu’on aura pas décidé de le sortir du capharnaüm, du gouffre dans lequel il se trouve. Voilà une région qui concentre une frange de la population du Cameroun, frontalière de nombre des voisins dont le Nigeria, avec un potentiel économique incontestable. Une entité territoriale qui attire toutes les convoitises politiques et politiciennes qui font d’elle un enjeu électoral de taille et qui a toujours arbitré les différentes échéances électorales au Cameroun. En trente années de pacte avec le pouvoir du président Biya, la litanie des problèmes auxquels font face les populations est longue et effrayante. C’est toute une kyrielle de problèmes qu’il est difficile de lister au risque de s’évanouir. On dirait tout simplement qu’au Nord-Cameroun, ce ne sont que les problèmes de développement tous azimuts qui se posent et qui se sont accentués avec la crise sécuritaire Boko-Haram et la pandémie Covid-19. Quoi qu’il en soit, les choses sont en train de changer dans la conscience des jeunes, et de plus en plus des voix sortent de partout pour appeler à un autre Nord-Cameroun. Un Nord-Cameroun plus respecté et considéré.

Quelles sont selon-vous les pistes de solution pour revaloriser la place du Grand-Nord sur l’échiquier national ?

Pour revaloriser la place du Grand-Nord sur l’échiquier national, il n’y a pas dix mille solutions. Il faut déjà que les Nordistes se prennent très au sérieux et cessent de se comporter comme des valets. C’est aux hommes politiques surtout et partant de toute l’élite, de quelle que catégorie que ce soit de prendre conscience de ce fait. Il faut donner au Nord-Cameroun la place qu’il mérite. Il faut respecter le pacte qui lie le Nord-Cameroun à ceux envers qui il est resté fidèle des décennies durant, à moins d’accepter de jouer éternellement un jeu de dupes. C’est l’occasion pour moi de dire haut et fort à tous ceux qui aspirent à gouverner le Cameroun demain qu’il ne fait aucun doute que pour réussir ce pari, il faudra impérativement gagner le Nord. Et pour gagner le Nord, il faudra bien le respecter, il faudra établir avec lui un pacte qui repose sur des choses concrètes, des choses pertinentes et non sur un pacte de ruse, un pacte de non-respect. Ils devront absolument penser à doter cette partie de tout ce dont elle a besoin, pour espérer recevoir en retour ses faveurs en matières de suffrages.

Peut-on encore croire à nos élites politiques pour le décollage du Grand-Nord ? Sinon quel capital politique dispose nos régions pour se faire prendre dorénavant en considération dans cette République ?

Ce décollage est d’abord une affaire de l’Etat camerounais dont le rôle est de promouvoir le développement de manière équitable, pertinente et efficace partout, surtout dans les zones comme la nôtre où ce problème se pose avec acuité. Cela doit se traduire à travers des politiques publiques pertinentes dans tous les secteurs pendant une certaine durée, en planifiant les investissements en matière d’infrastructures sociales de base dans tous les domaines : santé, éducation, hydraulique, électrification rurale, projets structurants, etc.

On a fabriqué une élite des plus controversées et des plus contestées aujourd’hui qui passe honteusement le temps à museler toute velléité d’émancipation de cette région si meurtrie. On se demande bien comment le Président de la République lui-même a passé des décennies durant à croire à cette élite qui refuse le développement de chez elle. Ce n’est peut-être pas de sa faute, car en réalité l’élite ne se décrète pas, elle se mérite. Malheureusement, c’est plutôt ce genre d’élite douce comme un agneau, mais vicieuse comme une peste, qui ne critique et ne réclame rien, qui ne travaille que pour son maintien qu’on aime et qu’on propulse expressément. Ce que l’élite politique à laquelle vous faites allusion devrait faire, c’est justement de réclamer et haut et fort cette justice en matière de développement du Nord-Cameroun. Il faudrait que le députés, les sénateurs et autres grandes élites militent en faveur de la défense raisonnée et raisonnable des intérêts de cette partie du Cameroun.

