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Samy Diko dénonce l’absence de politique culturelle au Cameroun

Samy Diko En Featuring Avec Locko Il vient de fêter ses 22 ans de carrière musicale

Fri, 16 Jul 2021 Source: www.camerounweb.com

Samy Diko est un artiste Camerounais.

Il vient de fêter ses 22 ans de carrière musicale.

Il a accordé une interview à cette occasion où il dénonce certains maux qui minent la musique Camerounaise.

Interviewer par nos confrères du quotidien Le Messager à l’occasion de ses 22 ans de carrière musicale, l’artiste Samy Diko n’est pas passé par quatre chemin pour dénoncer certains maux qui minent la musique camerounaise. « La culture dans un pays, c’est le cœur qui bat. La culture est au centre de la vie quotidienne. Ce qui est dommage, c’est qu’il n’y a pas de véritable politique culturelle dans mon pays natal. A l’instar de ce que l’on peut observer au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Congo, pour ne citer que ces pays-là. Et c’est un déchirement pour moi. C’est comme si, il y a 20 ans, au moment où je démarrais ma carrière, tout était parfait. Et que subitement, il y a eu un coup de massue sur la musique, le cinéma, la peinture… il y a eu un arrêt total de la promotion de la culture au Cameroun. Je suis régulièrement en contact avec les plus hautes autorités du Cameroun. J’en parle tout le temps avec eux. Mais on a l’impression qu’elles n’en ont rien à cirer, comme si ce n’était vraiment pas leur affaire », déplore-t-il.

En guise de thérapie, Samy Diko prescrit : « il faut avant toute chose fixer un cap. Savoir ce que l’on veut, quelle place on veut donner à la culture. Il faut donc une vraie politique culturelle, un projet bien pensé. On dit souvent de se demander ce qu’on a fait pour son pays et non ce que celui-ci a fait pour nous. Il n’y a pas de maisons de production de musique au Cameroun. Les artistes se battent seuls. Ils n’ont pas de soutien, ils ne sont pas accompagnés dans leurs efforts. Les droits d’auteurs ne sont plus régulièrement versés. Quand ils le sont, c’est une fois par an. Et quand on y regarde de près... Au Cameroun, on a fini par installer dans la tête des gens qu’un artiste doit vivre dans la pauvreté et mourir indigent », dénonce-t-il. Et d’ajouter « A telle enseigne que quand on voit un artiste avec une belle voiture, on se demande si c’est sérieux. C’est un scandale sans nom quand on sait le rôle que la musique au même titre que le football a joué pour le rayonnement de l’image du Cameroun dans le monde. Dans un pays normal, les artistes sont plus riches que des ministres. Dans un pays normal, les artistes sont plus riches que des ministres, ils ne sont pas des miséreux. Quant au vivre ensemble, c’est dommage que dans notre pays, il y a toujours des couacs pour le mettre en péril. Regardez ce qui se passe avec l’argent de la Covid. Pourquoi il faut détourner l’argent destiné à la santé des populations alors que la pandémie sévit ? Je crois qu’il y a un problème de maladie culturelle au Cameroun ».

Bilan

Au sujet de son bilan, « je le dis et haut fort, est positif. En dépit des moments de turbulence, des attaques et tentatives de dénigrement qui ont failli me détruire. Tout cela est aujourd’hui derrière moi. De nombreux jeunes viennent vers moi, me disent grand, c’est quoi ton secret ? Je leur dis que je n’ai pas de secret. Le secret c’est l’humilité et le travail. Le Seigneur m’a peut-être donné du talent, mais il faut aussi du travail, le respect des aînés, de ceux qui m’ont donné la main. Je suis extrêmement fier de ce que j’ai pu accomplir comme parcours professionnel jusqu’ici. Les artistes sont souvent le dernier rempart de la société quand les choses vont mal comme c’est le cas depuis la pandémie du Coronavirus », pense l’artiste de renommée.

Source: www.camerounweb.com