Il est grand, grand temps que nous ayons des hommes audacieux, des hommes courageux, des hommes visionnaires qui voudraient sortir le Nord-Cameroun du gouffre inquiétant dans lequel il se trouve.

Quand on parle du Grand-Nord, c’est aussi l’insécurité, la pauvreté ambiante des populations, pour vous d’où viendront les solutions du Grand-Nord ? Au niveau local ou national ?

Le Cameroun est un grand pays et je sais que les Camerounais sont en mesure de le transformer en une puissance. Il leur faut juste une véritable prise de conscience et une réelle volonté de transformer ce pays du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest sans toutefois focaliser l’attention sur les clivages inutiles. Si on voudrait un Nord-Cameroun à un visage radieux et où il fait bon vivre, il n’y a pas de solutions miracles. Il faut juste y travailler résolument. Il y a de cela quelques années, l’Ethiopie était un des pays les plus misérables de la planète. Souvenez-vous du Rwanda et de son génocide qui ont fait croire que c’était la fin de ce pays. Mais regardez le miracle qui s’est produit dans ces pays aujourd’hui, grâce au génie et à la volonté des citoyens.

Depuis quelque temps l’on a constaté votre activisme sur les réseaux-sociaux et dans les colonnes de certains journaux. Etes-vous entrain de nourrir des ambitions politiques ?

Déjà, je tiens à rectifier vos propos en disant que je parle aussi du Nord-Cameroun et de ses problèmes de développement dans mes publications scientifiques dans les grandes revues à travers le monde, une autre façon de contribuer au développement que les gens ignorent. Pour ce qui est de mes sorties sur les réseaux sociaux et dans les colonnes des journaux, on a malheureusement la maladresse et l’impertinence de voir en toute bonne œuvre des ambitions politiques dans notre pays, dans notre région. Mais le combat que je mène est un combat de bon sens, de justice sociale, un combat pour le développement et le bien-être de tous. Ce combat d’ailleurs, je ne voudrais pas qu’il s’arrête seulement au niveau du Grand-Nord, mais qu’il s’étende à tout le Cameroun pour en faire un pays gigantesque, puissant où il fait bon vivre pour tous.

Pour ce qui est des intentions politiques que d’aucuns ont tôt fait de me prêter, je pense que je suis citoyen camerounais au même titre que les autres. Si d’aventure je voudrais faire de la politique, rien ne me l’interdit. Mon devoir en qualité d’intellectuel est justement d’éclairer la société, de mettre mon intellect au service du développement et cela passe par le travail d’éveil, de réveil et surtout d’alerte.

On vous voit réagir aux prises de positions de certaines personnalités de la république sur le Grand-Nord. Etes-vous devenu la voix des sans voix ?

Je voudrais vous répondre en empruntant quelques penseurs de renom. Aimé Césaire dans son fameux Cahier d’un retour au Pays Natal disait quelque part qu’« un homme qui crie n’est pas un ours qui danse » et à moi de dire que « des hommes qui souffrent, qui meurent quelque part ne sont non plus des ours qui dansent ». Le Sud-africain Desmond Tutu disait que « si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur ». Parfois, lorsqu’on parle du Nord-Cameroun et de ses problèmes exacerbés avec la crise Boko-Haram, les Camerounais qui vivent à Douala, Yaoundé et surtout ceux qui dans des beaux bureaux ne savent même pas de quoi on parle. Comment comprendre que dès lors qu’il faille gagner les élections, tout le monde se tourne du côté du Grand-Nord, mais quand il s’agit des projets de développement, des concours administratifs, des recrutements dans les grandes institutions parapubliques on parle du Nord-Cameroun en dernière position. Est-ce normal tout cela ? Et puis, on trouve des raisons fallacieuses pour justifier la bêtise, comme on a voulu le faire avec le concours de l’Enam récemment. Sommes-nous en République ou en République « ethnicisée », « régionalisée » où certains ont droit à plus de faveurs, de privilèges que d’autres ? L’une des raisons de mon engagement pour la cause du développement, c’est aussi et surtout l’opportunité unique que j’ai eue de visiter l’Extrême-Nord dans ses profondeurs, à la faveur de mon recrutement au sein de l’équipe des Nations-Unies dans le cadre du projet de Stabilisation Intégrée du Bassin du Lac Tchad pendant près de cinq ans. En ma qualité d’expert, j’ai fait du terrain partout, visité les villages détruits par Boko-Haram, les camps des déplacés, les traces de l’effondrement des bases du développement partout. J’ai rencontré les populations meurtries et j’ai travaillé étroitement avec les autorités administratives, municipales, traditionnelles et avec les acteurs humanitaires. Autant de choses qui m’ont parfois fait pleurer et m’ont poussé à me demander pourquoi tout cela ? Je pense très humblement que toute personne qui a eu à vivre ces réalités profondes de l’Extrême-Nord ne devrait que s’engager, sans réfléchir.

Cet engagement pour la défense de la cause du Nord-Cameroun me cause déjà assez d’ennuis certes, mais je ne pense pas qu’il faille céder aux intimidations qui relèvent en réalité d’une autre ère et qui, de mon point de vue le relèvent que des postures villageoises et archaïques. Même au sein de l’université et de l’intelligentsia du Nord-Cameroun, les dénigrements et les clichés ne manquent pas : « il veut montrer quoi », « il pense connaitre plus que qui », « il cherche un positionnement », « il est naïf ». Vous comprenez que nous sommes dans un monde où on préfère le mensonge à la vérité, l’obscurité à la lumière, le mal au bien. En outre, j’ai la possibilité et la liberté d’arborer les habits d’un parti politique pour un quelconque positionnement comme le font beaucoup. Il y a aussi de la place pour moi dans le RDPC, l’UNDP, le SDF et le MRC comme d’autres Camerounais. Pour l’instant, je n’ai pas encore pensé à faire de la politique et ceux qui me prêtent des ambitions dans ce sens peuvent être rassurés et dormir tranquilles.

Que pensez-vous du mouvement 10 millions de nordistes ?

C’est un mouvement qui arrive à point nommé dans un contexte d’émancipation de la partie septentrionale. J’ai évoqué plus haut ces voix qui s’élèvent de partout pour dénoncer les injustices et discriminations à l’endroit de la partie septentrionale et de ses ressortissants. Au lieu de chercher à comprendre de plus près ce mouvement et ses fondements, on a vu des autorités s’évertuer à utiliser le bâton comme d’habitude pour le museler. Peine perdue, il est là dans les consciences et il fait son petit bonhomme de conscientisation. J’ai la conviction qu’il produira les effets escomptés, surtout auprès de la jeunesse du Septentrion qui est de plus en plus virulente contre toutes formes de marginalisation de leur région. Les autorités gagneraient plutôt à collaborer avec ce mouvement, à chercher à dialoguer avec lui pour savoir quelles réponses pertinentes lui adresser en termes des voies et moyens pour rassurer la jeunesse de cette partie du pays. Si des mouvements comme la Presby, la Jachabi ont vu le jour, pourquoi pas 10 millions de Nordistes dont l’objectif est de poser de manière citoyenne et responsable les problèmes du Nord-Cameroun ? J’ai pris l’habitude dans mes sorties d’utiliser la formule selon laquelle « quand le Nord-Cameroun se réveillera, le Cameroun tremblera ». J’’ai comme impression que nous vivons déjà ce contexte que j’avais tantôt annoncé. Je voudrais justement profiter de cette tribune pour tirer un grand coup de chapeau au travail extraordinaire que Guibai Gatama fait en matière de diffusion des informations relatives aux problèmes auxquels le Nord-Cameroun fait face.

Recueillis par Adolarc Lamissia
Source: Le jour